Associations de patients et industrie pharmaceutique : parlons-en

Entre associations de patients et laboratoires pharmaceutiques, les liaisons sont dangereuses… mais difficiles à éviter. C’est le sujet qu’abordait une tribune que j’ai cosignée en mai avec la Mutualité Française et la revue Prescrire. Une conférence a également eu lieu le 1er octobre, donnant lieu à des interprétations divergentes. Je tiens à expliciter une nouvelle fois ma position par le biais de ce blog, et à réitérer mon souhait d’un vrai débat, sans préjugé, sur la question des conflits d’intérêt potentiels entre laboratoires et associations de patients.
Dernier exemple en date, le projet de loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires. Le texte adopté par les parlementaires organise l’éducation thérapeutique, qui donne aux patients des moyens de vivre avec la maladie. L’industrie pharmaceutique, intéressée à ce que les malades prennent assidûment leur traitement, est tenue à l’écart par la loi : elle ne peut ni élaborer, ni dispenser les programmes d’éducation thérapeutique. La tâche en revient aux professionnels de santé et aux associations de patients. Mais les labos sont à l’affût, qui selon le sénateur François Autain « financent largement une grande partie des associations de patients ».
Les travaux de l’UFC-Que Choisir ont montré l’existence de nombreux liens financiers entre labos et professionnels de santé. Or pour les médecins-leaders d’opinion, comment critiquer les entreprises qui les paient ? Résultat : depuis une dizaine d’années, les trois quarts des nouveaux médicaments n’apportent rien de plus que leurs prédécesseurs ! Au contraire, ils sont souvent plus chers et leurs effets secondaires moins bien connus. L’affaire du tristement célèbre Vioxx® (utilisé pour soulager les patients atteints de maladies rhumatismales avant son retrait du marché en 2004) nous le rappelle.
D’où mon inquiétude : le financement d’associations de patients et d’usagers de la santé par des laboratoires ne risque-t-il pas de les détourner de leur objectif ? Comment les associations, dont une partie des financements dépend de l’industrie, seraient-elles mieux armées que les professionnels de santé ? Pour beaucoup d’entre elles, les cotisations perçues, la vente d’un journal et le bénévolat ne suffisent pas à couvrir tous les besoins. D’autres sources de financement (privées ou publiques) peuvent et doivent être exploitées. Comment les accepter tout en préservant indépendance de vue et d’action ?
Suite à la lettre ouverte diffusée par l’Association française des diabétiques, je réaffirme qu’il n’existe pas de réponse toute faite et que je n’ai nulle intention de jouer les donneurs de leçon en la matière. Je souhaite simplement que, 20 ans après leur genèse, les liens financiers entre associations et industrie pharmaceutique soient enfin ouvertement débattus.

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Bonjour dans le numéro 470 de mai 2009, vous déclariez porter plainte contre une liste de médecins masquant leurs relations avec l’industrie pharmaceutique lors de leurs prises de paroles ou écrits ; ou en êtes-vous ?
merci
Bonjour,
J’ai de plus en plus de mal faire confiance au système en ce domaine. J’en veux pour confirmation la parole de notre ministre de la santé qui a déclaré aujourd’hui aux personnes qui doutent de l’innocuité du vaccin contre la grippe H1N1, que s’il a reçu une AMM (autorisation de mise sur le marché)c’est que ça ne risque rien. Rappelez-moi : dans votre dossier sur les produits phytocides, certains vendeurs ont bien déclaré que si le produits est homologué, ça ne risque rien ???? Et ils ne sont pas ministre eux…
A qui faut-il faire confiance ?
@ Jecqoy
Effectivement, l’argument sur l’AMM est risible. Nombre de produits se voient simplement retirer leur AMM une fois que l’on identifie les problèmes qui se posent. A croire que les affaires du Distilbène et du talc Morhange (entre autres) n’ont pas marqué les esprits.
La question se pose également sur le vaccin contre le col de l’utérus, très coûteux (500 euros environ), non remboursé et excessivement poussé par les gynécos français, même si plusieurs décès inexpliqués ont été recensés et si son efficacité reste limitée.
Ce qui manque en la matière c’est de la transparence en amont dans les liens entre l’industrie pharmarceutique et les autres acteurs de la santé. Cela créé sinon un climat de suspicion généralisée qui est préjudiciable pour les politiques de santé en général.
http://www.lobbycratie.fr/2009/11/07/grippe-a-les-liaisons-dangereuses-de-la-republique-avec-les-lobbies-pharmaceutiques/
Je viens de déouvrir votre blog…la liaison entre les associations et l’industrie pharmaceutique peut revêtir plusions formes…La plus importante est l’accès aux registres de patients tenus par certaines grandes voir très grandes associations
Nous avons récemment vu comment une boite industriel qui fait de la biothérapie a contacté en direct des malades pour qu’ils revendiquent la prise en charge de leur médicament alors que leur efficacité est quasi-nul.
Un membre de l’académie de médecine, consultant dans cette boite, a fait une pression auprès de la commission de transparence afin que ce médicament obtienne une AMM…
Tout ça est lamentable!!!
Il faut commencer par faire du ménage dans ces associations dont les dirigeants sont incompétents et leurs salariés pas très honnêtes!!!!