
Combien de fois avez vous pesté en recevant votre relevé de comptes bancaires sur lesquels figuraient des pénalités et des agios qui vous estimiez injustifiés ? Combien de fois, avez-vous eu envie de claquer la porte lors d’un rendez-vous avec votre banquier vous expliquant l’impossibilité de satisfaire votre demande ? Combien de fois vous êtes vous promis de changer de banque ? Et finalement, combien de fois avez-vous effectivement changé d’établissement bancaire ? Sans le moindre talent de divination, je présume que la plupart d’entre vous n’a jamais quitté sa banque et, ce, non pas en raison d’une grande satisfaction dans le prix de ses services, contrairement à ce que claironnent les établissements, mais plus vraisemblablement du fait de la méconnaissance du coût et des modalités d’un tel changement. Les statistiques, notamment le résultat, publié hier, de l’enquête menée par la Commission européenne sur la mobilité bancaire dans les Etats membres, soulignent ainsi que le taux d’attrition, taux de changement de banque, est particulièrement faible dans le milieu bancaire alors qu’il est de 45 % dans l’assurance automobile… Quoi qu’on en dise, nous sommes bien prisonniers de notre établissement bancaire…
Comme certains d’entre vous ont peut-être pu le remarquer, le client souhaitant changer d’établissement bancaire est confronté à deux problèmes majeurs : le manque d’information délivrée par les banques sur leurs tarifs rendant pratiquement impossible toute comparaison entre les offres, et donc les éventuelles opportunités, et le niveau exorbitant des coûts pour le client qui souhaite changer de banque.
La clôture de compte en elle-même est gratuite, notamment pour les comptes de dépôt et les comptes sur livret (Codevi, Livret A …). Cependant le transfert des contrats de type Plan d’épargne logement (PEL) ou plan d’épargne en actions (PEA) est extrêmement onéreux. Le LCL-Crédit Lyonnais, qui facture 68 € par PEL transféré et 77,5 € pour un plan d’épargne populaire…
Le coût de sortie est donc très élevé, la moyenne étant de 300 €, notamment du fait que les banques, à la différence des assurances, n’offrent pas le remboursement de certains produits (cartes bancaires, forfaits …) au prorata temporis, … Au final, le niveau de ce coût est tel que le gain économique à changer d’établissement est très faible. Les clients sont donc soumis à une fidélité forcée conférant aux banques un pouvoir de monopole dont elles peuvent abuser notamment en augmentant leurs prix.
Alors que des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dénoncer ce constat et réclamer davantage de transparence, notamment le rapport sur « les coûts de sortie » du Vice Président du Conseil de la Concurrence, Philippe Nasse, le gouvernement ne doit pas rester sourd à cet appel. Nos partenaires européens, particulièrement la Grande Bretagne, ont d’ailleurs mis en place un service régulé chargé de faciliter les transferts de banque.
Refusant le statu quo, j’ai décidé mardi d’écrire au ministre de l’Economie et des Finances, pour réclamer à nouveau des mesures très concrètes pour améliorer l’information des consommateurs, comme notamment la mise en place d’une facture des sommes prélevées par la banque à son client, et que celui-ci décide d’engager une expertise plus spécifique sur le transfert de compte.
Ce n’est pas parce l’argent est le nerf de la guerre, qu’il faut accepter que la procédure de changement d’établissement bancaire soit un véritable parcours du combattant !