Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Archive pour la catégorie ‘Equipement de la maison’

#obsolescenceprogrammée2017

jeudi 6 octobre 2016

ope2017

Qui n’a pas eu l’occasion de pester lorsque son lave-linge, son four, ou même son rasoir tombé en panne au bout de 2 ans alors que les modèles précédents avaient duré de nombreuses années sans la moindre défaillance. Nous sommes de la même façon nombreux à râler lorsque la dernière mise à jour du smartphone ralentit considérablement son fonctionnement, sans qu’on n’y puisse rien. Enfin, être informé de la disponibilité des pièces détachées des appareils afin de savoir si la réparation sera envisageable plutôt qu’une inéluctable mise au rebut, c’est une exigence forte de la plupart d’entre nous. Et comme nous tous, j’attends que les choses changent. Si l’effectivité de la garantie légale à 2 ans avec l’extension de la présomption de conformité est une réelle avancée, la condamnation pour délit d’obsolescence programmée risque de rester une chimère tant il est complexe de démontrer le caractère intentionnel des fabricants. Quelques signaux nourrissent néanmoins l’espoir d’un renforcement de la lutte contre l’obsolescence, sinon programmée, du moins organisée…

A Bruxelles d’abord, où dans le cadre de l’examen du paquet économie circulaire, des propositions visent d’une part à interdire l’obsolescence programmée ainsi que l’obsolescence logicielle, mais aussi à afficher la durée de vie minimum des appareils, afin que cette donnée devienne un critère concurrentiel entre les produits.

Pareillement, en France, un rapport d’information de la sénatrice Marie-Christine Blandin relatif à l’inventaire et au devenir des matériaux et composants des téléphones mobiles, formule 27 propositions intéressantes sur le sujet. Parmi celles-ci figure la nécessité de renforcer la règlementation européenne et nationale applicable à l’écoconception afin de lutter contre les pratiques bloquantes pour la réparation et le recyclage, ou encore l’allongement de la durée de garantie légale de 2 à 4 ans pour les téléphones mobiles. L’information du consommateur est également mise à l’honneur puisque le rapport propose de renforcer les exigences du décret relatif à la durée de disponibilité des pièces détachées en imposant un affichage en cas d’absence totale de pièces détachées.

Le sujet fait clairement débat, et il y a encore du chemin pour mettre en place des solutions appropriées. L’UFC-Que Choisir compte bien peser de tout son poids dans ces discussions, et être force de propositions pour les présidentielles 2017. Aussi, l’Association s’associe-t-elle à la campagne « Opé 2017 » qui permettra à chacun de formuler ses propositions sur le sujet par le biais d’une plateforme en ligne. Celle-ci sera lancée le 27 octobre à partir de 19h autour d’un « apéro » hébergé par l’Atelier Fil Rouge à Paris. Je vous y invite ! Plusieurs ateliers vous permettront notamment de mieux saisir les enjeux et les solutions envisageables en vue de rendre obsolètes les blocages à la logique de la durabilité.

Etiquetage énergétique : l’information ne s’affiche pas !

mardi 15 septembre 2015

marketWatch-facebook
C’est la rentrée… A l’heure où bon nombre de consommateurs envisagent en cette période de renouveler certains de leurs équipements électroménagers, voilà une bien triste nouvelle pour une consommation plus sobre en énergie : l’information, pourtant obligatoire, de la classe énergétique de nombreux équipements est aux abonnés absents !

En effet, l’UFC-Que Choisir a mené, en deux vagues (décembre 2013, décembre 2014/avril 2015), l’enquête sur 3400 produits dans le cadre d’un projet européen de surveillance des marchés par la société civile : MarketWatch ! Cette enquête souligne que la France est l’un des plus mauvais élèves européens avec 56% d’étiquetage non conforme, la moyenne européenne étant de 48%. Ce sont surtout les sites en ligne qui tirent les résultats vers le bas avec 10% seulement d’étiquettes conformes, contre 70% pour les magasins physiques. Dans les enseignes physiques, on doit dénoncer le fait qu’1 produit sur 5 n’affichait aucune étiquette, et même plus d’un sur 3 pour les fours. Et quand l’étiquette est présente, elle n’est pas pour autant conforme car soit invisible (à l’intérieur de l’appareil) soit illisible (en noir et blanc, voire non renseignée). Au final, plus d’un produit sur 4 en moyenne en magasin n’a pas la bonne étiquette énergie.

