Consommateur, si tu savais…

Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

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Location : des agences pas à louer !

Mercredi 31 août 2011

tarifssyndics

« RUE CALME, PROCHE COMMERCES, APPARTEMENT AGREABLE ET CLAIR DANS CHARMANT IMMEUBLE », le rêve d’un candidat à la location, affiché en vitrine, se résume souvent à une formule aussi sibylline qu’attractive… Mais sitôt la porte de l’agence poussée, la réalité cauchemardesque du parcours d’entrée en location rattrape le candidat : transparence aux oubliettes, quête excessive, voire abusive, de garanties, honoraires exorbitants, les agences immobilières sont bel et bien avant tout au service du bailleur !

Premier poste de dépenses des ménages, le logement, particulièrement locatif, truste également la regrettable première place des litiges traités par les 160 associations locales de l’UFC-Que Choisir… Faute de données sur les dysfonctionnements liés aux conditions d’entrée en location –le candidat, en situation de faiblesse, se résigne à accepter toutes les exigences du bailleur- les 2000 enquêteurs bénévoles de l’UFC-Que Choisir ont décidé d’auditer. A partir d’un scénario unique, ils on testé les agences immobilières, acteur clé en la matière, sur le respect de leurs obligations légales, et apprécié le service offert au candidat à la location. Le constat est sans appel : les pratiques abusives se retrouvent à tous les étages !

En se gardant de respecter l’obligation d’afficher leurs honoraires et l’étiquette énergétique du logement, information essentielle avec l’explosion des tarifs de l’énergie, en limitant la description du bien à louer aux seuls renseignements basiques (surface, adresse), les agences font la preuve que leur client est avant tout le bailleur, soucieux d’obtenir, rapidement et simplement, un locataire… enfin plus précisément, un locataire présentant un maximum de garanties s’agissant de sa solvabilité ! En effet, dans 62 % des cas, les agences n’ont pas hésité à demander à nos candidats à la location des documents strictement interdits : attestation de l’employeur, attestation du précédent bailleur, autorisation de prélèvement automatique, etc. De même, alors que la situation financière du locataire était raisonnable (il gagnait trois fois le montant du loyer), l’absence de garant a posé problème dans 28 % des cas. S’agissant de la solvabilité du locataire, c’est donc ceinture et bretelles ! Bref, les agences ne voient en tout locataire qu’un dossier à constituer mais également et, avant tout, un porte-monnaie.

Quelle ne fut pas notre surprise de constater que s’agissant des honoraires pour les locataires, les deux tiers des agences les indexaient sur le montant du loyer… Une aubaine ! En effet, les loyers du secteur privé ont augmenté de 29 % entre 2000 et 2009, et surtout une même agence peut ainsi facturer différemment la même prestation. Pour les locataires, la note est particulièrement salée : en moyenne un mois de loyer ! Faut-il ici rappeler une jurisprudence constante des tribunaux, selon laquelle le locataire ne doit à l’agence que la seule rédaction du bail ? Le prix de cette opération, essentiellement standardisée, ne saurait varier en fonction du bien acquis ou être surfacturée comme on a pu le voir dans 35 % des agences qui réclamaient de 200 à 500 euros !

L’UFC-Que Choisir entend bien profiter de la prochaine discussion du projet de loi consommation pour améliorer significativement la situation des candidats à la location et déloger enfin certaines pratiques des agences qui, disons-le, sont bien peu louables.

Home, sweet home ?

Mercredi 2 septembre 2009

desodorisant

La maison, un havre de paix contre les agressions extérieures ? On aimerait le croire, mais ça n’est malheureusement pas le cas en ce qui concerne l’air intérieur ! Et oui : il paraît que nous sommes plus exposés aux polluants dans notre logement qu’au beau milieu de la place de la Concorde à Paris ! La pollution de l’air intérieur est un fléau environnemental et sanitaire plus dramatique encore que la pollution atmosphérique ! Les produits ménagers, les désodorisants, le meuble neuf en bois aggloméré acheté le week-end dernier, les textiles, peintures… forment un cocktail de plus de 100 000 substances chimiques inhalé au quotidien, durant les 22 heures sur 24 que nous passons en intérieur (y compris dans les transports).

