Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Pub et médicaments, les liaisons dangereuses

medicaments

Stupeur et consternation à la lecture d’un projet de décret d’application de la loi sur le médicament. Ce texte prévoit que les logiciels d’aide à la dispensation de médicaments (utilisés par les pharmaciens) puissent diffuser de la publicité « à caractère informatif et de conseil » sur les médicaments et dispositifs médicaux. Je laisse à votre appréciation cette notion de « caractère informatif et de conseil » qui personnellement me laisse pour le moins sceptique. Le décret prévoit, en l’état, que cette publicité potentielle ne fera pas obstacle à la certification du logiciel par la Haute autorité de santé !

Je m’associe au Collectif Europe et médicament qui s’émeut de ces dangereuses interactions : les pubs risquent d’inciter les personnels de pharmacies (qui sont aussi des commerçants) à proposer des médicaments « de conseil » qui s’ajouteront aux médicaments délivrés sur prescription, engendrant risques de surmédication et effets indésirables supplémentaires. Quand on sait que les effets indésirables sont à l’origine de 5 % des hospitalisations, il y a de quoi trembler ! J’invite la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à prendre position clairement contre cette mesure.

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  1. Le 5 décembre 2013 à 10:54, par Mélanie

    OK avec ce text drAlain bazot.

  2. Le 5 décembre 2013 à 20:15, par Chantal

    Mais qui donc à encore confiance en ce gouvernement de potaches ? Pas moi, et surtout pas Marisol Touraine !!

    Quant aux médicaments, vous voulez que je vous dise… : Je suis allée chez le médecin il y a une huitaine de jours. Je suis sous antibiotique et j’ai des anti-inflammatoires. Evidemment, j’ai eu des génériques. Génial !! Noms différents, boites de dimensions strictement identiques si ce n’est le nom, prix plus élevés que les originaux. Belle économie pour la Sécurité Sociale !!
    Le pire, ou le mieux (au choix) c’est que les noms ne correspondants pas à l’ordonnance, les formats étant les mêmes, durant les 2 premiers jours, j’ai pris les anti-inflammatoires au lieu des antibiotiques !! Heureusement que mon mari était là, et qu’il téléphoné au médecin.

    Alors de la pub, que vous dire ! N’avez-vous donc pas remarquer qu’il y en a ENCORE à la télévision ? Je ne l’allume pas souvent, mais j’en ai été frappée !

  3. Le 6 décembre 2013 à 22:26, par Chantal

    Je n’ai pas trouvé de billet concernant le DOSSIER MEDICAL INFORMATISE, je mets donc l’information ici.

    Entre 2005 et 2011, la mise en oeuvre du DMP a coûté la modeste somme de 210 millions d’euros.
    Sur les 405 000 dossiers ouverts à ce jour, 71 % des DMP existants seraient… vides, quand les autres ne contiendraient qu’un seul document de type radiographie ou bilan sanguin.
    Quant à la société ATOS, elle aurait déjà touché 28 millions d’euros depuis 2010.
    http://pro.01net.com/editorial/609626/fiasco-du-dossier-medical-informatise-le-canard-enchaine-presente-la-note/

    J’espère que tout le monde connait ATOS, dont le PDG est…. Mr Thierry Breton. Oui, notre ancien ministre de l’économie et du commerce.
    ATOS, c’est aussi les compteurs LINKY.

    On peut dire qu’en matière d’économie et de commerce, Mr Breton s’y connait, surtout lorsqu’il s’agit de sa propre entreprise.

  4. Le 8 décembre 2013 à 12:46, par marigot

    Le mélange des genres n’apporte rien aux consommateurs, si certains pharmaciens se contenteront de faire correctement leur métier, il y en aura bien d’autres qui le feront moins bien… et c’est toujours ceux-ci qui primeront car contrairement aux premiers, leur crédo est de faire du profit et non de soigner ou d’assister le patient pour le premier et le client pour les seconds. Et finalement les requins finiront par dévorer ceux qui ne se battent pas mais font avec conscience leur métier et meurent petit à petit… c’est la dure loi de l’économie sur laquelle est tristement basée notre fonctionnement sociétal que l’Etat devrait réguler au lieu d’accorder de plus en plus de pouvoirs à ceux dont nous dépendons, jusqu’au jour le point de non retour sera impossible, jusqu’au jour où nous entendrons « si j’avais su » ou « c’est la faute du précédent », mais la victime sera toujours la même, le consommateur et souvent les plus modestes d’entre eux.

  5. Le 10 décembre 2013 à 15:23, par Chantal

    Entendu dernièrement à la télévision : les 2 principaux commerçants qui gagnent le plus : les pharmaciens et les buralistes !!
    Si vous n’avez pas vu l’émission d’hier soir sur France 3, concernant la vaccination et les antibiotiques, je vous la conseille.
    http://pluzz.francetv.fr/videos/tout_peut_changer_,93263894.html

    J’ai beaucoup apprécié les prises de parole de Michèle Rivasi et du Docteur Dominique Dupagne.

