Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘concurrence’

Grande distribution dans les DOM, des prix outr…anciers

Lundi 21 septembre 2009

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+ 55 % ! C’est le différentiel de prix qu’a observé l’Autorité de la concurrence dans les départements d’outre-mer sur plus de la moitié des produits échantillonnés, par rapport au niveau des prix en métropole. Tout le monde connaît (au moins de réputation) la réalité des prix dans la grande distribution en Guyane, Guadeloupe, Martinique et Réunion. Mais cette fois on dispose de chiffres. Après les grèves et manifestations qui ont secoué les Antilles début 2009, le gouvernement a demandé à l’Autorité de la concurrence d’analyser la situation. Le résultat est consternant : l’écart des prix excède largement le surplus de coût de transport qu’impliquent des distances accrues. Un niveau très exagéré, dans des départements où le pouvoir d’achat n’est déjà pas à la noce. Le taux de chômage s’établit à 21 % en Guyane, et dépasse même les 25 % à la Réunion…

Sans surprise, c’est du côté de la concurrence (à peu près inexistante) qu’il faut chercher des explications. Certains groupes de grande distribution détiennent des parts de marché énormes sur telle ou telle zone de chalandise. Le nombre d’importateurs-grossistes est par ailleurs limité, ce qui leur permet de prélever des marges commerciales plus que conséquentes (de 20 à 60 % pour un grand nombre de produits, et jusqu’à 100 % !). L’Autorité de la concurrence n’exclut pas de procéder à des sanctions face à d’éventuelles ententes.

Loin de me surprendre, les résultats de l’enquête de l’Autorité de la concurrence confirment le constat déjà fait par l’UFC-Que Choisir. Si l’association n’est pas encore implantée en Guadeloupe et Martinique, elle l’est en revanche à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie, et nous n’avons pas manqué de dénoncer le véritable enfer consumériste qu’est l’outre-mer. Ces deux associations locales sont en prise directe avec les dysfonctionnements des marchés, et participent aux diverses enquêtes prix réalisées régulièrement par l’UFC-Que Choisir. Or les chiffres dont nous disposions pour l’outre-mer étaient déjà sans appel : l’enquête sur les hyper et supermarchés, réalisée en 2008, révélait ainsi que les prix sont deux fois plus élevés en Nouvelle-Calédonie par rapport à la métropole, et à peine moins (+74 %) à la Réunion. S’agissant du hard-discount, les résultats de l’enquête sont assez analogues : le panier de base de 23 produits est deux fois plus cher à la Réunion et deux fois et demi plus cher en Nouvelle-Calédonie. Il y a en outre un monopole total de Leader Price en Nouvelle-Calédonie, et quasi total à la Réunion (9 points de vente sur 10).

Il y a donc urgence à améliorer la concurrence dans les DOM, à en finir avec les pratiques abusives des opérateurs locaux… et peut-être aussi avec certaines règles, comme l’octroi de mer, qui pèse sur la cherté de la vie. J’attends avec intérêt les réactions du gouvernement aux propositions de l’Autorité de la concurrence… en espérant que nos compatriotes ultra-marins pourront bientôt vivre moins cher sous les tropiques !

Internet plus cher avec Orange

Samedi 5 septembre 2009

internet 

Suite au commentaire de TREPAT laissé sur ce blog il y a quelques semaines, je tenais à réagir sur les hausses de tarifs concoctées par Orange pour certains abonnés bas débit.

De quoi s’agit-il ? Orange a profité du cœur de l’été pour annoncer des augmentations de 1 à 5€ sur 29 abonnements bas débit (sans accès à la télévision, ni téléphonie illimitée). Résultat : depuis le 1er septembre, des hausses atteignant plus de 25 % pour les abonnés qui, comme TREPAT, ont par exemple souscrit un abonnement internet bas débit (512 Ko avec un trafic limité à 5 Go par mois) : de 19,90€ jusqu’alors, cette formule passe brutalement à 24,90€, soit une inflation de 5€. Sans contrepartie. Le pire, c’est que cette offre devient aussi coûteuse que l’offre découverte d’Orange à 8 Mo ! La manœuvre est grossière : Orange aimerait évidemment amener ses abonnés à opter pour des formules plus coûteuses, comme le triple play. La Livebox (39,90€ par mois, sans compter la location –obligatoire– du boîtier, 3€) est d’autant plus avantageuse pour l’opérateur qu’un haut débit et une box s’avèrent nécessaires pour générer des revenus supplémentaires : vidéo à la demande, foot à 6€ par mois etc.