Cette absence est d’autant plus dommageable qu’il faut savoir que le poste qui explose le plus dans la facture d’électricité est bien celui lié à la consommation des appareils électroménagers (TV, réfrigérateurs, sèche-linge, congélateurs) qui a plus que doublé en 20 ans. D’où l’importance, quand on achète un équipement électroménager, de prêter attention à l’étiquette énergétique qui mentionne sa consommation. Pour parler concrètement, les réfrigérateurs et les congélateurs ayant la meilleure classe énergétique consomment 70 % d’électricité de moins que les appareils les plus énergivores dotés des mêmes options… C’est loin d’être anodin pour la facture. Il faut donc que les professionnels (fabricants et distributeurs) arrêtent de se renvoyer la balle et jouent le jeu de la transparence, mais aussi que les autorités de contrôle comme la DGCCRF continuent de réaliser, à côté de ceux de l’UFC-Que Choisir, des contrôles.

Mais au-delà de l’absence d’étiquetage, il faut également dénoncer l’obsolescence de la présentation de l’étiquette pour certains produits. En effet, avec les progrès technologiques, plutôt que de reclassifier dans l’échelle existante de A à G, la réglementation a créé des classes supplémentaires A+, A++, A+++. Pour certains appareils, comme les réfrigérateurs, les classes les plus mauvaises (C, D) ont disparu des rayons mais apparaissent toujours bel et bien sur l’étiquette. Résultat : et notre enquête le confirme, quand il choisit un réfrigérateur de classe A+, le consommateur, pensant faire un geste écologique, ignore acheter en réalité le plus énergivore !

Pour des étiquettes plus visibles et lisibles, l’UFC-Que Choisir ouvre le débat en organisant avec les institutionnels concernés une conférence jeudi prochain. Cette conférence doit permettre de discuter de manière constructive d’une réglementation plus stricte et pleinement effective. Je ne peux d’ailleurs que me féliciter que la Commission européenne ait proposé une Directive ambitieuse en ce sens. Elle crée une base de données unique, accessible à tous, pour simplifier l’affichage. Par ailleurs, la Commission entend enfin supprimer les classes supplémentaires A+, A++ et A +++, source de confusion et uniformiser l’étiquetage de classes A à G pour tous les produits qui sont obligés d’en porter un. Pour des étiquettes plus claires, il faut maintenant accélérer le calendrier européen, et l’UFC-Que Choisir mettra toute son énergie à cette fin.

Les lieux de vie des parlementaires : chambres… à air pollué !

mardi 24 août 2010

airinterieur

Il y un an, à l’appui d’un test accablant sur les moquettes, je vous avais parlé de la pollution de l’air intérieur. L’UFC-Que Choisir s’attaque à nouveau à cette question, en publiant aujourd’hui les résultats d’une enquête exclusive sur la pollution des lieux de vie des personnalités politiques ! La secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, ainsi que 35 députés et sénateurs, ont accepté de prêter leurs logements ou leurs bureaux à l’analyse.

Et comme pour les électeurs, le résultat de nos élus n’est guère brillant : chez les décideurs français aussi, la pollution de l’air intérieur est généralisée ! Pas de jaloux : sur les 36 analyses effectuées, 29 révèlent une qualité de l’air mauvaise (dont 9 très mauvaise), 7 une qualité de l’air moyenne, et aucune ne peut prétendre à la mention « bonne » ! La totalité des prélèvements présente de trois à quatre substances cancérigènes, parmi lesquelles du benzène et du formaldéhyde, classé polluant prioritaire par l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur. 78 % dépassent la norme maximale recommandée pour le formaldéhyde! Quant au benzène, si les députés André Flajolet et Jérôme Lambert obtiennent ex-æquo la contamination la plus faible en conformité avec les recommandations, on relève dans l’échantillon du député Georges Colombier la teneur la plus élevée, équivalant à quatre fois la valeur repère fixée par la réglementation !

