Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Archive pour la catégorie ‘Loisirs – Tourisme’

Sous le soleil exactement

jeudi 4 août 2016

solaires

Pour beaucoup, les vacances sont là et le soleil avec, enfin je leur souhaite ! Et dans ce cas, pour ne garder que ses bienfaits, songer à se protéger, notamment les plus jeunes d’entre nous, n’est pas superflu. Mais à quelle crème se vouer ? Comme le révèle notre toute récente enquête, impossible de se fier ni aux étiquettes, ni à l’éventuelle notoriété des marques, et encore moins au prix.

L’UFC-Que Choisir a testé en laboratoire 17 produits de protection solaire d’indices les plus élevés (50 et 50+) destinés aux enfants. Le constat nous a stupéfié : pour près d’un produit sur trois, ces crèmes n’offraient pas la protection minimale contre les UVA, protection recommandée par les experts français et les autorités européennes. D’où notre décision d’agir contre plusieurs de ces laboratoires compte tenu des allégations figurant sur leurs produits. Cette action n’a pas manqué de faire réagir… Et comme souvent, c’est un classique, c’est notre méthodologie qui est attaquée, histoire de semer le doute, tenter de brouiller les esprits. En question, en l’occurrence, le fait que nos experts aient recouru à la méthode in vitro et non in vivo pour le calcul relatif aux UVA… Or, je rappellerai qu’il ne faut pas opposer les deux méthodes : la méthode in vitro est ainsi reconnue en France, par l’agence du médicament, l’ANSM, qui a d’ailleurs transmis un communiqué à l’AFP où elle indiquait qu’elle l’utilisait. En Europe aussi, Cosmetics Europe, le syndicat des fabricants de produits cosmétiques, recommande d’utiliser cette méthode. C’est pitoyable cette façon de réagir quand la santé de nos enfants se trouve au cœur de l’enjeu d’une protection efficace de leur peau.

Le combat de la prévention des cancers de la peau devrait être un combat partagé entre les associations de consommateurs et tous les fabricants de cosmétiques. Pourtant, en l’espèce, plusieurs fabricants semblent peu déterminés à accepter les résultats de nos tests. Pas question pour autant pour nous, de les laisser faire la pluie ou le beau temps dans l’information due aux consommateurs.

Bonnes vacances à tous, et indépendamment des produits cosmétiques, n’oublions pas que nos enfants ne sont jamais aussi bien protégés que quand ils ne s’exposent pas aux heures du plus fort ensoleillement.

 

 

 

Accord Canal Plus / BeIN Sports : carton rouge ! A quand le prochain ?

jeudi 9 juin 2016

foot

L’Autorité de la Concurrence a rejeté aujourd’hui le projet d’accord de distribution exclusive de BeIn Sports par le groupe Canal Plus qui lui avait été présenté. Je considère que c’est une bonne nouvelle pour les consommateurs tant les contours de cette accord laissaient présager des hausses de prix pour les abonnés de BeIn Sports, dont la stratégie tarifaire aurait été dans les mains de Canal Plus. En effet, en tant que distributeur exclusif, c’est Canal Plus qui aurait décidé du prix de vente de BeIN Sports aux consommateurs. Dès lors, rien n’aurait empêché Canal Plus de faire passer l’abonnement de 13€ à 20€, pour inciter les consommateurs à souscrire à une offre groupée Canal Plus/BeIN Sports… chère et probablement avec une période d’engagement ! Vous conviendrez avec moi de l’anomalie que constitue une situation ou un groupe de télévision est en charge de définir la politique tarifaire d’une autre chaine qui est qui plus est son concurrent direct dans l’acquisition des droits sportifs ! Or les garde-fous à cette situation hétérodoxe n’étaient aucunement mis en place par le groupe Canal Plus…

Au-delà de ce point, une problématique plus globale d’accessibilité aux contenus sportifs premium par les consommateurs se pose. En effet, SFR a acquis récemment les droits de diffusion de la Premier League anglaise et il est tout à fait envisageable que le fournisseur d’accès à internet ne réserve qu’à ses abonnés la capacité d’accéder à ce programme. Si demain Orange, Free ou encore Bouygues Telecom adoptait la même stratégie pour, par exemple, le Top 14 de rugby, un consommateur pourrait être dans l’incapacité technique d’accéder au Top 14 ET à la Premier League. Si le frein financier est un réel problème, le frein technique est quant à lui carrément inacceptable.

Si les craintes que l’on peut avoir sur la stratégie d’exclusivité de SFR devaient malheureusement se réaliser, alors je saisirais les pouvoirs publics pour que soit imposées des règles garantissant un accès non discriminatoire des consommateurs aux contenus sportifs !

Booking : des clauses pas si « yeaahhh » !

vendredi 17 juillet 2015

avion

Au moment où Booking battait la campagne publicitaire en promettant des vacances parfaites et illustrées par des couples, familles, amis s’extasiant devant la découverte de leurs lieux de villégiature, l’UFC-Que Choisir analysait les conditions contractuelles du site. Cette analyse, loin d’être de tout repos, a permis de débusquer pas moins de 50 clauses que l’association juge défavorables aux consommateurs, voire abusives ou illicites pour nombre d’entre elles.