Il y a quelques mois, une étude de l’Observatoire national de la qualité de l’air intérieur montrait que tous les logements étudiés étaient contaminés. Avec des variantes : le dixième des habitats présentait 3 à 8 substances fortement concentrées ; mais dans près de la moitié des maisons, c’est une multitude de substances en petite quantité qui était détectée. Or, ces émanations ne sont pas inoffensives : elles sont responsables de cancers, de problèmes de fertilité et d’allergies affectant en premier lieu les plus fragiles d’entre nous : enfants, femmes enceintes, personnes âgées. Sans vouloir jouer la carte anxiogène, il s’agit quand même d’un véritable enjeu de santé publique.

Même si des gestes de bon sens s’imposent (comme une aération régulière), la question des sources doit être enfin prise à bras le corps. Or pour l’instant, ce constat ne suscite que l’indifférence des industriels comme des pouvoirs publics ! L’UFC-Que Choisir a eu beau lister les substances en question, comme récemment en pointant du doigt la colle des moquettes, les fabricants n’en ont cure, et la liste s’allonge comme un jour sans pain.

Lors du Grenelle de l’environnement, l’UFC-Que Choisir avait réclamé la mise à l’ordre du jour du problème de l’air intérieur. Et obtenu l’adoption de mesures concernant l’étiquetage des matériaux de construction et de décoration. Mais la plupart des produits de grande consommation ne sont toujours pas concernés. La balle est désormais dans le camp des parlementaires, qui devraient être saisis du projet de loi Grenelle 2 à la rentrée. C’est l’occasion rêvée d’adopter les mesures qui s’imposent : évaluation des substances dans les conditions réelles d’utilisation, interdiction des substances dangereuses, instauration d’un étiquetage clair et lisible, incitation financière pour installer dans tous les logements une ventilation à double flux… Une vraie bouffée d’air pur pour les consommateurs !

Accidents de la vie courante : à quand une mobilisation des pouvoirs publics ?

Mercredi 5 août 2009

acvc

Avec l’arrivée de l’été, les enfants ont quitté l’école, les vacances nous embarquent loin du quotidien. Oui mais voilà, cette promesse de repos et de détente est aussi synonyme, hélas, de recrudescence des accidents domestiques.

En France, les accidents de la vie courante représentent un fléau quatre fois plus meurtrier que la sécurité routière. Dommage qu’il n’ait pas fait, jusqu’ici, l’objet d’une implication gouvernementale idoine ! Alors que la route a tué près de 4500 personnes en 2008, les accidents du quotidien sont à l’origine de 20 000 décès et 4,5 millions de blessés, avec 11 millions d’accidents par an. Les pouvoirs publics restent pourtant les bras croisés tandis que l’hécatombe se poursuit. Chutes, noyades, intoxications, brûlures… ces drames touchent plus particulièrement les enfants et les personnes âgées, plus fragiles, et endeuilleront cette année encore nombre de familles.

Il suffirait pourtant d’enseigner au grand public des gestes simples et des précautions de base. Pour enrayer le désastre, les accidents de la vie courante doivent devenir Grande cause nationale (un label attribué par le Premier ministre) et faire l’objet de campagnes de communication massives. Dans les Etats du nord de l’Europe, cette politique a porté ses fruits. Les campagnes y ont permis de diviser par trois le nombre de victimes des accidents domestiques !

D’ailleurs, l’exemple hexagonal prouve la sensibilité des Français à ce type de message : la mobilisation autour de la sécurité routière n’a-t-elle pas permis d’épargner 12 000 vies entre 2002 et 2008 ? Par le passé, des campagnes de prévention avaient déjà été lancées. Souvenez-vous, en 1992 on nous alertait : « Un enfant, on ne peut pas toujours être derrière, alors prenez les devants ! » ; en 1994 : « A la maison les dangers, apprenons à les éviter ». Des efforts qui avaient porté leurs fruits ; une baisse des décès de 18 % a été observée entre 1982 et 1997. Depuis, le bilan stagne tristement autour des 20 000 morts par an. La troisième cause de mortalité en France ne semble susciter que l’indifférence générale.

Afin de s’attaquer au problème, l’UFC-Que Choisir a la première signé la Charte de prévention des accidents de la vie courante, ouverte aux associations, aux professionnels et aux collectivités locales. En parallèle, un appel ouvert à tous a été lancé pour que les accidents de la vie courante soient reconnus Grande cause nationale en 2010. Je vous invite à le signer massivement… Et en attendant, à redoubler de vigilance durant ces vacances que je vous souhaite très bonnes et reposantes… Bon été à tous et rendez-vous le 26 août!