    Notre médecin a absolument voulu vacciner mon mari contre la grippe, car l’hiver dernier « il aurait eu 5 jeunes morts de grippe. » J’ai des doutes et me demande s’il ne touche pas la prime à la performance.

  6. Le 10 décembre 2013 à 23:30, par Chantal

    La Suisse n’entend pas autoriser l’Avastin pour traiter la cécité :
    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/5370202-la-suisse-n-entend-pas-autoriser-l-avastin-pour-traiter-la-cecite.html

    Coup de force de Pierre-Yves Maillard, ministre vaudois de la santé, en faveur de l’Avastin :
    http://www.rts.ch/info/revue-de-presse/3252385-coup-de-force-de-maillard-en-faveur-de-l-avastin.html
    C’était en 2011, et il s’est fait tapé sur les doigts par les Autorités Fédérales.

    Avastin/Lucentis : face à la Cour de justice européenne qui déboute Novartis, le silence de Marisol Touraine devient assourdissant !
    http://pratiques.fr/Avastin-R-Lucentis-R-face-a-la.html

    Madame Touraine ne cacherait-elle pas un lien d’intérêt ?
    A quand un Pierre-Yves Maillard en France ?

    Il me semble qu’il va falloir une sérieuse levée de boucliers si l’on veut sauver la Sécurité Sociale française. Mais, comme d’habitude, personne ne bouge et le silence règne…..

  7. Le 11 décembre 2013 à 14:28, par marigot

    Après lecture des liens fournis par Chantal, je résume qu’il n’est pas politiquement correct d’écrire ou de dire qu’un laboratoire exagère, que le déficit de la sécu lui est en grande partie imputée et que tous ceux qui l’affirmeront seront probablement inquiétés par celui qui aura les moyens financiers de faire taire…

  8. Le 13 décembre 2013 à 15:34, par Chantal

    @ marigot : Il ne faut pas avoir peur de le dire. J’ai moi-même rencontré le PDG de Sanofi en janvier 2008, et je ne me suis pas gênée pour dire ce que je pensais. Mais il s’arrêtait de parler chaque fois que le journaliste revenait vers lui.
    Voici une vidéo que je garde secrètement, mais je l’ai enregistrée :
    http://www.youtube.com/watch?v=IOx–TyYLRg
    L’industrie pharmaceutique est reine en France, on lui déroule un tapis rouge. Savez-vous que lorsque les dirigeants de labos se retrouvent avec nos élus, ils se tutoient, s’embrassent s’il s’agit d’une femme, s’appellent par leur prénom. Ils sortent de la même école, comme les patrons de banques, et autres grandes pointures.
    Mais ils ne peuvent pas manipuler tout le monde :
    http://www.agoravox.fr/auteur/pharmaleaks
    J’entendais encore hier soir, que les génériques du Plavix sont plus chers que l’original. Où sont les économies de santé ? Les gouvernements qui se suivent ne font pas leur travail, et il y a beaucoup de grands médecins au seing des gouvernements….. tous ces élus qui conservent leur place à vie.

  9. Le 14 décembre 2013 à 14:36, par Chantal

    @ marigot : En ce qui concerne la Sécurité Sociale, nombreux sont ceux qui en profitent très très largement, et ces faits ne sont pas suffisamment soulignés selon moi.
    – Escroquerie de 400 000 euros par un médecin :
    http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/escroquerie-a-la-secu-le-medecin-surfacturait-des-personnes-8320696.html
    Il y a eu également de très nombreuses infirmières libérales, des dentistes qui se sont servis largement.
    J’aimerais pouvoir contrôler les comptes de la Sécu, et voir si cet argent est revenu dans les caisses, du moins en partie, par la saisie et vente des biens immobiliers achetés, véhicules de luxe, etc….

  10. Le 3 janvier 2014 à 19:37, par Jeune pharmacien

    En tant que jeune pharmacien,

    Je suis bien d’accord avec vous sur cette notion douteuse de « caractère informatif et de conseil ». Je n’apprécie guère me faire « proposer » quelque chose par un logiciel informatique.

    Après 6 ans d’études sur le médicament et vu la responsabilité de mon travail(je vous le rappelle, je ne délivre pas des bonbons mais des médicaments qui peuvent être des substances vénéneuses au sens législatif et ceci peut justifier un salaire juste aux vues de cette responsabilité), j’estime avoir la liberté de choisir de faire un conseil complémentaire ou non sans qu’un logiciel viennent faire irruption dans mon acte de délivrance.

    Mon choix de faire un conseil complémentaire dépendra de l’état de santé du patient, de ces antécédents, de son ordonnance et du temps que la personne voudra bien accorder à sa santé.