Le rêve du « Booking parfait » risque en effet vite de tourner au cauchemar pour les utilisateurs en cas d’apparition du moindre défaut puisque le site n’entend être responsable de rien. Si le prix final ne correspond pas au prix indiqué sur le site, ou si la qualité et les prestations diffèrent des assertions et commentaires sur le site… Booking n’est pas responsable ! L’avarice de Booking en termes de responsabilité n’a d’égale que son appétence pour les données personnelles des utilisateurs, et plus largement des visiteurs, puisque le site collecte une manne de données personnelles sans même permettre aux consommateurs de refuser les cookies (ce que la Loi exige pourtant).

Comme si cela ne suffisait pas, le site s’arroge le droit d’utiliser très largement les données collectées (commentaires, photos), y compris à des fins publicitaires, sans même recueillir le consentement, ni même rémunérer leurs auteurs… Enfin, et c’est la cerise sur le gâteau, les conditions générales prévoient que Booking peut modifier ou supprimer, à sa seule discrétion, tout commentaire… Voilà un système de modération qui invite à la vigilance s’agissant des avis figurant sur les offres du site.

Devant tant de clauses problématiques, j’ai mis en demeure la société de modifier ou supprimer les clauses incriminées. Souhaitons qu’à la rentrée, leurs contrats soient rentrés dans le rang ! A défaut, la justice pourrait être saisie. En attendant, et pour rester dans la thématique, je vous souhaite à toutes et à tous un excellent été, des vacances de rêve, sans aucun problème, et vous donne rendez-vous à la rentrée….

Derrière les riantes couleurs du carnaval se cache un festival de substances nocives !

mardi 4 mars 2014

maquillageenfantsC’est aujourd’hui Mardi Gras, une belle journée pour les enfants… Mais les parents, eux, risquent de ne pas être à la fête en découvrant les inquiétants résultats de nos tests réalisés sur 18 produits de maquillage pour enfants ! L’UFC-Que Choisir a analysé la composition de 10 kits de maquillage de carnaval et de 8 coffrets de maquillage pour petites filles. Bilan : parabènes à longues chaînes, parfums allergisants, plomb, nickel ou cobalt se cachent derrière les couleurs attrayantes de ces produits ! Une liste inquiétante quand on sait que la peau des enfants est plus sensible, et que ces maquillages restent des heures durant sur leurs visages, prolongeant d’autant l’exposition aux substances.

Ainsi, des perturbateurs endocriniens (déguisés en parabènes à longue chaîne) se trouvent dans la moitié des produits enquêtés ! Les fabricants n’hésitent pas à ajouter des parfums allergisants dans leurs cosmétiques (5 produits sur 18) afin de les rendre plus attractifs. L’une des références testées présente carrément une concentration d’allergènes 140 fois supérieure à la valeur limite imposant leur étiquetage. Enfin, la grande majorité des kits de maquillage présente des pigments chargés en plomb, nickel ou cobalt, voire les trois à la fois dans un des produits !

Pourtant, trois des références que nous avons observées sont exemptes de substances nocives : il est donc parfaitement possible de s’en passer, et il ne tient qu’à un changement de législation de voir nos bambins utiliser ces produits a priori « festifs » en toute quiétude. Je demande donc aux autorités européennes de couper court à la politique du laisser-faire tout à fait inacceptable et de modifier sans délai la législation dans le sens d’une plus grande protection des jeunes utilisateurs. Dans l’intervalle, les fabricants doivent de toute urgence retirer les substances nocives de leurs produits destinés aux enfants. En attendant, inutile de brimer les petits : suivez plutôt notre guide ! Bon Mardi Gras à tous !

Achat de livres sur internet : les raisons de la colère

lundi 2 septembre 2013

livres

En cette rentrée -scolaire et littéraire- les consommateurs vont se ruer en masse sur internet pour acheter les manuels des enfants ou le dernier Amélie Nothomb. Ce qui évite les queues dans les librairies et les ruptures de stock qui ruinent d’emblée votre sérénité des vacances. Sauf que. Jusqu’à présent, la livraison était gratuite chez un certain nombre de libraires en ligne. Un privilège pour les consommateurs… désormais en sursis ! Car le gouvernement mijote un coup de Trafalgar contre la livraison gratuite. Il garde sous le coude un amendement au projet de loi consommation prévoyant une réécriture de la loi Lang sur le prix unique du livre. Selon cet amendement (qui n’a pas été déposé à l’Assemblée nationale mais pourrait l’être au Sénat dans quelques jours), seuls les frais de livraison pourront bénéficier d’une décote de 5 %. Autrement dit, finie la livraison gratuite ! Je crie au scandale, et encourage vivement le gouvernement à mettre au pilon cette idée qui fusille le pouvoir d’achat dans un projet de loi… censé le défendre !