Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Régulation dans les télécoms : de la critique de la critique !

iphone

Hier soir, Jean-Ludovic Silicani, le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), dont le mandat s’achève le 3 janvier prochain, organisait son pot de départ. L’heure était alors au bilan. Et dans le secteur des télécoms, rares sont ceux qui n’ont pas une opinion tranchée sur son action et, plus largement, sur la nature de la régulation au cours de ces 5 dernières années.

Parmi ces critiques, et sous l’opportune couverture de l’anonymat, certains opérateurs ont dressé dans la presse un bilan sans concession de l’action du président de l’ARCEP. Principal motif ? Sa vision « trop consumériste » du secteur. Plus précisément, le reproche formulé à l’ARCEP et à son président porte sur l’attribution de la quatrième licence mobile qui a rebattu les cartes d’un secteur qui n’avait pas alors la concurrence par les prix dans le sang…

Cette concurrence a bien entendu été profitable pour les consommateurs puisqu’ils ont pu gagner en deux ans (2012-2013) 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat comme l’a montré l’UFC-Que Choisir dans une étude qui remet quelques pendules à l’heure.

Mais, pourra-t-on dire, ce mieux pour les consommateurs est-il l’ennemi du bien pour les opérateurs ? Si le bien pour ces derniers se mesure par les taux de marge qu’ils réalisent, alors je n’en disconviens pas. En effet, les marges exorbitantes réalisées avant l’arrivée du quatrième opérateur ont baissé au cours des trois dernières années. Mais la réflexion sur l’impact de la concurrence retrouvée (ou tout simplement trouvée) ne doit pas s’arrêter à ce constat et les bonnes questions doivent être posées ; j’en vois deux principales.

Première question : cette concurrence par les prix, qui a fait baisser les marges, met-elle en péril les investissements des opérateurs et donc la capacité des consommateurs à accéder au meilleur des technologies – aussi bien fixes que mobiles – sur l’ensemble du territoire ? Non, car les marges restent à des niveaux globalement très élevés, ce qui a permis des investissements dans les infrastructures qui ont atteint des hauts niveaux jamais vus auparavant, permettant notamment aujourd’hui à 80 % de la population métropolitaine de pouvoir accéder à la 4G. Ceci n’est en rien paradoxal : la concurrence est un moteur de différenciation. Et cette différenciation passe notamment par la qualité des réseaux que seuls les investissements appropriés permettent d’assurer.

Seconde question : cette concurrence met-elle en péril le devenir des acteurs du secteur ? Lorsqu’on voit les milliards d’euros que les opérateurs sont prêts à dépenser pour se racheter les uns les autres, la réponse saute aux yeux…

Résultat : la concurrence a été bénéfique aux consommateurs et plus largement au secteur, ce dernier bénéfice fut-il, pour les opérateurs, à leur corps défendant. Au-delà de ces éléments que toute analyse objective de la situation du secteur des télécoms devrait embrasser, et puisque le départ du président de l’ARCEP appelle commentaires, je sacrifie à l’exercice.

Je salue l’attention qu’il a pu porter aux demandes de l’UFC-Que Choisir et, plus largement, les bonnes relations que notre association entretient avec l’Autorité. Nos discussions ont toujours été franches et fructueuses. Par exemple, suite à nos critiques sur les trous dans la couverture 4G et sur les qualités de services parfois défaillantes dont bénéficient les consommateurs, l’Autorité a davantage mis au centre de ses préoccupations la transparence sur ces éléments fondamentaux pour les consommateurs au moment de souscrire à un forfait. Mais, le ciel n’est pas sans nuage. De réelles marges de progression existent…. Notamment, les informations sur les qualités de service que fournit l’Autorité doivent gagner en pertinence et des critères de qualité de service minimale assurant une bonne utilisation de l’internet par les consommateurs doivent être mis en place.

Ces demandes toujours pendantes, je ne manquerai pas de les porter à l’attention du prochain président de l’ARCEP qui, je l’espère, saura résister aux sirènes qui ne manqueront pas de l’appeler à tourner le dos à une vision trop consumériste… Ce serait en effet un comble qu’en matière de télécommunications, la ligne (consumériste) soit coupée !

Gaz moins cher ensemble : un démarrage plein gaz !

