Consommateur, si tu savais…

Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘Bureau européen des unions de consommateurs’

La fausse note d’un gouvernement boudeur…

Vendredi 26 février 2010

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Le 20 février, la Commission européenne a rendu publique la liste des membres -notamment français- du groupe consultatif européen des consommateurs. Cet organisme placé auprès de la Commission a pour rôle de se prononcer en amont sur les politiques européennes en matière de consommation. Bien que particulièrement importante, cette instance a trop longtemps souffert, de l’aveu même de la Commission, d’un manque de représentativité de ses membres… Au point que l’an dernier, l’exécutif européen a décidé de réformer la procédure de désignation. Dorénavant, chaque Etat membre doit adresser à la Commission une liste de trois associations parmi les plus représentatives ; la Commission tranche sur la base de cette liste. Mais Hervé Novelli, chargé d’orchestrer la symphonie des candidatures des 17 associations françaises, a semble-t-il décidé de jouer les Quatre Saisons !

En effet, fort de la réforme européenne qui devait permettre à l’UFC-Que Choisir, membre fondateur du Bureau européen des unions de consommateurs, d’être enfin membre de cette instance officielle, je n’ai pas manqué d’adresser à l’automne ma candidature au nom de l’UFC-Que Choisir… Mais les Assises de la consommation sont passées par là, et le cabinet du ministre a balayé notre dossier comme une feuille morte pour en adresser trois autres. Pourtant, le gouvernement n’avait eu de cesse, au cours des Assises, d’évoquer la création d’un super agrément pour permettre la désignation des associations les plus représentatives comme l’UFC-Que Choisir dans les instances nationales et européennes !

Ah, voilà donc une nouvelle mesure de représailles suite à notre boycott des Assises de la consommation. Après le grand froid hivernal jeté sur les relations entre notre association et son cabinet, Hervé Novelli profite donc de la prochaine arrivée du printemps pour faire bourgeonner sa rancœur… Allez, bientôt l’été, on assistera peut-être à un réchauffement consumériste, qui sait ?

A la veille des élections, moins de 1 % des candidats s’intéressent aux consommateurs !

Vendredi 5 juin 2009

Comment les électeurs peuvent-ils se sentir concernés par les élections européennes si les candidats ne témoignent pas de leur intérêt pour le quotidien des Français et pour leur pouvoir d’achat ? Pour sauver le taux de participation au scrutin de dimanche, qui s’annonce historiquement bas, les candidats devraient enfin se montrer proches des préoccupations des consommateurs, c’est-à-dire… nous tous !

Le 19 mai, l’UFC-Que Choisir et la CLCV ont rendu public un sondage CSA éloquent : 87 % des Français veulent que les candidats aux élections européennes signent le « Pacte consommateurs » (lancé avec le Bureau européen des unions de consommateurs) et défendent du même coup les huit priorités que sont les services financiers, les contrats de consommation, les droits numériques, la santé et la sécurité des consommateurs, l’énergie et le développement durable, l’alimentation et les actions de groupe.

Or à ce jour, seuls une cinquantaine de candidats français ont signé le Pacte, sur 6000 candidats en lice ! Pire : parmi eux, Alain Lamassoure est le seul candidat de la majorité à avoir manifesté son soutien.

Les Français auraient-ils raison de se défier de leurs élites politiques pour défendre leurs intérêts de consommateurs ? D’après le sondage, l’Europe des consommateurs n’existe pas ! Nos compatriotes pensent que les institutions snobent le consumérisme, puisque 82 % d’entre eux déclarent que les droits des consommateurs ne sont pas suffisamment pris en compte dans les politiques européennes, et 56 % que les décisions du Parlement européen sont défavorables aux consommateurs.

Face à ce désaveu, les candidats hexagonaux seraient bien inspirés de faire campagne sur les réalités qui touchent les consommateurs, comme l’action de groupe, ou le maintien des tarifs régulés de l’électricité. D’ailleurs, les deux tiers des Français avouent qu’ils seraient plus enclins à rejoindre l’isoloir si leurs candidats faisaient montre d’une vraie volonté de protéger les consommateurs. A bon entendeur…