Consommateur, si tu savais…

Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

Archive pour la catégorie ‘Loisirs - Tourisme’

Les éditeurs de jeux vidéos mauvais joueurs

Lundi 5 décembre 2011

jeuxvideos

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la publication de notre étude sur les jeux vidéos n’a pas laissé indifférent ! L’étude pointait de nombreux dysfonctionnements : jeux vidéos truffés de bugs, nécessité de télécharger mises à jour et correctifs, et enfin mesures techniques de protection qui limitent fortement la possibilité de prêter ou de revendre. S’agissant de supports vendus entre 50 et 70 euros, ça fait désordre !

Mais ces critiques ont beaucoup déplu à James Rebours, le président du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL). Qui a répondu par une virulente interview au magazine Challenges en tentant de décrédibiliser l’enquête de l’UFC-Que Choisir. Ainsi, Mr Rebours estime que les 560 témoignages cités par l’UFC-Que Choisir ne sont pas représentatifs. Pas de chance : les témoignages continuent d’affluer, et le soutien des joueurs sur les sites et blogs spécialisés est massif. Ce qui est assez naturel puisque ce sont les joueurs eux-mêmes qui nous ont les premiers alertés sur les dérives du marché. Sur le fond, le patron du SELL évite d’ailleurs de répondre à la délicate question de ces bugs qui empêchent l’utilisation du jeu. Par exemple, sur la vague de contestation associée à la sortie de Battlefield 3, il se contente d’affirmer qu’il n’y a pas plus de dysfonctionnements qu’avant. Ce que les joueurs réfutent sur notre forum et ailleurs.

Enfin, si James Rebours nie toute mauvaise intention dans la difficulté pour les joueurs de revendre leurs jeux (dont certaines parties sont protégées par un code à usage unique), tout le monde ne pratique pas la même langue de bois ! Dans une interview accordée en août 2010, le directeur créatif de l’éditeur THQ, Cory Ledesma, assume franchement : « Je ne pense pas que nous nous souciions vraiment de savoir si ces acheteurs [de jeux d'occasion] sont satisfaits ou non de nos produits. Car les acheteurs des versions neuves obtiennent tout du titre. Contrairement aux acheteurs d’occasion, qui n’ont pas toutes les fonctionnalités en ligne. […] Nous voulons que les gens comprennent que quand ils achètent des jeux d’occasion, ils nous trompent. » De même, rebondissant sur notre étude, le principal représentant du marché de l’occasion en France, Gamecash, a partagé le constat de notre étude même si son président, Philippe Cougé, a regretté qu’elle soit « bien tardive et pas assez exhaustive. »

Le sujet est maintenant dans les mains de la justice : l’UFC-Que Choisir a déposé plainte contre trois distributeurs et quatre éditeurs pour pratiques commerciales trompeuses s’agissant des codes à usage unique. L’objectif est clair, opposer au jeu truqué des pratiques commerciales des fabricants et distributeurs un franc et massif : game over ! Ce qui est sûr, c’est que la partie que vient d’entamer l’UFC-Que Choisir est loin d’être terminée…

Les mobile-homes, de nouveau fréquentables?

Lundi 8 novembre 2010

mobilehome

Bien que le sujet des mobile-homes ne soit plus vraiment de saison à l’approche de l’hiver, il continue d’avancer au Parlement. D’ailleurs, les témoignages que nous recevons à l’UFC-Que Choisir montrent que, pendant les travaux, les abus continuent s’agissant des conditions de location des emplacements de mobile-home dans les campings!

Le député Jean-Louis Léonard a rendu, fin septembre, un rapport très attendu sur les habitats légers de loisirs (ou mobile-homes). Il émet douze propositions, et souligne surtout la nécessité de mieux encadrer les contrats afin qu’ils mentionnent obligatoirement la durée, les conditions de résiliation et de renouvellement, les modalités de calcul du loyer, les critères d’appréciation de la vétusté (ces deux derniers points ayant fait l’objet d’un nombre particulièrement élevé de plaintes de propriétaires de mobile-homes). Une proposition de loi devrait prochainement être rédigée dans ce sens. Maintenant, il s’agit de passer à l’action et de faire rapidement voter ce texte afin de mettre les abus définitivement en vacances…

Nuages de cendres : après la crise, l’heure des comptes

Mercredi 5 mai 2010

avion

Vous vous souvenez de ma petite mésaventure volcanique ? Depuis le retour à la normale du trafic aérien, les voyageurs ont entamé des démarches pour être dédommagés. Pas question pour l’UFC-Que Choisir de garder les bras croisés. Après la mise en place d’un kit pour aiguiller les consommateurs, nous avons bataillé et signé hier matin un accord avec les professionnels du tourisme.

Des internautes se sont étonnés de ces discussions. Je tiens à insister sur le fait que ces engagements constituent un socle de solutions rapides, efficaces et uniformes répondant à la majorité des situations. Ils doivent permettre d’accélérer le traitement des dossiers. Faut-il ici rappeler, pour répondre aux critiques fallacieuses, que l’accord ne rapporte rien à l’UFC-Que Choisir, et ne signifie en aucun cas un renoncement de notre part à toute action ultérieure, si cela s’avère nécessaire face à un opérateur récalcitrant ? Il s’agit d’une base, ce qui nous paraissait le minimum vital face à l’ampleur du phénomène.

