Mercredi 15 décembre 2010

Consternants ! Les résultats que vient de dévoiler l’UFC-Que Choisir sur l’alimentation des plus jeunes sont édifiants. Un an et demi après l’échec de la loi de réforme de l’hôpital, au cours de laquelle nous avons demandé –en vain– l’insertion de mesures visant à lutter contre l’obésité infantile, nos associations locales ont cherché à savoir quels goûters se trouvent dans les cartables de nos enfants. Elles n’ont pas été déçues… 76 % des aliments apportés à l’école sont trop gras ou trop sucrés : il s’agit de confiseries pour un tiers d’entre eux, de viennoiseries et de gâteaux (un quart) ou de biscuits gras ou sucrés (16 %).
Alors que l’obésité infantile touche près d’un enfant sur six en France, l’enquête démontre que les produits déséquilibrés ont toujours la cote au petit-déjeuner et au goûter. Logique : dans les placards et les frigos, la proportion de produits gras et sucrés consommés au petit-déj progresse de 17 % par rapport à 2006, pour représenter désormais 55 % de l’ensemble des produits relevés ; c’est pire à l’heure du goûter, où les aliments déséquilibrés bondissent de 25 % pour atteindre 64 % de l’ensemble. Or les enfants dont l’alimentation est la plus déséquilibrée sont, comme par hasard, ceux qui regardent le plus les pubs ! Et les spots pour les aliments gras et sucrés constituent aujourd’hui 80 % des publicités alimentaires diffusées durant les programmes pour enfants… et même 93 % durant les écrans « tous publics », regardés par un nombre d’enfants bien supérieur !
Le cynisme de l’industrie agroalimentaire n’aurait-il plus de limites ? Début 2009 pourtant, afin de s’épargner une réglementation contraignante, la profession avait signé une charte par laquelle elle s’engageait à modérer son impact publicitaire sur les enfants. L’UFC-Que Choisir fait aujourd’hui la preuve que le harcèlement nutritionnel des plus jeunes s’est aggravé. Puisque la parole de l’industrie ne suffit pas, il faudra bien se résoudre à légiférer !
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Mardi 25 mai 2010

Suite au rapport remis par Anne de Danne, Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi un plan triennal de lutte contre l’obésité. Dans l’ensemble, les mesures sont tout à fait louables et prennent en compte le caractère multifactoriel de l’obésité : amélioration de l’alimentation scolaire et collective, encouragement de l’activité physique à l’école, dépistage et prise en charge de l’obésité infantile, lutte contre la discrimination des personnes concernées… Mais l’Elysée a totalement occulté les aspects consuméristes ! Rien sur les profils nutritionnels (des recettes moins grasses, moins sucrées, moins salées) ; le chef de l’Etat semble s’en tenir aux engagements volontaires pris par la filière. Or, alors que les enfants consomment actuellement de l’ordre de 100g de sucres par jour en moyenne (bien plus que les apports journaliers recommandés par l’OMS), les promesses des industriels feraient baisser ce chiffre de… seulement 1g ! Ridicule. Autre point faible du plan annoncé par le Président de la République : le marketing alimentaire. Le harcèlement nutritionnel reste massif durant les heures de grande écoute des enfants où se concentrent les spots pour les sodas, confiseries et fast-foods… L’Elysée ne semble pas décidé à mettre au régime la pression publicitaire !
Et puis, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy restent très vagues. Rien n’est dit des modalités de réalisation effective de ces propositions ! Ainsi, comment sera mesurée la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants? Comment sera financée la prise en charge des personnes souffrant d’obésité ? On n’en sait rien ! Ce flou laisse planer de sérieux doutes sur une réelle volonté d’agir. Signe que tout ceci n’est pas la priorité des pouvoirs publics : les annonces de vendredi ont été faites par le biais d’un simple communiqué de presse… On est loin de la gesticulation médiatique autour de l’accord sur les marges. D’ailleurs, le gouvernement a-t-il les moyens de ses ambitions ? En ces temps de crise et de restriction budgétaire, les sommes allouées à la lutte contre l’obésité risquent, hélas, d’être bien maigres !
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Vendredi 23 avril 2010

Coup de tonnerre sur le marché des produits laitiers : Danone vient de retirer ses demandes de labellisation santé, déposées sur les bureaux de l’EFSA (l’autorité européenne de sécurité des aliments) pour ses produits Activia et Actimel. Et annonce qu’il renonce à toute allusion à un bénéfice sanitaire précis dans les publicités concernant les deux laitages. Or, les deux spécialités représentent ensemble près du quart du chiffre d’affaires du groupe ! Le motif invoqué par l’industriel français ? « Manque de visibilité dans l’application du règlement européen sur les allégations santé ». Ne s’agirait-il pas plutôt d’une grosse crainte de ne pas obtenir d’avis favorable de l’EFSA ? Depuis la mise en place du règlement, l’EFSA vérifie que les arguments santé présents sur l’emballage d’un produit sont avérés par des preuves scientifiques. Or, en 18 mois, un millier d’avis ont été rendus… négatifs pour les trois-quarts !
Le volontarisme européen tombe à pic. Depuis quelques années, les alicaments pullulent dans nos rayons. Tel yaourt, telle margarine vous promettent sans fondement une belle peau, moins de cholestérol, bref une meilleure santé. Difficile de rester insensible face à de telles promesses. Surtout quand, ruse ultime, on nous parle de la santé de nos enfants ! Parler santé aux consommateurs est devenu ces dernières années l’argument massue de l’industrie agroalimentaire. L’Union européenne a été bien avisée de mettre de l’ordre dans ce bazar hétéroclite d’allégations nutritionnelles. L’enjeu : non pas interdire un produit, mais en modifier la communication. Ainsi, Unilever ne pourra plus vous encourager à acheter ses boissons au thé Lipton pour « stimuler vos défenses antioxydantes »… Reste une question cruciale : comme ces fallacieuses allégations ont permis aux industriels de pratiquer des prix élevés, leur éviction des emballages et du marketing emportera-t-elle un amincissement des prix en rayon ?
Plutôt que de transformer nos assiettes en prétendus « institut de beauté » ou « clinique dernier cri », l’industrie agroalimentaire serait bien inspirée d’offrir aux consommateurs la seule chose qu’on lui demande : rééquilibrer l’offre alimentaire en diminuant les taux de sucre, de matières grasses ou de sel dans les aliments !
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