Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Archive pour la catégorie ‘Commerce’

Courses de Noël : mieux vaut s’y prendre… avent !

vendredi 5 décembre 2014

note de blog jouets

Ah, les joies de Noël et l’Avent…. Les préparatifs, les illuminations, les calendriers chocolatés sans oublier les prix bas, ou plutôt plus bas… Car oui l’enquête menée par l’UFC-Que Choisir permet de constater que plus Noël approche plus les prix des jouets imitent le traineau du Père Noël et  s’envolent…

En effet, le relevé au jour le jour du prix de 30 jouets de plusieurs marques, vendus dans plusieurs enseignes sur une année entière, souligne que le prix des jouets chute de 20 % entre fin septembre et début décembre pour décoller par la suite….

Dès lors que plus aucun catalogue n’est en vigueur, soit au plus tard le 8 décembre, le prix repart à la hausse. Et ne vous y trompez pas,  les promotions quelques jours avant les fêtes ne portent pas sur les jouets stars de la hotte du Père Noël ! Alors, avis aux retardataires, c’est maintenant qu’il faut se presser dans les magasins pour faire des économies. En plus d’éviter la hausse des prix, vous éviterez les foires d’empoignes.

Et au-delà du prix et surtout du rêve et du diktat du marketing, souhaitons que le Père Noël sache être inspiré par des jouets qui correspondent authentiquement aux aspirations ludiques profondes des enfants. Pas si facile… Bonnes courses, et bons préparatifs !

Fixation des prix de référence : bientôt la zizanie en Gaule ?

mercredi 5 novembre 2014

prix en baisse blog

C’est un bien mauvais arrêt qui vient de tomber sur la tête des consommateurs avec l’arrêt rendu le 10 juillet 2014 par la CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne) concernant la législation belge sur les réductions de prix.

En effet, la Cour condamne la Belgique en raison d’une réglementation disposant que « toute annonce de réduction de prix doit faire référence à un prix défini par la loi, en l’occurrence, le prix le plus bas appliqué durant le mois précédant le premier jour de l’annonce en question. En outre, ces dispositions interdiraient, d’une part, l’annonce de réduction de prix au-delà d’un mois et, d’autre part, en principe, que de telles annonces soient faites pour une durée inférieure à une journée. Or, dans la mesure où la directive 2005/29 a procédé à une harmonisation complète de la réglementation en matière de pratiques commerciales déloyales, l’article 4 de celle-ci s’oppose à l’existence de dispositions nationales plus restrictives, telles que celles visées au point précédent. »

Quid de la situation en France ? En France, un arrêté du 31 décembre 2008 encadre les réductions de prix et plus particulièrement le prix de référence (prix barré). C’est d’ailleurs sur la base de cet arrêté que le site Cdiscount a été condamné en juillet 2013 à 132 amendes de 75 euros. Mais Cdiscount a décidé de contester sa condamnation et a demandé que la CJUE soit consultée sur la légalité de la réglementation française par rapport à la directive pratiques commerciales déloyales.

Est-ce la fin d’une réglementation protectrice des consommateurs ? En tout cas, le gouvernement prend les devants puisque la secrétaire d’Etat chargée du commerce et de la consommation, Carole Delga, a reuni « les principales organisations professionnelles du commerce afin d’échanger sur les évolutions possibles de la réglementation relative aux promotions et aux prix de référence » dès lors « qu’à la suite de l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) du 10 juillet dernier, la France a l’obligation d’abroger partiellement sa règlementation relative aux annonces de réduction de prix à l’égard du consommateur ». Par contre les associations de consommateurs attendent encore…. Quelles conséquences pour les consommateurs me direz vous ? Il était déjà souvent difficile de s’y retrouver puisque certains professionnels tentaient de contourner la réglementation, mais là il va être difficile de s’y retrouver pour le consommateur et cela pourrait donner lieu à un réveil douloureux pour les professionnels.

Pour les consommateurs, le prix de référence ne voudra clairement vraiment plus rien dire et, d’autant plus facilement grâce à Internet, il faudra absolument comparer les prix entre plusieurs professionnels pour savoir si vous faites une bonne affaire. Mais pour les professionnels qui vont se croire tout permis, la bonne affaire pourrait avoir des conséquences surprenantes puisqu’ils vont devoir respecter une législation beaucoup moins précise avec une forte appréciation du juge. Dès lors, les condamnations risquent de rapidement pleuvoir et les professionnels de crier alors à l’insécurité juridique. Sera ainsi pris qui croyait prendre. Et voilà comment la zizanie risque de gagner la Gaule !