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En trois semaines, le compteur des inscrits de www.gazmoinscherensemble.fr a franchi la barre symbolique des 100 000…. Voilà une bonne nouvelle qui souligne bien l’opportunité de relancer cette campagne en vue d’une dynamisation de la concurrence réellement profitable et protectrice des consommateurs. En effet, beaucoup d’abonnés au tarif réglementé m’ont fait part de leur légitime inquiétude à la suite du courrier reçu de GDF Suez les sollicitant pour savoir s’ils acceptaient ou non de transmettre leurs données aux fournisseurs alternatifs…

L’UFC-Que Choisir multiplie les invitations appuyées aux clients au tarif réglementé pour qu’ils retournent gratuitement le coupon joint au courrier en indiquant expressément qu’ils s’opposent à la transmission de leurs données s’ils veulent éviter les campagnes de démarchage. D’autant que plus de 7 ans après la libéralisation des marchés, la confusion règne toujours chez les consommateurs. Méconnaissance des modalités de changement de fournisseur, de l’intérêt réel des offres au marché libre, voire idée reçue quant à une période d’engagement auprès d’un fournisseur en raison de l’appellation « offre 3 ans »… Les consommateurs pensent que le changement de fournisseur est une usine à gaz alors même que c’est sans conteste le secteur où il est le plus simple : gratuit, possible à tout moment et, ce, sans démarche particulier (c’est le nouveau fournisseur qui s’occupe de tout) !

La campagne gaz moins cher ensemble entend de nouveau éveiller les consciences à l’intérêt du changement et permettre, par la mobilisation des consommateurs, l’émergence de la meilleure offre sur le marché : des prix moindres, un contrat sûr et l’accompagnement de l’UFC-Que Choisir en cas de réclamation. Continuons donc de nous mobiliser et de mobiliser sur gazmoinscherensemble.fr car le pouvoir de marché des consommateurs devrait de nouveau payer !

Feux de cheminée : une polémique incendiaire…

note de blog cheminées

En rallumant le débat sur l’interdiction des feux de cheminée en Ile de France à compter du 1er janvier, la Ministre de l’Ecologie et de l’Energie a pointé le véritable écran de fumée que constitue cette interdiction qui cache les vrais problèmes que sont les pollutions du trafic routier, de l’industrie et de l’agriculture.

A l’origine de cette interdiction, un rapport de la DRIEE[1] qui met au même niveau la pollution aux particules des 100 000 à 135 000 cheminées franciliennes et celle des 8 millions de trajets effectué par les automobiles, camions et bus qui parcourent la région quotidiennement. Bien que l’on ne puisse pas nier la pollution aux particules des feux de cheminée, le rapport entretien une confusion entre émission de particules, niveau de concentration de ces particules et origine de ces particules.

Lorsqu’on regarde de plus près le rapport de la DRIEE, basé sur les données d’Airparif (2011), on se rend compte qu’ils assimilent feux de cheminée et biomasse, c’est-à-dire que l’on retrouve dans les mesures faites les feux de jardin, les feux agricoles, les barbecues ou encore la combustion des chaudières à bois…et pas uniquement le feu de cheminée à foyer ouvert. Ce qui pourrait expliquer la présence en plein été, dans les données d’Airparif de pollution due au chauffage au bois. Autre subtilité, lorsqu’elle compare le « chauffage au bois » et le trafic automobile, la DRIEE prend en compte les émissions de particules produites en Ile de France par l’agglomération. Malheureusement, c’est vite oublier que les parisiens ne respirent pas que l’air parisien mais aussi l’air qui vient d’ailleurs et par conséquent les particules importées qui représentent plus des deux tiers des émissions de particules présentes sur l’agglomération selon Airparif. Face à ces imprécisions, la comparaison semble exagérée et la mesure d’interdiction totalement disproportionnée.

Bien sûr, quand on se chauffe au bois, il est évident que passer d’une cheminée à foyer ouvert à des systèmes de chauffage au bois plus efficaces est essentiel. Et pas seulement pour des raisons environnementales car le consommateur diminue aussi sa facture d’énergie. Une interdiction totale des feux de cheminée risque, dans le cas présent, d’attiser la colère des ménages qui utilisent occasionnellement leur cheminée et enflammer la facture de ceux qui utilisent leur cheminée en complément de leur mode de chauffage principal. Pour les premiers, une information renforcée avec une interdiction encadrée (dans le temps et dans l’espace) et pour les seconds un accompagnement dans le cadre d’une rénovation énergétique pourrait constituer des solutions plus efficaces sur le plan économique et écologique. Certes ces mesures sont plus complexes à mettre en place…mais l’écologie pour être acceptable et acceptée ne doit pas être punitive !

