Directive médicament : bonne année, bonne santé ?

L’année 2007 débute par un cadeau gouvernemental… à l’industrie pharmaceutique. Sous couvert de la transposition de la Directive médicament, le gouvernement légifère dans le domaine sensible de la publicité relative aux médicaments prescrits. Comble de la sémantique, le gouvernement qui veut encourager l’automédication, passe par les ordonnances… pour mieux contourner le débat démocratique. Le projet de loi portant transposition de diverses dispositions d’ordre communautaire constitue ainsi une loi d’habilitation aux fins de permettre au gouvernement de lever tout obstacle à une communication directe des firmes vers les patients. Rédigée de manière aussi claire que la composition des médicaments, l’article d’habilitation dispose que le gouvernement peut prendre les mesures pour « régir les actions d’accompagnement des patients soumis à des traitements médicamenteux, conduites par les établissements pharmaceutiques, et définir les conditions de leur contrôle par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé »… Comment considérer que ces programmes puissent n’avoir d’autres visées que l’aspect financier avec comme seul objectif la fidélisation de la clientèle et l’augmentation de la quantité consommée ? Par définition, une firme pharmaceutique ne peut parler objectivement de ses médicaments, elle les présentera toujours de manière à les faire vendre… Le gouvernement craindrait-il qu’à l’instar de la discussion intervenue au niveau européen, les députés rejettent toute publicité relative aux médicaments ? Comment peut-il, après les désastreuses expériences américaines et néozélandaises, admettre en France ce type de pratique, qui loin d’accroître l’information des patients concernant les problèmes de santé ne vise qu’à stimuler la vente de leurs produits ? Sacrifiera-t-il la santé des consommateurs sur l’autel des intérêts des groupes pharmaceutiques ? Autant de questions qui ne sauraient se dissoudre tel un comprimé effervescent…
A ce jour, seuls les États-Unis d’Amérique et la Nouvelle-Zélande ont admis la publicité directe au public pour les médicaments sur prescription … Les différentes analyses relatives à l’impact de cette légalisation convergent pour souligner les conséquences dramatiques pour les consommateurs… En effet, loin d’être bénin, l’investissement publicitaire a représenté aux Etats-Unis plus de 4 milliards de dollars en 2004 ce qui a évidemment eu un effet sur les ventes. En effet 48 % des médicaments vendus correspondent aux médicaments promus par la publicité. Plus grave, les études sur le service médical rendu des médicaments promus à la télévision sont souvent postérieures à leur promotion, ce qui n’est pas sans risques pour la santé du public. Faut-il ici rappeler l’affaire du Vioxx ? Les premières données publiées sur les risques cardiaques sont apparues en 2000, soit un an après la mise sur le marché. Le Vioxx a fait l’objet d’une publicité directe extraordinaire, représentant cinq cents millions de dollars en cinq ans, soit plus que Pepsi-Cola ! En 2005, David Graham, de la FDA (Food and Drug Administration (FDA)) , a estimé que ce produit avait provoqué entre 88 000 et 139 000 crises cardiaques supplémentaires. Ce précédent aurait du constituer un frein à la légalisation de la publicité des médicaments mais le lobby pharmaceutique a œuvré et en 2001, la Commission européenne proposait d’admettre à dose homéopathique la publicité relative aux médicaments, en la limitant à ceux pour l’asthme, le diabète et l’infection par le HIV. Garant des intérêts des citoyens, les députés européens n’ont pas été sensibles à l’appel sirupeux des firmes pharmaceutiques et ont refusé par 494 voix contre et 42 cette proposition.
Après avoir été sortie par la porte européenne, la publicité pour les médicaments prescrits tentent donc d’entrer par le fenêtre nationale… sans réel débat démocratique et sans véritable contrôle du parlement sur l’action gouvernementale… En cette période de vœux, on ne peut que souhaiter que les députés refusent cette instrumentalisation de la santé à des fins commerciales… Bonne année et bonne santé à tous !



