Roaming, roaming : roaming on the boarder…
Vendredi 23 février 2007
L’Europe des citoyens s’arrêterait-elle aux frontières nationales ? Au vu des prix des communications des consommateurs en déplacement en Europe, on peut se poser la question… En effet, alors que le prix d’un appel en roaming (c’est-à-dire passé depuis l’étranger) est proche du coût d’un appel national, les opérateurs facturent celui-ci jusqu’à 5 fois son prix. Un Français, séjournant en Italie, et un Italien appelant tous les deux un ami à Naples ne paieront donc pas le même prix alors même que le coût de l’appel est proche. L’Europe des télécommunications est encore loin… à moins que les députés européens ne profitent de la discussion du Règlement sur l’Itinérance internationale pour prévoir un plafonnement des prix de détail du roaming vraiment profitable aux consommateurs. L’enquête réalisée à partir des factures de téléphone portable des parlementaires européens les y incitera peut-être…
Décidée à faire prendre conscience aux députés européens, dont la mobilité est intrinsèquement liée à l’activité, de l’ampleur du coût du roaming, l’UFC-Que Choisir a mené une enquête à partir de leurs factures de téléphone portable. Si comme le propose la Commission européenne dans le Règlement sur l’itinérance internationale, les prix de détail du roaming (international et local) n’excédaient pas 0,47 euros TTC, l’économie globale pour les 785 élus européens s’élèverait à 816 000 euros par an. Si comme le propose l’UFC-Que Choisir et les autres associations européennes les prix de détail en roaming international n’excédaient pas 0,32 € TTC et 0,29 € TTC en roaming local, le gain pour les parlementaires s’élèverait à 908 000 euros par an. L’économie pour les consommateurs européens (grand public et entreprises) serait quant à elle de 3,5 milliards d’euros par an.
N’en déplaise aux opérateurs de téléphonique mobile qui se livrent à un intense lobbying contre toute réforme, quelle que soit l’importance de cette baisse des prix de détails, le plafonnement à 0,32 € leur permettrait de dégager encore des marges entre 145 et 172 %. En outre, l’augmentation des volumes de consommation depuis l’étranger que pourrait provoquer une telle baisse des prix viendra compenser partiellement la baisse de leurs revenus. La position du ministre délégué à l’Industrie prônant une baisse moins forte que celle prévue par la Commission européenne en insistant sur la nécessité de ne pas « déstabiliser l’économie » des opérateurs mobiles, ne peut donc que laisser sans voix tant elle est dénuée de fondement !
Comme l’Europe ne prévoit pas un ticket de métro surtaxé pour les touristes étrangers venant profiter des charmes parisiens, elle ne devrait pas admettre une surtaxation des appels passés par les citoyens européens en déplacement sur le continent. Souhaitons que les parlementaires européens consacre cette Europe des télécommunications avec une réforme simple comme un coup de fil !



