Arrêt d’Essensis : en boudant les alicaments, les consommateurs retournent à l’essentiel !

Surfant sur la tendance des alicaments, ces aliments qui se parent des vertus des médicaments, Danone avait décidé d’être pionner dans la dermonutrition, nutricosmétique, cosmetofood (barabarismes inventés par les publicitaires pour crédibiliser la réalité d’une alliance entre nutrition et cosmétologie). A grand renfort de communication, il lançait ainsi en janvier 2007 Essensis, le fameux yaourt rose censé « nourrir la peau de l’Intérieur » et qui la rendrait « plus saine et donc plus belle »…
Dès le lancement, l’UFC-Que Choisir alertait les consommateurs sur ses doutes quant à la réalité scientifique des allégations de l’industriel et quelques mois plus tard confirmait ses inquiétudes par une étude exclusive soulignant qu’aucune différence significative s’agissant de l’hydratation de la peau n’était observée entre les personnes ayant consommé « Essensis » et d’autres consommateurs.
Il faut croire que les consommateurs ont entendu cet appel, ou en tout cas ont refusé d’avaler n’importe quoi ! En effet, 2 ans à peine après ce lancement en fanfare, Danone vient d’annoncer la suspension de la commercialisation de ce produit faute de clients !
Refusant de reconnaître le désintérêt des consommateurs pour les alicaments, les responsables de Danone impute l’échec d’Essensis à la crise économique. Mais le phénomène semble bien être une remise en cause de ce marché que l’on disait « à haute valeur» rémunératrice !En effet, loin d’être un épiphénomène, le désintérêt des consommateurs pour ses fausses promesses esthétiques est également illustré par l’eau « anti-âge » de Vichy Célestins lancée peu de temps après Esssensis… La cadette semble en effet avoir connu le même sort que son aîné puisque il semble qu’elle ne soit plus dans les rayons !
Bref, les consommateurs sont conscients qu’une assiette ne se transforme pas en institut de beauté en un coup de cuillère ! Les industriels de l’alimentaire seraient donc bien inspirés d’arrêter de « prescrire » des alicaments.

(5 votant(s))

Déjà 1 commentaire, publiez le vôtre !
Vous semblez affirmer que les consommateurs muent vers un état de « consom’acteurs ! J’aimerai partager totalement votre optimisme que je commencerai à partager si on pouvait se baser sur un rejet similaire de plusieurs produits de ce genre de famille.
Ceci dit, cela confirme que c’est bien le consom’acteur qui tient les manettes d’une certaine « régulation » du marché , du bon sens et de sa santé via les aliments choisis.
Allez cela fait quand même plaisir. Nous vivons dans un monde moderne te le progrès est en marche (parfois)