Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘vie privée’

Orange… ô sombre clause de l’amer !

Lundi 27 février 2012

neutralite-reseaux

Une courriel lancé à sa mer d’abonnés par Orange et la vague web s’agita : les conditions générales d’Orange lui permettraient-elles de scruter le surf Internet de ses abonnés ?

En effet, un flot de clients a récemment été informé au détour d’un e-mail qu’Orange s’autorisait « à utiliser les données relatives à (leur) trafic afin de pouvoir proposer les produits ou services de France Telecom pouvant répondre à (leurs) besoins ». Vérification faite, cette clause est présente de longue date dans les contrats d’Orange… Mais ce qui change aujourd’hui et qui explique le tsunami d’amertume des abonnés, c’est qu’Orange, via son service Orange Préférences, maîtrise désormais la redoutable technique d’inspection en profondeur des paquets de données, ou « Deep Packet Inspection », et c’est là que le bât blesse…

Proposée en option sur la base du volontariat, cette méthode consiste à analyser les flux de données Internet du consommateur afin de mieux cibler son trafic. Pour Orange, cela revient à surveiller votre navigation Internet à la trace pour connaître vos centres d’intérêt et ne vous proposer que la publicité qui vous intéresse. Entre cette nouvelle méthode optionnelle et la clause générale dénoncée, la frontière est mince et Orange semble nager en eaux troubles… A vouloir se plonger dans les flux, Orange risque bien de boire la tasse !

Le porte-parole d’Orange admet d’ailleurs que le concept de « données relatives au trafic peut porter à confusion, les termes ne sont pas clairs ». Mais Orange réfute toucher le fond : il s’agirait uniquement de connaître les données relatives à la facturation et aux usages afin de proposer aux clients l’offre la plus adaptée… Refusant que l’ambiguïté, et avec elle tout risque d’intrusion dans la vie privée de ses abonnés, demeure, j’ai demandé par courrier à Orange de changer de cap et de modifier ses conditions générales afin de permettre aux consommateurs de continuer à surfer en paix… Alors, Orange, ça farte ?

La vie privée, un concept dépassé !

Vendredi 22 janvier 2010

facebook

Voilà quelques temps que Facebook, le réseau social le plus célèbre au monde (avec la bagatelle de 350 millions d’inscrits) fait polémique auprès des internautes. En cause : les atteintes à la vie privée engendrées par les nouveaux paramétrages de Facebook. Désormais, votre nom, votre photo de profil, sexe, ville de résidence, liste d’amis et pages dont vous êtes fan sont des données publiques. N’importe qui peut les rechercher et les consulter.

Cette petite révolution avait donné des doutes à nombre d’utilisateurs. Mais le doute n’est plus permis : Mark Zuckerberg, le fondateur du site, a donné il y a quelques jours une réponse on ne peut plus claire aux questions : oui, la protection de la vie privée est un concept dépassé ! A l’occasion d’une conférence, le tout jeune (25 ans) PDG de Facebook a asséné : « Les gens sont à l’aise, non seulement avec le fait de partager plus d’informations différentes, mais ils sont également plus ouverts, et à plus de personnes. La norme sociale a évolué ces dernières années. »

Les blogs, le succès de Twitter et Facebook le prouvent : maintenant, tout le monde se fiche éperdument de sa vie privée ! Puisqu’on vous le dit… Le problème c’est qu’on a la nette impression que Facebook impose une nouvelle norme, plutôt qu’il ne l’accompagne. Or, la firme avait tout intérêt à une telle réforme : en rendant publiques davantage d’informations, elle multiplie de façon exponentielle le nombre de pages lues, donc le montant des recettes publicitaires !

Dans ces conditions, une décision s’impose : Dédé ça-va-couper, le héraut de l’offensive anti-Hadopi, a le regret de vous annoncer son départ de Facebook. Comme moi, comme beaucoup d’entre vous, Dédé a sa pudeur, et entend garder pour lui et ses amis ses informations personnelles. Dans la mesure où Facebook ne lui offre plus cette possibilité, il s’en va ! Et tant pis si certains trouvent ça ringard…