Enfin, cet incendie médiatique ne doit pas constituer un rideau de fumée permettant de passer au second plan les vrais problèmes de pollution auxquels sont exposés les Parisiens, comme le trafic routier, l’industrie ou encore l’agriculture qui représentent directement ou indirectement 55% des émissions de particules présentes sur l’agglomération parisienne. Bref, il y a encore pas mal de bûches à utiliser pour embraser la lutte contre la pollution en Ile-de-France.

[1] Direction Régionale Interdépartementale de l’Environnement et de l’Energie

Réunion à l’Elysée sur les prix des carburants : le plein… de bonnes intentions !

essence

Convié  lundi matin à une réunion à l’Elysée, réunissant industriels, distributeurs et consommateurs autour du chef de l’Etat pour faire le point sur la baisse des cours du pétrole et son impact sur les prix à la pompe, je n’ai pas manqué cette opportunité d’expression directe… Non seulement, les occasions de réunions tripartites à l’Elysée ne sont pas si fréquentes, mais en outre, si le consensus s’est fait jour sur le fait qu’à ce stade la baisse des cours se retrouve à la pompe (même si certains écarts sur les marges de raffinage de l’essence peuvent encore interpeler), le Président a entendu la demande ancienne de l’UFC-Que Choisir relative à la fiscalité des carburants.

Pour rappel, l’association dénonce régulièrement la perception faussée des automobilistes, largement répandue notamment en raison de l’avantage fiscal dont bénéficie le diesel, selon laquelle le diesel serait financièrement  plus intéressant. Cette illusion se heurte à la réalité économique. Plus chère à l’achat mais aussi à entretenir et à assurer, la voiture diesel, pour être rentabilisée, implique un usage intensif, soit en général au moins 20 000 km par an, ce qui est loin d’être la moyenne annuelle de la plupart des automobilistes français. Lorsque l’on ajoute à cette problématique économique l’impact environnemental et sanitaire de ce type de carburant, comment justifier le maintien de l’avantage fiscal historique pour cette motorisation ? En novembre, le Ministre de l’économie avait même parlé « d’erreur » pour qualifier cet avantage fiscal ….

Aujourd’hui, le Président a indiqué que le rapprochement de la fiscalité du prix de l’essence et du diesel était sans doute envisageable et qu’il fallait envoyer un signal en ce sens. Il n’a cependant pas donné de calendrier… Une bonne intention donc que l’UFC-Que Choisir entend bien voir prochainement se concrétiser. La réunion a été l’occasion également de rappeler que la fiscalité écologique ne saurait être acceptable quand elle est punitive pour des consommateurs captifs, et qu’en tout état de cause les sommes prélevées ne doivent servir qu’une politique de sortie de dépendance des consommateurs au pétrole, à l’exclusion de toute autre. Nous dénoncerons bien sûr les éventuelles sorties de route sur le sujet…

 

Courses de Noël : mieux vaut s’y prendre… avent !

note de blog jouets

Ah, les joies de Noël et l’Avent…. Les préparatifs, les illuminations, les calendriers chocolatés sans oublier les prix bas, ou plutôt plus bas… Car oui l’enquête menée par l’UFC-Que Choisir permet de constater que plus Noël approche plus les prix des jouets imitent le traineau du Père Noël et  s’envolent…

En effet, le relevé au jour le jour du prix de 30 jouets de plusieurs marques, vendus dans plusieurs enseignes sur une année entière, souligne que le prix des jouets chute de 20 % entre fin septembre et début décembre pour décoller par la suite….

Dès lors que plus aucun catalogue n’est en vigueur, soit au plus tard le 8 décembre, le prix repart à la hausse. Et ne vous y trompez pas,  les promotions quelques jours avant les fêtes ne portent pas sur les jouets stars de la hotte du Père Noël ! Alors, avis aux retardataires, c’est maintenant qu’il faut se presser dans les magasins pour faire des économies. En plus d’éviter la hausse des prix, vous éviterez les foires d’empoignes.

Et au-delà du prix et surtout du rêve et du diktat du marketing, souhaitons que le Père Noël sache être inspiré par des jouets qui correspondent authentiquement aux aspirations ludiques profondes des enfants. Pas si facile… Bonnes courses, et bons préparatifs !

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