Consommateur, si tu savais…

Le Blog d’Alain Bazot, Président de l’UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘PC’

Orange surfe sur la peur du gendarme Hadopi

Lundi 5 juillet 2010

zelnik

Certains opérateurs ont, semble-t-il, vu dans la loi Hadopi un moyen facile de gonfler leur chiffre d’affaires. Orange a donc lancé, courant juin, une option « contrôle de téléchargement » pour la modique somme de deux euros par mois (sans engagement : ouf !). Cette brillante invention consiste en un logiciel de sécurisation de votre PC, permettant d’empêcher toute action de téléchargement illégal en peer to peer. Le logiciel a d’ailleurs été présenté en premier lieu comme une réponse à une obligation d’Hadopi, avant que l’opérateur ne se rétracte. Heureusement qu’Orange est là pour apaiser les angoisses des internautes… Au passage, je trouve assez amusant que ce logiciel sorte deux mois après l’entrée en fonction de Christine Albanel, nouvelle directrice de la communication d’Orange et ex-ministre en charge de la promotion du dispositif Hadopi.

Mais après examen, le tout jeune « contrôle de téléchargement » consiste en un simple logiciel qui bloque eMule, BitTorrent et compagnie. Et ne protège que les ordinateurs (…sous Windows, tant pis pour les autres !) et pas l’adresse IP, dont l’utilisation frauduleuse a pourtant fait couler beaucoup d’encre durant les débats sur Hadopi. Déjà, l’histoire commençait mal pour le dernier-né d’Orange. Pas de chance : les cracks de l’informatique n’ont pas tardé, en plus, à lui découvrir plusieurs malformations, notamment liées à la sécurité du logiciel. Après seulement quelques jours, Orange s’est vu obligé, la mort dans l’âme sans doute, de suspendre la commercialisation de cette option payante, par « principe de précaution ». Le constat que, dans l’intervalle, seuls une vingtaine d’internautes avaient adopté le logiciel, a sûrement facilité cette décision. Je vous demande une minute de silence à la mémoire du « contrôle de téléchargement ». Le chagrin des internautes sera sans doute accru par l’annonce d’Orange qu’on ne l’y reprendrait plus…

Navigateurs : Windows ouvrira-t-il enfin la porte à la concurrence ?

Vendredi 6 novembre 2009

navigateurs

Peut mieux faire ! C’est l’appréciation que je donne à Microsoft suite aux propositions faites par le géant américain pour restaurer un peu de concurrence dans le domaine des navigateurs internet. En liant, depuis des années, son navigateur Internet Explorer à ses systèmes d’exploitation Windows, Microsoft a fini par s’attirer les foudres de la Commission européenne. Début 2009, l’exécutif européen a communiqué ses griefs à la firme : ces pratiques portent préjudice à la concurrence entre les différents navigateurs web du marché, compromettant l’innovation en matière de produits et limitant, au final, le choix des consommateurs. Car grâce à cette vente liée, véritable arme de destruction massive de la concurrence, Internet Explorer équipe aujourd’hui 90 % des PC dans le monde !

Mais, pas folle la guêpe, les pistes avancées par Microsoft ne feraient que décoiffer à peine (et encore !) son monopole. Après d’âpres négociations, l’intéressé a accepté que les utilisateurs aient le choix du navigateur lors de la première installation de Windows via le « ballot screen », une fenêtre à choix multiple proposant des alternatives à Internet Explorer : Firefox, Opera, Chrome… Certes, mais le « ballot screen » s’ouvrirait dans le navigateur… Internet Explorer, ce qui risque d’influencer considérablement l’utilisateur, souvent pressé ! Pourquoi changer une équipe qui gagne ? De plus, l’internaute pourrait repousser à volonté son arbitrage ; rien ne le contraint donc à chercher les informations nécessaires à une utilisation optimale de sa machine ! Et surtout, le choix n’est proposé qu’au cours des mises à jour.

Sur les machines neuves, il devrait au contraire être imposé lors du tout premier démarrage, dans une fenêtre indépendante et non estampillée Internet Explorer afin de ne pas influencer le consommateur peu averti. Sur votre vieux PC, la sélection du navigateur pourrait s’effectuer via une mise à jour, mais avec une condition sine qua non : que l’utilisateur soit contraint de prendre une décision dans les jours suivants. Malheureusement, Microsoft ne semble pas mûr pour une telle révolution ! Le motif invoqué est d’une originalité folle : trop cher, trop long à réaliser.

Consommateurs et opérateurs du marché ont jusqu’à samedi pour donner leur avis sur les pistes avancées. Espérons que la Commission les écoutera, et ouvrira grand la porte à la concurrence.