    Ce conseil complémentaire sera alors un conseil d’hygiène (qui fait partie du rôle du pharmacien, comme il est précisé plusieurs fois dans le code de la santé publique, et qui est un des 1ers actes de prévention) et/ou médicamenteux si je juge que l’état du patient le nécessite.

    Mais cette dérive de nos fournisseurs de logiciel, suit la même logique que le souhait des grandes surfaces d’élargir les produits qu’elles peuvent vendre.
    Et lorsque que votre revue défend la libéralisation encadrée de l’automédication, elle défend un système libéral dont le bénéficiaire ne sera pas le citoyen (car comme vous l’avez écrit, les prix vont de 1 à 4 dans les officines, donc c’est un secteur qui ne souffre pas de la concurrence !) mais les grands patrons des grandes surfaces (et pas leurs employés !)

    Les grandes surfaces ont déjà asphyxié les petits commerces indépendants de quartier (pour nous ouvrir des commerces de quartier à leurs enseignes avec des prix élevés au final). Et votre revue va maintenant les soutenir pour asphyxier une profession indépendante également.

    Je trouve que vous manquez là de cohérence, de discernement et d’information (que savez-vous de ces 7% de chiffre de d’affaire que représente l’automédication dans ces très petites entreprises indépendantes que sont les pharmacies de ville ?).

    Alors pour ne pas me laisser manger par les requins, je vous écris ces quelques lignes et reste ouvert à la discussion.

  11. Le 6 janvier 2014 à 18:45, par Chantal

    @ Jeune pharmacien : Ce n’est pas moi que vous allez rencontrer dans un supermarché. Je n’y mets plus les pieds.
    D’autre part, j’estime les produits pharmaceutiques n’ont pas leur place dans de telles structures. Chacun son boulot !!
    Allez au supermarché nécessite, le plus souvent, de prendre la bagnole, et après on nous fait des discours sur la pollution de l’air…..avec amende à l’appui !!
    Même si j’ai eu des problèmes avec un pharmacien de mon quartier, que j’ai longtemps « fréquenté », je préfère m’adresser à un professionnel qui me connait parfaitement, plutôt qu’à quelqu’un perdu entre les couches pour bébés et les petits pots.
    Surtout, lorsque l’on connait les problèmes de dépendance, dont les français sont si friands.
    Mésusage, abus et dépendance à des médicaments disponibles sans ordonnance :
    http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/mesusage-abus-et-dependance-a-des-medicaments-disponibles-sans-ordonnance
    Merci Madame Bachelot !!

    Mais, je ne perds pas de vue qu’un commerçant, comme son nom l’indique, fait avant tout du commerce. Et, bien placées sont les grandes enseignes, mais aussi tous les petits commerçants.

  12. Le 11 mars 2015 à 17:02, par Lilith

    On m’a remis ce matin (11 mars 2015), à la pharmacie que je fréquente, un dépliant publicitaire « 2+1 » (autrement dit : deux produits achetés, un gratuit) du type que celui que diffusent régulièrement les grandes surfaces.

    Étonnant, n’est-ce pas ? les pharmaciens s’opposent à le vente de parapharmacie dans les grandes surfaces alors qu’eux-mêmes adoptent les mêmes méthodes de vente qu’elles !

    P.S. Je tiens une copie à votre disposition : je n’ai pas trouvé la façon de la joindre à mon mail.

  13. Le 13 mars 2015 à 20:11, par Jeune pharmacien

    Et oui, malheureusement, certains pharmaciens utilisent ces méthodes pour se faire connaître.
    Mais s’ils les utilisent, c’est que cela répond une demande !

    La première question que l’on me pose au comptoir est : combien cela coûte ?

    Si les usagers français veulent de la compétence, il faut qu’il le fasse savoir et fasse le choix entre
    « pas cher » et je consomme sans comprendre des produits de santé
    et
    ce conseil a u coût, qui prend en compte le temps que le pharmacien à passer avec moi à m’écouter à me faire des conseils d’hygiène de vie.

    Cela dépend aussi de notre formation. Cela fait seulement 2 ou 3 ans, que nous avons des cours de communication dans notre formation initiale. Entre analyser une ordonnance et expliquer que l’on analyse et décrire cette analyse, expliquer et décrire demande des compétence qui ne sont pas innées. Il faut de la pédagogie. Et en France, nos modèles de pédagogie de cours magistraux, ne sont pas très « personnalisés ». Actuellement, il y a aussi des cours d’éducation thérapeutique dans la formation initiale des pharmaciens.
    Les choses vont dans le bon sens.

    Ce sont aussi des choix de société !

    Mais quand, une société ne jure que par les prix bas, et bien quand on a des emprunts sur plus de 10 ans qui se comptent en million d’euros, il faut bien s’assurer que des français vont venir dans sa pharmacie.

    Personnellement, je rêve de pharmacie qui ne soient pas des commerces de santé mais uniquement un lieu de santé.

    Mais l’état ne l’a pas défini ainsi dans ces textes de lois …

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