Il devient donc très, très cher de vouloir conserver sa ligne fixe traditionnelle. Argument massue : ces formules jugées « obsolètes » (elles ne sont plus distribuées) coûteraient de plus en plus à l’opérateur. Difficile à croire puisque Orange est propriétaire du réseau ! Bien que le fournisseur d’accès refuse de donner le nombre exact de clients concernés, de nombreux usagers -parmi les plus vieux clients d’Orange- pestent depuis quelques semaines contre cette mauvaise surprise de rentrée. Selon certains consommateurs, les lettres avertissant de l’augmentation à venir, adressées fin juillet et début août, ne comportaient pas la mention (pourtant obligatoire) d’une possible résiliation, prévue par le code de la consommation. Certains abonnés ont donc saisi la DGCCRF.

Face à un opérateur public qui ne fait  pas de cadeau, la tentation devient forte de partir à la concurrence. Il existe sur le marché des offres à 14,90€ pour l’internet seul ; avec l’indispensable abonnement téléphonique, ce choix revient alors à 30,90€, contre 40,90€ chez Orange… Il faut croire que la fidélité ne paie pas toujours! Les consommateurs seraient donc bien inspirés de regarder ailleurs s’ils ne veulent pas avaler les pépins d’Orange !

Exclusivité pour l’Iphone : la Cour d’appel confirme la fin d’une situation juteuse pour Orange !

Mercredi 4 février 2009

Par ces temps de grand froid, voilà une nouvelle qui réchauffe…. La concurrence dans la téléphonie mobile ! Mercredi, très tôt dans la matinée, la Cour d’appel de Paris a confirmé la décision du Conseil de la concurrence ayant cassé, le 17 décembre dernier, l’accord d’exclusivité conclu entre Orange et Apple pour la distribution de l’iPhone en France.

Cette décision que l’UFC-Que Choisir, intervenante à la procédure, attendait avec impatience,  mérite d’être saluée comme il se doit. En effet, alors que le marché de la téléphonie mobile souffre d’un grave déficit de concurrence, la Cour d’appel a redonné au consommateur le bénéfice du libre choix auquel Orange avait gravement porté atteinte.

Principal mobile offrant une utilisation confortable et aisée de l’Internet, l’Iphone 3G a fait l’objet d’un véritable engouement de la part consommateurs…  Or, l’exclusivité d’Orange sur ce produit lui a permis de renforcer sa position prééminente sur le marché des services de téléphonie et de pratiquer pour l’Iphone des prix décalés par rapport à la réalité économique.

La décision de la Cour d’appel restaure donc la concurrence dans le marché des smartphones, en confirmant la possibilité pour tout opérateur de vendre l’Iphone et par là même annonce une vraie baisse des prix profitable aux consommateurs ! Preuve en est, après la décision du Conseil de la concurrence, le prix de l’Iphone descendu jusqu’à 1 euro, certes avec un engagement, en janvier !

Alors que l’engouement des consommateurs pour l’Iphone ne devrait pas mollir, la seule question qui reste en suspens est de savoir quand les consommateurs pourront profiter pleinement des bienfaits tarifaires de cette nouvelle concurrence en trouvant l’Iphone dans les rayons de tous les concurrents d’Orange. Certains opérateurs annoncent un délai de 5 à 6 semaines. Par ailleurs, l’opérateur Orange, qui -sans mauvais jeu de mot- est amer vient d’annoncer qu’il allait former un pourvoir en cassation. Si ce recours n’est pas suspensif, il n’est reste pas moins que cela devrait freiner les négociations des autres opérateurs avec Apple. Bref, la concurrence dans les smartphones exige encore un peu de patience…

Téléphonie mobile : pour une Meilleure Venue d’un Nouvel Opérateur (MVNO)

Vendredi 1 août 2008

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Le Conseil de la concurrence a rendu public mercredi  un avis relatif à la situation des opérateurs de réseaux mobiles virtuels (MVNO) sur le marché français de la téléphonie mobile.

Dans cet avis, le gendarme de la concurrence constate sans ambigüité que les MVNOs ne sont et ne seront pas en mesure d’être compétitifs tant qu’ils ne bénéficieront pas d’une réelle amélioration de leurs conditions d’hébergement. L’avis souligne ainsi que les opérateurs hôtes imposent des conditions tarifaires, contractuelles (accord d’exclusivité, duré d’engagement excessive, etc.) et techniques (peu de contrôle de leurs offres et des abonnés,…) jugées trop contraignantes (l’autorité fustige en particulier Orange et SFR).

