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Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

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Contre les abus dont sont victimes les campeurs, l’UFC-Que Choisir se mobile homise !

Vendredi 31 juillet 2009

mobilehome

Ah, les joies du camping… Mode de vacances préféré des Français pour cet été 2009, crise économique oblige, le camping attire également une nouvelle cible : les ménages en mal de résidence secondaire qui acquièrent un mobile home et louent un emplacement à l’année pour y loger leur « villa de substitution ».

Loin d’être anodin, le développement de ce marché résidentiel est en plein boom et représente aujourd’hui plus de 30 % des ventes de mobile homes… Mais le rêve des nouveaux propriétaires se transforme vite en cauchemar de locataires… Car une fois acheté, le mobile home doit, comme l’exige la loi, être installé dans un camping ou un parc résidentiel de loisirs et les heureux propriétaires sont donc automatiquement locataires d’un emplacement. Et la plupart des contrats de location de ces emplacements sont un véritable nid pour abus en tout genre… Les propriétaires d’un mobile home attiré par un emplacement en raison du loyer ont eu la très désagréable surprise de constater une hausse de 120 % de leur loyer au moment du renouvellement du bail au bout d’un an seulement ! Les associations locales de l’UFC-Que Choisir rapportent ainsi de nombreux exemples de situations abusives pénalisant les propriétaires de résidences mobiles de loisir…

Pourquoi de tels abus ? Car le contrat de location d’emplacement de mobile home n’est soumis à aucune réglementation spécifique : c’est le droit commun du bail qui s’applique (entendons nous bien, il ne s’agit pas du bail d’habitation mais d’un bail classique dont les termes sont définis librement par les parties). Or, dans un secteur où l’offre d’emplacements de mobile homes est inférieure à la demande, cette liberté laissée aux bailleurs est fatale, et le contrat est de fait imposé ! Les excès se multiplient : doublement du loyer lors du renouvellement du bail, obligation de quitter le terrain ou de remplacer la résidence mobile (sa vétusté est laissée à la seule appréciation du gérant du terrain). Comme le coût du déplacement d’un mobile home avoisine les 1000€ (un convoi exceptionnel est nécessaire), les locataires se voient forcés d’accepter les conditions de bailleurs peu scrupuleux.

La colère des acquéreurs de mobile homes est d’autant plus grande qu’en novembre 2008 une Charte de transparence avait été signée par la profession pour moraliser les comportements des gestionnaires de campings. Comme le veut l’adage, les promesses n’ont engagé que ceux qui les ont reçues… Aujourd’hui, il importe donc que le gouvernement se saisisse du dossier et adopte dans les plus brefs délais une règlementation spécifique (contrats pluriannuels, transparence tarifaire, révision de loyer selon un indice à définir, appréciation de la vétusté) afin de mettre définitivement en vacances ces abus inadmissibles !