Mardi 22 juin 2010

Les ruses des pros du marketing n’en finissent pas de m’étonner ! Le tribunal correctionnel de Créteil vient de condamner Leclerc à 150 000 euros d’amende pour publicité trompeuse, plus 5000 euros de dommages et intérêts au profit des parties civiles, dont l’UFC-Que Choisir. En cause : des catalogues diffusés à 141 millions d’exemplaires et indiquant en gras des prix nettement moins élevés que la facture présentée en caisse ! Le prix réellement payé était inscrit en plus petit. L’astuce ? La promotion n’était destinée qu’aux porteurs de carte fidélité, et tant pis pour les autres. Encore que pour les heureux bénéficiaires, la ristourne était seulement créditée sur le ticket Leclerc, forçant le client à revenir ultérieurement dans un magasin Leclerc pour dépenser son avoir !
Evidemment je me réjouis de cette condamnation, bien que les dommages et intérêts de 5000 euros me paraissent faibles au regard du préjudice subi. Quant à l’amende (150 000 euros), elle ne va pas empêcher Michel-Edouard Leclerc de dormir ! Le procureur avait pourtant requis un million d’euros… Mais pour le géant de la distribution, une telle somme risque d’être bien peu dissuasive. Avec 35 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009, cette modeste amende doit lui faire l’effet d’une piqûre de moustique et ne risque pas de brider l’imagination des publicitaires de l’enseigne ! Dommage, car il ne faut pas sous-estimer le problème. Ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est la lisibilité des prix -essentielle à la concurrence que monsieur Leclerc dit pourtant défendre avec acharnement-, et la prise en otage des consommateurs, forcés de revenir dans un magasin de l’enseigne pour dépenser leur ticket Leclerc.
La décision du tribunal de Créteil n’est pourtant pas la première du genre. En octobre 2009, Carrefour se voyait infliger une amende de 192 000 euros par le tribunal correctionnel d’Evry. En mars dernier, la même juridiction punissait Intermarché d’une amende globale de 40 000 euros. Pour une fois que ce n’est pas le consommateur qui passe à la caisse… !
Tags: amende, Carrefour, carte fidélité, catalogues, concurrence, condamnation, distribution, dommages et intérêts, Intermarché, Leclerc, marketing, parties civiles, préjudice, procureur, promotion, publicité trompeuse, ristourne, tribunal correctionnel
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Vendredi 23 avril 2010

Coup de tonnerre sur le marché des produits laitiers : Danone vient de retirer ses demandes de labellisation santé, déposées sur les bureaux de l’EFSA (l’autorité européenne de sécurité des aliments) pour ses produits Activia et Actimel. Et annonce qu’il renonce à toute allusion à un bénéfice sanitaire précis dans les publicités concernant les deux laitages. Or, les deux spécialités représentent ensemble près du quart du chiffre d’affaires du groupe ! Le motif invoqué par l’industriel français ? « Manque de visibilité dans l’application du règlement européen sur les allégations santé ». Ne s’agirait-il pas plutôt d’une grosse crainte de ne pas obtenir d’avis favorable de l’EFSA ? Depuis la mise en place du règlement, l’EFSA vérifie que les arguments santé présents sur l’emballage d’un produit sont avérés par des preuves scientifiques. Or, en 18 mois, un millier d’avis ont été rendus… négatifs pour les trois-quarts !
Le volontarisme européen tombe à pic. Depuis quelques années, les alicaments pullulent dans nos rayons. Tel yaourt, telle margarine vous promettent sans fondement une belle peau, moins de cholestérol, bref une meilleure santé. Difficile de rester insensible face à de telles promesses. Surtout quand, ruse ultime, on nous parle de la santé de nos enfants ! Parler santé aux consommateurs est devenu ces dernières années l’argument massue de l’industrie agroalimentaire. L’Union européenne a été bien avisée de mettre de l’ordre dans ce bazar hétéroclite d’allégations nutritionnelles. L’enjeu : non pas interdire un produit, mais en modifier la communication. Ainsi, Unilever ne pourra plus vous encourager à acheter ses boissons au thé Lipton pour « stimuler vos défenses antioxydantes »… Reste une question cruciale : comme ces fallacieuses allégations ont permis aux industriels de pratiquer des prix élevés, leur éviction des emballages et du marketing emportera-t-elle un amincissement des prix en rayon ?
Plutôt que de transformer nos assiettes en prétendus « institut de beauté » ou « clinique dernier cri », l’industrie agroalimentaire serait bien inspirée d’offrir aux consommateurs la seule chose qu’on lui demande : rééquilibrer l’offre alimentaire en diminuant les taux de sucre, de matières grasses ou de sel dans les aliments !
Tags: Actimel, Activia, agroalimentaire, alicaments, aliments, allégations, Danone, EFSA, labellisation, Lipton, marketing, matières grasses, nutritionnel, publicité, règlement, scientifique, sel, sucre, Unilever
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