Le Conseil de la concurrence souligne également un autre point : l’entrée d’un quatrième opérateur est une condition nécessaire au rétablissement de la concurrence. Je ne peux que me féliciter du propos. En effet, l’UFC-Que Choisir a toujours défendu l’idée qu’améliorer les conditions d’hébergement pour les MVNOs et introduire un nouvel opérateur ne sont pas des solutions concurrentes dans la recherche d’un nouveau souffle pour le marché de la téléphonie mobile. Bien au contraire, ce sont des mesures complémentaires et interdépendantes. Les MVNOs ont besoin d’un nouvel interlocuteur pour créer une concurrence entre les opérateurs hôtes et un éventuel quatrième entrant aura besoin des MVNOs pour remplir son réseau et en amortir au plus vite le coût.

Pour sûr, le consommateur serait le grand gagnant de telles mesures. Il pourrait enfin bénéficier d’offres compétitives et variées sur un marché sclérosé depuis bien trop longtemps. Soyons clairs : il ne pourra y avoir de baisse des prix ou des innovations significatives que si l’on procède à la restauration d’une saine concurrence ! Eric Besson, Secrétaire d’Etat en charge du numérique semble l’avoir compris puisqu’il a proposé de s’inspirer de cet avis dans son plan numérique pour 2012 qu’il annoncera à la rentrée. Luc Châtel Secrétaire d’Etat en charge de la consommation quant à lui prend note et « invite le régulateur à prendre toutes les initiatives nécessaires pour que les conditions d’accès des MVNOs aux réseaux de leurs opérateurs hôtes permettent réellement l’animation de la concurrence sur ce marché ».

La voie est désormais tracée. Il ne reste donc plus aux différents acteurs qu’à assumer leurs responsabilités. Espérons, que contrairement à ce qui a été fait par le passé, il ne s’agira pas de demi-mesures. Pour une saine concurrence, la France ne peut se passer d’un nouvel opérateur de réseaux et de MVNOs forts !

Après celui de l’UFC-Que Choisir, le gouvernement doit donc entendre l’appel du Conseil de la Concurrence pour une Meilleure Venue d’un Nouvel Opérateur.

Bonnes vacances à tous.

Fibre optique – Rencontre avec Eric Besson : l’UFC-Que Choisir et le Ministre à l’unisson

Mercredi 23 avril 2008

Suite à la communication de l’UFC-Que Choisir [fr] sur ses craintes de voir émerger un monopole qui priverait le consommateur d’un vrai choix et le rendrait totalement captif, Monsieur Besson, Secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’Evaluation des politiques publiques et du Développement de l’économie numérique, interpellé par ce message, a souhaité nous rencontrer.

Lors de notre entretien, j’ai rappelé au Ministre que la course à laquelle se livrent les Fournisseurs d’Accès Internet pour installer la fibre dans les immeubles donne le sentiment, pour paraphraser l’ARCEP, que l’on est dans « le grand Far West ». C’est un peu à qui aura le plus grand territoire. Chaque opérateur agit de son côté et personne ne sait si un jour on aura une vraie concurrence et une vraie interopérabilité des systèmes.

Le meilleur à ce petit jeu est Orange qui déploie une énergie considérable pour gêner ses petits camarades. En effet, d’une part ce dernier implante ses points de mutualisation, c’est à dire le lieu où les différents FAI viendront se connecter à son réseau, en pied d’immeuble, ce qui implique pour un opérateur voulant fournir ses services de demander une autorisation pour intervenir, ce qui est long. D’autre part, Orange n’informe personne sur la localisation de ses infrastructures, ce qui ne permet pas à la concurrence de proposer ses services aux consommateurs.

Eric Besson sensible à nos arguments s’est dit convaincu que « le point de mutualisation ne peut être à l’intérieur des immeubles ». Il a même déclaré : « Le point de mutualisation doit se situer dans un lieu qui offre la même facilité d’accès à tous les opérateurs. Je serai attentif à ce que le choix du lieu de la mutualisation ne crée pas de déséquilibre entre les opérateurs ». Le Ministre a également ajouté : « Un opérateur ayant fibré un immeuble doit en informer les autres pour que ces derniers puissent, à leur tour, proposer leurs services ».

Tout cela semble aller dans le bon sens. J’espère que ces bonnes intentions ne resteront pas de vaines paroles et que Monsieur le Ministre et l’UFC-Que Choisir resteront à l’unisson !