Frais bancaires : autopsie d’une concertation avortée !

Quelle ne fut pas ma colère, mardi 21, à la lecture du communiqué de presse de Bercy titré : Christine Lagarde : « le Comité consultatif du secteur financier décide de mesures fortes pour des tarifs bancaires plus justes et plus équilibrés »… J’étais déjà échaudé par le « pari de la confiance » annoncé vers 11h30 par la ministre s’agissant des remèdes aux maux dont souffre le secteur bancaire, puisque le gouvernement fait confiance aux banques pour moraliser leurs pratiques (pari risqué au vu des nombreux engagements pris par les banques et restés sans suite !). Mais mon sang commença réellement à bouillir vers 15h, quand des journalistes m’ont interrogé sur les « décisions » du CCSF. Prévenu par notre représentante au sein de cette instance que la réunion du matin n’avait fait l’objet d’aucune discussion point par point des 21 mesures contenues dans « un projet de relevé de conclusions » remis sur table, je repris le journaliste en lui indiquant que le CCSF n’avait, à ce stade, rien décidé, qu’il ne s’agissait que d’un projet de conclusions, et que les annonces de la ministre n’engageaient qu’elle… Le journaliste, fort surpris, insista en indiquant que le dossier de presse suivant la réunion incluait bel et bien un document intitulé « relevé de conclusions »… Le communiqué de presse du ministère ne fit que confirmer la désagréable impression d’avoir été instrumentalisé.
Ce procédé fait vraiment peu de cas du processus de concertation que Madame Lagarde appelle de ses vœux et pour lequel les associations s’investissent. Cette façon de procéder, à la hussarde, est un bien mauvais signe quant au respect du travail des membres du CCSF et du souci de la vérité à l’égard de la presse et de l’opinion publique. Bref, en matière de frais bancaires, il n’y a pas que les agences qui sont peu transparentes !



Déjà 1 commentaire, publiez le vôtre !
le Comité consultatif du secteur financier décide? Je crois qu’il peut recommander, proposer dans un rapport, mais rien de plus! Je me trompe?
Pour les frais bancaires, son rapport en ligne de juillet 2010 insiste lourdement sur la suppression des chèques, une plus grande information des frais bancaires sur les relevés, et la proposition de nouveaux packages. Ceci incitera les banques à continuer dans ce sens au lieu de laisser le choix au consommateur des services qu’il souhaite.
A part ce matraquage sur la clarté des frais dans ce rapport, je n’ai pas vu de grandes mesures concernant la réduction des frais, si ce n’est des « mesurettes » pour les plus démunis.
- Mieux afficher les frais et éduquer les français à comprendre ces tarifs! (Car il faut être « éduqué » effectivement pour comprendre ce fatras!)
- Informer le client qu’il peut changer de banque (attention au retour de bâton!)
- Création (encore!) d’un observatoire des tarifs! Il n’y en a pas déjà ? Encore des frais?
Mais le plus étonnant pour mopi est l’insistance tout au long du rapport pour la suppression des chèques (en particulier pour les plus démunis en raison des frais qu’ils entraînent lors de refus!)
Je ne sais si la carte de paiement à autorisation systématique sera bienvenue partout. Demain justement j’ai une livraison à domicile et je dois payer par chèque. Il faudra que je dise au transporteur qu’il pense à s’équiper de terminal de paiement!
Petite touche ironique dans ce rapport : »il importe que les banques veillent, sous le contrôle de la DGCCRF, au respect de leur
engagement de novembre 2004, dans le cadre du CCSF, sur la gratuité des retraits d’espèces auprès de l’agence où le compte de dépôt est ouvert. » Il semble donc que les banques ne respectent pas cet engagement ni même la loi parfois, mais ça on n’a pas besoin du Comité consultatif du secteur financier pour s’en rende enfin compte. Il n’y a qu’à voir le nombre de plaintes!
Une bonne action de groupe serait plus efficace pour obliger les banques à respecter règles, lois…
En ce qui concerne Christine Lagarde, elle est acquise au patronat et grands financiers. Elle ne se soucie pas réellement des consommateurs, salariés… Ce n’est pas de son niveau!
Christine Lagarde préfère laisser les loups faire leurs règles entre eux, sachant pertinemment qu’ils ne respectent pas celles déjà édictées.