Dénigrement des génériques par les labos : la pilule ne passe pas pour l’Autorité de la Concurrence !
Mercredi 15 mai 2013
Après les autorités de santé, c’est le gendarme de la concurrence qui défend les génériques. L’Autorité a en effet condamné Sanofi-Aventis pour avoir « dénigré » les génériques du Plavix. De septembre 2009 à janvier 2010, le laboratoire a conduit une campagne de dénigrement des génériques concurrents du Plavix, l’une de ses poules aux œufs d’or. Jouant d’ambiguïtés, le groupe pharmaceutique a cherché à accréditer l’idée que les concurrents du Plavix étaient moins efficaces, et mettaient donc en danger la vie des patients. Sans s’embarrasser, naturellement, d’en apporter la preuve scientifique ! Conséquence? Un surcoût pour l’Assurance maladie estimé, excusez du peu, à 38 millions d’euros pour la seule période de janvier 2010 à août 2011 ! Espérons que la décision aidera à mettre un coup d’arrêt aux politiques, aujourd’hui trop systématiques, de dénigrement des génériques.
Mais ce qui m’a le plus frappé dans l’avis de l’Autorité, c’est la description méticuleuse et documentée des moyens mis en œuvre par les laboratoires pour parvenir à leurs fins. Plus encore que la défense des génériques, c’est bel et bien la désinformation des médecins que pointe l’Autorité. Elle met en évidence le rôle joué par les visiteurs médicaux de l’industrie pharmaceutique, et plus largement par l’information biaisée dont celle-ci abreuve les médecins. L’UFC-Que Choisir a établi les tristes conséquences de ce bombardement promotionnel : risques pour la santé des Français, surcoûts massifs pour les finances publiques.
Souhaitons donc que cette mise au jour des pratiques insidieuses des labos soit l’occasion pour les pouvoirs publics de se remémorer l’une de nos propositions : la création d’un corps de visiteurs médicaux publics, placés sous l’égide de la Haute Autorité de Santé et chargés de contrer le discours biaisé des fabricants de médicaments… Avec cette décision, l’UFC-Que Choisir entend donc inviter les parlementaires à prescrire (enfin !) cette réforme.

