Consommateur, si tu savais…

Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘grande surface’

Loi Bachelot : les parlementaires mettent au régime sec la lutte contre l’obésité infantile

Mercredi 11 mars 2009

obésité infantile

Dans la nuit de lundi à mardi, l’Assemblée Nationale nous a donné un spectacle désolant où le double discours permanent cachait mal les revirements de dernière minute et le renoncement à agir s’agissant de l’obésité infantile…

Faut-il ici rappeler qu’il y a un an, la Ministre de la Santé promettait des mesures fortes dans le domaine de la restauration scolaire, du marketing alimentaire des grandes surfaces et des publicités télévisées ? Un encadrement législatif des spots publicitaires à destination des enfants était promis si l’autodiscipline ne portait pas ses fruits… Mais cette mesure s’est mystérieusement évaporée lorsque que ce dossier de santé publique a été retiré des services du Ministère de la Santé pour le confier … à la Culture !

En septembre, le Parlement semblait vouloir reprendre le flambeau abandonné par le Gouvernement en présentant un volumineux rapport d’information sur la prévention de l’obésité. Ce rapport méritait bien une Loi pour la mise en musique de ses quelques 83 recommandations dont l’encadrement législatif des publicités à destination des enfants.

Hélas, en lieu et place, on a dû se contenter d’amendements –certes méritoires- raccroché sans logique apparente à un projet de loi sur l’hôpital discuté depuis des semaines à l’Assemblée. Lundi soir, pour maquiller leur manque de courage face aux lobbies, les députés ont parfaitement illustré ce qu’est le double langage. En effet, l’obésité devient une « priorité de la politique de santé publique » et pour bien nous convaincre de la réalité de cette promotion, les députés ont adopté une série de mesures aussi ambitieuses qu’un régime 0 calorie. Refusant l’encadrement législatif de la publicité télévisée à une voix près (celle de l’auteur du rapport parlementaire qui réclamait la mesure !), les parlementaires ont en revanche adopté toute une série de mesures cosmétiques. Ainsi, on pourra acheter des prunes avec les tickets restaurants … à condition de sauter un repas ! Par ailleurs, les parlementaires ont traduit dans la loi une mesure réglementaire déjà en cours à savoir l’amélioration de la qualité nutritionnelle des repas servis dans les cantines scolaires…. Enfin, la mesure emblématique votée lundi consiste à fixer des panneaux sur les ascenseurs pour nous enjoindre de prendre l’escalier ! Bref, s’agissant de la lutte contre l’obésité, les députés nous ont bien fait marcher.

Quiestlemoinscher.com : halte à la manipulation !

Jeudi 1 juin 2006

Si pendant le week-end de l’Ascension, comme il l’indique dans son blog, Michel Edouard Leclerc s’est mis « au vert », l’institutionnalisation de son comparateur quiestlemoinscher.com à la veille de ce pont m’a fait voir rouge !!!

En moulinant 3 500 références par magasin, l’indice Leclerc peut paraître effectivement plus « garni » que le panier de la ménagère que l’UFC-Que Choisir mesure régulièrement sur la base de 110 produits… Mais se targuant de relever 3 500 références dans chaque enseigne, Leclerc oublie de préciser la nature et la fréquence d’achat des produits référencés !!! En outre, si les moyens sont là, l’impartialité est-elle au rendez-vous ? En refusant de se confronter aux paniers de hard-discount, Leclerc pouvait encore espérer une chose : être le moins cher des « trop » chers ! Mais force est de constater que depuis le passage à l’euro et les enquêtes de l’UFC-Que Choisir réalisées en 2002 et publiées en mars 2003, Leclerc n’est plus, loin s’en faut, l’enseigne la moins chère de France… La dernière évolution du panier calculée par l’UFC-Que Choisir (voir le magazine Que Choisir n°434 de février 2006) a ainsi révélé qu’entre septembre 2004 et septembre 2005, Leclerc a augmenté ses prix de 1,2 % alors que d’autres enseignes les baissaient de près de 2 %. Agacé de ne plus pouvoir communiquer comme étant l’enseigne la moins chère, Michel-Edouard Leclerc a tenté une parade en sortant de son chapeau un nouvel outil… Comme dit l’adage, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Si Michel Edouard Leclerc, nous appelle à « ne pas prendre les enfants de Landerneau pour des canards sauvages », je peux lui répondre que dans ma région on m’a appris à « ne pas prendre des vessies pour des lanternes ! ».