4ème licence : l’UFC-Que Choisir ne vole pas au secours de Free mais des consommateurs !
Lundi 6 août 2007
Après avoir lancé mardi dernier un appel à Christine LAGARDE afin qu’elle favorise autant que possible l’attribution de la 4ème licence 3G, condition indispensable au bon fonctionnement du marché de la téléphonie mobile, quelle ne fut pas ma surprise de lire dans quelques quotidiens que l’UFC-Que Choisir volait « au secours de Free » ! Voilà un raccourci qui, comme souvent, est totalement infondé. Rappelons les faits : l’appel à candidature pour l’attribution de la 4ème licence, lancé le 8 Mars 2007 par l’ancien Ministre délégué à l’Industrie, n’a reçu, compte tenu des conditions particulièrement strictes pesant sur les pétitionnaires, qu’une seule soumission, celle de Free, et encore, celle-ci repose sur une série de conditions (prix, étalement des paiements et assouplissement des conditions techniques)… L’UFC-Que Choisir qui dénonce depuis des années le manque de concurrence dans le secteur de téléphonie mobile et appelle de ses vœux un nouvel opérateur mobile pour la redynamiser ne pouvait se satisfaire du caractère infructueux de cet appel d’offres… Elle a donc décidé de voler au secours, non pas de Free, mais de la 4ème licence, et à travers elle des consommateurs !
L’arrivée d’un quatrième opérateur de réseau, en restaurant une saine concurrence, pourrait redynamiser, à l’horizon 2011, un marché sclérosé et mettre à disposition des consommateurs des offres innovantes et à des prix compétitifs.
Compte tenu de la décision du 11 juillet 2007 du Conseil d’Etat rejetant au nom du principe d’égalité une demande de nouvel appel à candidature, et de la rigidité du gouvernement quant aux conditions pesant sur les pétitionnaires, l’UFC-Que Choisir ne pouvait demander à la Ministre de relancer un appel d’offres sur la base de conditions plus favorables. Pour autant, refusant que les consommateurs soient privés de l’entrée d’un nouvel opérateur sur le marché, j’ai décidé d’intervenir auprès de Madame LAGARDE, non par pour appuyer la demande de Free, mais pour lui rappeler que le principe d’égalité qu’elle invoque pour justifier le maintien de conditions restrictives à l’attribution de la 4ème licence ne peut emporter l’adhésion.
En effet, une réelle égalité passerait justement par un aménagement des conditions d’obtention de cette licence dans la mesure où les opérateurs en place ont déjà bénéficié de certains avantages (une licence GSM à faible coût ; une terminaison d’appel jadis très élevée qui a permis, avec les appels fixe mobile, de financer la construction de leur réseau 2G ; une souplesse dans le respect des conditions d’attribution des trois premières licences 3G -une ristourne sur le prix des licences 3G de 4,95 milliards et rallongement des délais de l’obligation de couverture pour Bouygues Telecom-). De plus, comme le souligne le document joint, les trois opérateurs existants bénéficient, sur un marché mature, d’une position leur permettant de riposter à toute nouvelle entrée, voire à exclure prématurément du marché tout challenger. Enfin, j’ai souligné qu’un aménagement provisoire des conditions d’accès du nouvel entrant au marché lui permettrait de proposer plus rapidement aux consommateurs ses nouveaux services. En effet, le nouvel entrant pourrait ainsi déployer son réseau plus rapidement et dégager les moyens de financements nécessaires à l’obligation de couverture de la population, qui doit être de 20%, 2 ans après l’obtention de la licence.
La démarche de l’UFC-Que Choisir n’était donc aucunement destinée à favoriser Iliad, maison mère de Free, mais comme toujours d’interpeller les pouvoirs publics pour faire entendre la voix des consommateurs. Pour l’UFC-Que Choisir, l’Iliad n’est pas l’essentiel, c’est l’odyssée des droits et intérêts des consommateurs qui importe.