Mais mon propos n’est pas de stigmatiser les personnalités politiques, d’autant qu’elles ont aimablement prêté leur concours à cette enquête. Si les comportements individuels ont une influence (manque d’aération des logements, tabagie…), ce sont avant tout les produits de consommation (meubles, nettoyants ménagers, revêtements de sols, désodorisants…) qui sont à l’origine de ce cocktail chimique dont la dangerosité est encore accrue par le confinement des lieux où nous passons 85 % de notre vie. Et ces émanations sont loin d’être anodines : elles peuvent être responsables de cancers, de problèmes de fertilité ou d’allergies, qui affectent d’abord les plus fragiles. Comme tous les Français, les politiques sont exposés à la pollution de l’air intérieur, mais eux seuls peuvent agir en adoptant un texte volontariste pour lutter contre ce fléau sanitaire ! A bon entendeur…

Bonus-malus : l’électroménager aussi !

jeudi 27 mai 2010

etiquetage

En matière d’électroménager, les Français doivent souvent payer cher pour consommer moins d’électricité. En d’autres termes : les appareils sobres en énergie sont souvent les plus coûteux à l’achat. C’est le principal enseignement de l’enquête qu’ont menée les associations locales de l’UFC-Que Choisir au mois de mars, en relevant les prix de plus de 7000 appareils (réfrigérateur-congélateur et sèche-linge) dans près de 1500 points de vente. Premier constat : l’étiquetage énergétique est à revoir. Comme les appareils sont classés de A à G, le consommateur croit bien faire en achetant un appareil noté A. Or, si un sèche-linge A est effectivement le moins gourmand en électricité, un réfrigérateur A est au contraire le plus énergivore ! Dans cette catégorie, il n’y a plus que du A, A+ et A++. Sauf qu’un frigo A++ ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval : les A++ ne représentent que 5 % du marché !

Et d’ailleurs, pourquoi se donner tout ce mal ? L’autre grand enseignement de notre enquête, c’est que l’investissement dans un appareil économe est non seulement coûteux, mais en prime pas toujours rentabilisé sur le long terme ! Pour un réfrigérateur, il faut dépenser en moyenne 85 euros de plus pour accéder à la classe A+, et 282 euros pour du A++. Pour un sèche-linge, c’est pire : plus 220 euros entre une classe C et une classe B ; et carrément 532 euros de plus pour passer de la C à la A. On aimerait alors croire que le consommateur éco-responsable rentabilisera cet achat en économisant sur ses factures d’électricité ultérieures. Que nenni ! Pour un frigo de catégorie A+, le surcoût sera rentabilisé au bout de dix ans. L’investissement permettant d’accéder à du A++ n’est, lui, jamais rentabilisé…

Pas étonnant alors que les consommateurs délaissent les appareils les plus économes. Il est grand temps que les pouvoirs publics prennent conscience de cette réalité : le combat écologique ne se gagnera pas contre les consommateurs, mais avec eux ! Pour cela, il est urgent de réactualiser l’étiquetage énergétique et de l’étendre à tous les appareils électriques. Et surtout, de créer un dispositif de bonus-malus pour l’électroménager, comparable à celui qui a déjà fait ses preuves dans l’automobile. Afin que la consommation verte ne fasse plus plonger nos finances dans le rouge !

Détecteurs de fumée : un texte qui brûle les doigts des parlementaires

mardi 23 février 2010

allumette
Le Parlement doit mettre cette semaine la dernière main à la proposition de loi visant à rendre obligatoire l’installation de détecteurs de fumée dans toutes les habitations. Le texte, défendu par le député Damien Meslot et le sénateur Bruno Sido, impose désormais aux Français –locataires ou propriétaires– d’installer au moins un détecteur de fumée normalisé dans le logement qu’ils occupent. Le vote de la loi signifiera l’épilogue d’un véritable feuilleton législatif, puisque la première version de cette proposition date de 2005 !

L’UFC-Que Choisir a toujours soutenu cette initiative et particulièrement le texte remanié par les sénateurs dès lors qu’avec 500 morts et 10000 brûlés par an, la France détient un triste record d’accidents domestiques par le feu. Il était temps d’agir…  Mais l’adoption du texte ne doit pas faire oublier à l’exécutif son devoir de mieux sensibiliser le grand public à la prévention des incendies en particulier et des accidents de la vie courante en général !