L’association de tour-opérateurs CETO, le Syndicat national des agents de voyage (SNAV) et la Fédération nationale de l’aviation marchante (FNAM) ont donc accepté, ensemble, un processus de dédommagement selon les principes suivants :
Pour les vols secs :
-    En cas d’annulation, le prix des billets sera remboursé sans pénalité, ou -si le consommateur est d’accord- les transports seront repoussés;
-    Le voyageur en transit ou en possession d’une carte d’embarquement émise à l’aéroport doit être pris en charge ;

Pour les forfaits touristiques :
-    En cas d’annulation du voyage avant le départ, les consommateurs se verront proposer un report sur un an, sur une destination qui peut être différente s’ils le souhaitent.
-    En cas d’annulation de vol en cours de voyage, lorsque les professionnels ont manqué à leur obligation d’assistance, une commission de suivi sera mise en place, et dédiée à l’examen au cas par cas des dossiers. Attention : le dossier doit être déposé auprès du CETO, du SNAV ou de la FNAM avant le 15 juin 2010.

Reste que la masse de dossiers à traiter (150 000 Français bloqués à l’étranger… sans compter ceux qui n’ont pas pu partir !) est énorme, et les délais de remboursement pourraient être longs. Si l’UFC-Que Choisir s’est rapidement mobilisée, on peut regretter la relative lenteur du gouvernement à en faire autant. Hervé Novelli s’est d’abord attelé aux difficultés rencontrées par les professionnels avant d’évoquer celles des consommateurs… Il a tout de même mis en place une cellule de médiation pour les cas litigieux. Mieux vaut tard que jamais !

Volcan en éruption, touriste en perdition !

Mercredi 21 avril 2010

volcan

L’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande m’a donné l’occasion de réviser mon italien : dimanche, impossible de reprendre l’avion pour rentrer en France! Je me suis donc vu contraint de prolonger mes vacances à Rome –il y a pire, je vous l’accorde. Mais en voyant autour de moi tous les voyageurs coincés à l’aéroport, j’ai délaissé pour quelques minutes les joies du tourisme pour reprendre ma casquette de président de l’UFC-Que Choisir. En effet, ces jours-ci l’association est largement interrogée sur les droits du voyageur. Quels sont-ils ?  Les situations étant extrêmement hétérogènes (vol ou séjour annulé, frais supplémentaires suite à l’annulation d’un vol retour, etc.), il est impossible de donner une réponse unique aux dizaines de milliers de Français bloqués. Soucieuse de répondre aussi précisément que possible à chacune des situations, l’UFC-Que Choisir a mis en place au sein de ses associations locales et sur son site Internet un kit avec des modèles de lettre, en fonction des  situations les plus fréquentes,  à adresser aux professionnels en vue d’obtenir l’indemnisation à laquelle les victimes ont droit.

En ce qui me concerne, j’ai pu regagner l’Hexagone dès hier en train, grâce aux cheminots italiens. Mais ces deux jours de bonus à Rome, s’ils furent très agréables, ont quand même notamment généré une facture de 400€ au parking de Roissy!

Mobile homes : une mission d’information sur les rails

Vendredi 20 novembre 2009

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Je vous le disais en juillet dernier : les abus se multiplient dans le secteur de la location d’emplacements de mobile homes. A l’approche de l’hiver, si les campings se sont vidés, les contentieux eux continuent de s’accumuler ! Le succès croissant de ce mode de villégiature a entraîné une saturation de l’offre d’emplacements. Du coup, les exploitants de campings ne se gênent pas pour faire payer le prix fort. Les propriétaires de mobile homes se trouvent parfois confrontés à des contrats dont ils sont bien obligés d’accepter les conditions exorbitantes, sous peine de déménager leur résidence (par convoi exceptionnel dont le coût est dissuasif : environ 1000€).

Encouragés par des arguments spécieux (« Investissez dans des vacances à vie ! »,  « achat de votre emplacement à l’année »), certains croient s’offrir l’emplacement qu’ils occupent, alors que ce n’est qu’un bail longue durée qui est souscrit… pour une somme loin d’être anodine (plusieurs dizaines de milliers d’euros à verser à la signature). Certes, les organisations représentatives du secteur ont mis en place une charte de bonne conduite. Mais elle reste d’application volontaire, et il y a fort à parier que précisément les prestataires indélicats ne s’y conformeront pas.

Les parlementaires vont peut-être enfin redonner de l’espoir aux vacanciers lésés. Le député Jean-Louis Léonard, rapporteur de la loi sur les services touristiques, vient d’être saisi d’une mission d’information « sur le statut et la règlementation de l’habitat de loisir ». Il a auditionné l’UFC-Que Choisir début novembre. Lors de la première lecture du projet de loi, Jean-Louis Léonard avait refusé un encadrement plus strict des contrats de location d’emplacement, mais appelé à une vraie réflexion sur le sujet. Elle est dorénavant initiée, ce qui est positif. Espérons que l’hiver ne refroidira par l’ardeur des parlementaires à s’atteler à ce sujet… plutôt estival !