Consommateur, si tu savais…

Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘HPST’

La transparence tarifaire se casse les dents au Sénat

Lundi 21 mars 2011

protheses

Une grande déception. C’est ce que je ressens après que les sénateurs n’aient pas tenu bon, mercredi 9 mars, face à la volonté du gouvernement de supprimer la transparence apportée par la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST) en matière de facturation des prothèses dentaires. Votée en 2009, la loi HPST obligeait les dentistes à indiquer dans leurs devis le prix d’achat des prothèses, ainsi que leur origine géographique. Une information pour le moins instructive pour le patient, puisque une prothèse dentaire coûte de 400 à 1000 euros, et qu’elle peut-être fabriquée en France comme… au Maroc ou en Chine (pour un coût et une qualité évidemment disparates) ! Les patients ont le droit d’avoir ces informations essentielles. Pourtant, le ver était dans la pomme. Les dentistes ont décidé dès le début d’avoir la peau de cette mesure, en refusant purement et simplement son application. Il y a un an, une ordonnance avait déjà supprimé l’obligation de fournir une copie de la déclaration de fabrication, qui indique l’origine de la prothèse. Avec l’appui de Xavier Bertrand, la mesure survivante (qui permettait au patient de connaître le prix d’achat de la prothèse) a été supprimée, sur amendement du sénateur Gilbert Barbier. Au motif que « si l’on impose aux dentistes de communiquer le prix d’achat des prothèses, alors il faudra bientôt le faire avec les opticiens, et au-delà avec tous les commerçants », dixit le ministre.

Dentiste/épicier, même combat, suggère donc le ministre de la Santé. Voilà qui ne sera pas pour rassurer les consommateurs ! Plus sérieusement, il ne faut pas sous-estimer les conséquences du vote des sénateurs. En refusant de maintenir la transparence sur le prix d’achat des prothèses, ils ont affiché une volonté claire de ne pas introduire plus de concurrence entre les dentistes, et de ne pas mettre de frein aux tarifs des actes de soins de prothèses !

Les patients, en particulier ceux à  revenus modestes (et notamment les cinq millions qui ne peuvent pas s’offrir une complémentaire), apprécieront à sa juste valeur cette complaisance sénatoriale très catégorielle…

Obésité : c’est ceux qui en parlent le plus…

Lundi 2 novembre 2009

obesite

… qui en font le moins ? C’est vous qui l’avez dit !

Début octobre, Nicolas Sarkozy a mis en place une commission sur la prévention de l’obésité, présidée par Anne de Danne et composée de 14 membres, mêlant régies publicitaires, professionnels de santé et experts divers. Mais le temps du débat est-il encore d’actualité ? Il est vraiment permis de se poser la question ! La loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST), votée au début de l’été, avait soulevé la question de la prévention de l’obésité, avant de la faire retomber comme un soufflé. Il y a eu aussi la mission de la députée Valérie Boyer sur l’obésité ; les annonces de Roselyne Bachelot ; un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ; j’en passe et des meilleures… La loi HPST constituait LE moment pour agir, après quelques rounds de réflexion. Pourtant, toutes les mesures proposées pour mettre en place une véritable politique de prévention de l’obésité ont été repoussées –parfois à une voix près.

Alors forcément, cette nouvelle instance me laisse songeur. Pourquoi relancer une réflexion alors que le diagnostic et le traitement nécessaire sont connus ? Ce n’est pourtant pas les idées qui manquent ! Le rapport Boyer émettait 80 propositions ; les experts de la nutrition et professionnels de santé viennent de faire 17 suggestions à la commission. Quant à l’UFC-Que Choisir, elle a élaboré plusieurs axes prioritaires : l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments transformés, l’encadrement de la publicité pendant les programmes télé pour enfants, des efforts sur l’offre alimentaire en rayon, etc.

La commission obésité aura bien peu de temps pour examiner tout cela : sa copie est attendue pour le… 15 décembre ! L’UFC-Que Choisir doit être prochainement auditionnée. Mais attention, une simple audition ne suffira pas. Les représentants des consommateurs devront faire preuve d’une grande vigilance. Espérons  que la montagne n’accouchera pas –encore– d’une souris… En attendant, je vous invite à me donner votre avis via le sondage ci-contre sur l’une des mesures défendues par l’UFC-Que Choisir.