Accidents de la vie courante : à quand une mobilisation des pouvoirs publics ?
Mercredi 5 août 2009
Avec l’arrivée de l’été, les enfants ont quitté l’école, les vacances nous embarquent loin du quotidien. Oui mais voilà, cette promesse de repos et de détente est aussi synonyme, hélas, de recrudescence des accidents domestiques.
En France, les accidents de la vie courante représentent un fléau quatre fois plus meurtrier que la sécurité routière. Dommage qu’il n’ait pas fait, jusqu’ici, l’objet d’une implication gouvernementale idoine ! Alors que la route a tué près de 4500 personnes en 2008, les accidents du quotidien sont à l’origine de 20 000 décès et 4,5 millions de blessés, avec 11 millions d’accidents par an. Les pouvoirs publics restent pourtant les bras croisés tandis que l’hécatombe se poursuit. Chutes, noyades, intoxications, brûlures… ces drames touchent plus particulièrement les enfants et les personnes âgées, plus fragiles, et endeuilleront cette année encore nombre de familles.
Il suffirait pourtant d’enseigner au grand public des gestes simples et des précautions de base. Pour enrayer le désastre, les accidents de la vie courante doivent devenir Grande cause nationale (un label attribué par le Premier ministre) et faire l’objet de campagnes de communication massives. Dans les Etats du nord de l’Europe, cette politique a porté ses fruits. Les campagnes y ont permis de diviser par trois le nombre de victimes des accidents domestiques !
D’ailleurs, l’exemple hexagonal prouve la sensibilité des Français à ce type de message : la mobilisation autour de la sécurité routière n’a-t-elle pas permis d’épargner 12 000 vies entre 2002 et 2008 ? Par le passé, des campagnes de prévention avaient déjà été lancées. Souvenez-vous, en 1992 on nous alertait : « Un enfant, on ne peut pas toujours être derrière, alors prenez les devants ! » ; en 1994 : « A la maison les dangers, apprenons à les éviter ». Des efforts qui avaient porté leurs fruits ; une baisse des décès de 18 % a été observée entre 1982 et 1997. Depuis, le bilan stagne tristement autour des 20 000 morts par an. La troisième cause de mortalité en France ne semble susciter que l’indifférence générale.
Afin de s’attaquer au problème, l’UFC-Que Choisir a la première signé la Charte de prévention des accidents de la vie courante, ouverte aux associations, aux professionnels et aux collectivités locales. En parallèle, un appel ouvert à tous a été lancé pour que les accidents de la vie courante soient reconnus Grande cause nationale en 2010. Je vous invite à le signer massivement… Et en attendant, à redoubler de vigilance durant ces vacances que je vous souhaite très bonnes et reposantes… Bon été à tous et rendez-vous le 26 août!