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L’industrie pharmaceutique est obligée de conduire des programmes de pharmacovigilance. Ces programmes, pour êtres fiables doivent passer par une surveillance des patients. C’est vrai c’est une contrainte, mais elle est faite en général en milieu hospitalier. Il s’avère que la plupart des patients arrêtent leur traitement sans en informer leur médecin, soit parce qu’ils ressentent un effet secondaire soit au contraire une amélioration. L’information sur le médicament est erronée, partielle…… alors où est l’intérêt ? La conduite d’un bon programme d’observance est à terme bénéfique pour tous les futurs patients.
L’industrie pharmaceutique est obligée de conduire des programmes de pharmacovigilance. Ces programmes, pour êtres fiables doivent passer par une surveillance des patients. C’est vrai c’est une contrainte, mais elle est faite en général en milieu hospitalier. Il s’avère que la plupart des patients arrêtent leur traitement sans en informer leur médecin, soit parce qu’ils ressentent un effet secondaire soit au contraire une amélioration. L’information sur le médicament est erronée, partielle…… alors où est l’intérêt ? La conduite d’un bon programme d’observance est à terme bénéfique pour tous les futurs patients.
- Prix sécurité sociale de l’Exomuc® des laboratoires Bouchara Recordati (France) 30 sachets : 4,12 € soit 13,73 centimes le sachet.
- Prix du Générique Acétylcystéine des laboratoires Merck (USA) 20 sachets : 3,80 € soit 19 centimes le sachet à la pharmacie des Boulevards : 1 cours Libération et du Général de Gaulle 38100 GRENOBLE.
Cherchez l’erreur.
Et s’il n’y en a pas convenez avec moi que l’on comprend mieux pourquoi, dans un but de nouveau cadeau à ses petits copains, les professionnels de santé, le gouvernement prône les génériques et l’automédication.
VIVE LA DEREGULATION
Le 20/02/09
Laissez moi vous faire part d’une petite expérience qui illustre les dérives de la privatisation-dérégulation suite au désengagement de l’état.
Domaine visé par ce courrier : les médicaments (mais on pourrait étendre ça à la santé, l’éducation, l’énergie…)
Début 2007, je passe à ma pharmacie habituelle chercher une préparation homéopathique non prescrite par un médecin. Le prix est de 6,96 Euros les 60 ml ( TVA à 2,2 %.)
Je retourne chercher cette même préparation, dans la même pharmacie, par le même labo (BOIRON pour ne pas le citer) et, oh surprise, le prix est passé à 22,70 Euros les 60ml (TVA à 5,5%) soit une augmentation de presque 3 fois et demi (+ 326,1 %) !
Le pharmacien m’assure qu’il n’y est pour rien et que depuis l’Arrêté ministériel du 20 avril 2007 , bon nombre de préparations magistrales et officinales ne sont plus remboursées par la sécurité sociale (http://www.hippocratus.com/manifeste/?page_id=28)
Soit, mon médicament était de toute manière déjà entièrement payé par mes soins, donc pas d’effet négatif sur le trou de la sécu. Par contre, effet pervers de cette mesure, les médicaments non remboursés par la sécu ne sont plus contrôlés par l’état. Ils deviennent donc libres.
LIBRE, LIBRE, LIBRE, quel beau mot ! Libre comme l’air, Libre comme libre circulation des biens et des personnes, libre concurrence, libéralisation et liberté des prix ! On y est.
Vous me direz : et bien pourquoi ne pas aller voir ailleurs ? Et bien tout simplement parce qu’on est face à un monopole : les pharmacies ont leurs fournisseurs attitrés et les labos homéopathiques ne sont pas légion. (Lehning a été mangé par Boiron qui a fusionné avec Dolisos (made in USA).
Et donc quand on est seul sans contrôle et sans éclairage médiatique, on fait ce qu’on veut !
Sauf que nos salaires, eux, n’ont pas augmenté de 326,1 % en 2 ans ! Mais peut-être que la santé est devenue un luxe ?
Stéphane Juvancic (s.juvancic@@dixinet.com)
Bonjour,
Quand allez-vous publier une enquête sur les statines en France. Un médicament inutile et dangereux qui coûte un milliard d’euros à la sécurité sociale.
Bien cordialement