Pas de vacances pour la pollution publicitaire, à moins que…

mardi 5 août 2014

sondage

A la lecture des résultats du sondage de ce blog sur les prospectus dans les boîtes aux lettres, je ne peux manquer de noter le contraste saisissant entre ceux-ci (75% de faible intérêt dont 53% pour qui ils ne présentent même aucun intérêt) et les résultats de l’étude de l’UFC-Que Choisir qui souligne une recrudescence de cette pression publicitaire non adressée. Le poids moyen sur un mois est passé de 2 kg par ménage en 2004 à 2,7 Kg en 2014, soit une augmentation colossale de 35 % en 10 ans ! Ce bourrage des boîtes est non seulement une gabegie environnementale, puisqu’en France à peine un papier sur deux est recyclé, mais aussi économique : non seulement les coûts publicitaires sont in fine supportés par tous les consommateurs (et cela peut représenter l’équivalent d’un charriot de courses pour une famille de 4 personnes), mais ceux liés à la gestion des déchets le sont aussi très largement par les contribuables…. Afin de stopper l’hémorragie, j’invite tous les consommateurs pour qui ces prospectus ne présentent qu’un très faible, voire aucun intérêt, à apposer la vignette « Stop Pub » qui a fait la preuve de son efficacité. En effet, l’enquête des bénévoles UFC-Que Choisir permet de constater que le stop pub fait chuter de 83 % le nombre de prospectus reçus. Où en trouver me direz-vous ? Eh bien, auprès des associations locales UFC-Que Choisir qui en ont fait éditer et les mettent gracieusement à votre disposition. N’hésitez pas à vous rapprocher d’elles dès la rentrée. D’ici là, bonnes vacances à chacune et chacun d’entre vous et rendez-vous en septembre.

Pétition sur l’étiquetage nutritionnel : à vos marques, prêts ? Feu.. .partez !

mercredi 14 mai 2014

caissiere Si comme moi, vous trouvez bien indigestes les informations sur l’équilibre nutritionnel sur les emballages des produits alimentaires, dont la recette mêlant allégrement pourcentages et codes abscons relève plus de l’alchimiste que de la cuisinière ordinaire, alors je vous invite fortement à signez la pétition lancée par l’UFC-Que Choisir avec les sociétés savantes pour obtenir ( enfin !!!) un étiquetage simplifié obéissant à la logique des feux, à travers un code couleur aussi simple que visible. Les produits les plus sains porteraient ainsi une pastille verte, puis l’échelle passerait par le jaune, l’orange, le fuchsia et enfin le rouge pour les aliments les plus déséquilibrés. Pour établir ce classement, l’analyse porterait chaque produit, seraient pris en compte les calories, sucres simples, graisses saturées, le sel, les fibres, les fruits et légumes et les protéines. Bref, une information claire pour aiguiller le choix des consommateurs… mais qui se fait attendre depuis plus d’une décennie. Cela fait en effet, plus de 10 ans que l’UFC-Que Choisir milite pour une telle clarification, et a multiplié, jusque là vainement, les appels conjoints avec la société civile et les sociétés savantes…. Aujourd’hui alors qu’un récent rapport du Professeur Hercberg remis au Ministre de la Santé reprend cette proposition, l’heure est à la mobilisation. 10 associations dont l’UFC-Que Choisir lancent ainsi une pétition en soutien de cette proposition de bon sens pour obliger la Ministre regarder de plus près cette proposition d’étiquetage qui doit permettre au consommateur de comparer les produits de loin. Je compte sur vous !

Instrument optionnel : le mauvais choix des députés européens

lundi 3 mars 2014

venteenligneCette fois, c’est cuit (ou presque). Le Parlement européen a voté le 26 février sur le droit commun européen de la vente en validant le choix de l’instrument optionnel. Ce vote légitime l’instauration d’un second régime de droit des contrats parallèle à notre réglementation nationale et appliqué selon le bon vouloir du professionnel. Le consommateur serait donc confronté, en plus des différences de prix proposées par les professionnels pour un même produit lors d’un achat en ligne, à des différences de législation qu’il lui sera autrement plus difficile d’apprécier.

Les inquiétudes quant à la fragmentation du marché intérieur et à la complexification de l’environnement légal avaient pourtant été largement relayées par les parties prenantes. Une partie du Parlement européen avait même appelé en juillet dernier à rejeter cet outil et à procéder à une véritable harmonisation du droit européen de la vente, comme cela aurait du être l’ambition de la Commission! J’espérais alors que les eurodéputés entendraient l’appel commun des consommateurs et des professionnels à qui s’adresse prioritairement ce droit de la vente. A trois mois des élections européennes, les gouvernements nationaux ont encore leur mot à dire (France, Allemagne et Royaume-Uni en tête qui sont opposés à l’instrument optionnel). Je les invite à avoir un sursaut d’orgueil en rejetant cette proposition et en prouvant que l’Union européenne est bien là pour améliorer le quotidien des consommateurs !