Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘agroalimentaire’

Acide gras trans : quand l’agroalimentaire s’allie aux consommateurs…

mardi 22 septembre 2015

acides gras trans

Voilà une bonne nouvelle que le BEUC s’est empressé de relayer sur Twitter. Les géants Unilever et Nestlé soutiennent ainsi la campagne européenne des associations de Consommateurs menée auprès de la Commission européenne en vue d’interdire les acides gras trans, nocifs pour la santé en raison des risques qu’ils font courir s’agissant des maladies cardiovasculaires (5 g par jour d’acides gras trans suffisent à augmenter le risque cardiovasculaire de 23%). Ce soutien de poids serait-il annonciateur d’un assainissement des pratiques de l’agroalimentaire ?

Il ne faut peut être pas surinterpréter ce ralliement à la cause consumériste dès lors que le problème des acides gras trans ne se pose pas dans les mêmes termes d’un pays européen à l’autre. Certes, dans les pays de l’Est où un repas riche en acides gras trans est encore souvent compris entre 10 et 20g, soit une quantité considérable de ces matières grasses particulièrement délétère, un tel engagement est nécessaire et salutaire…  En revanche, cela fait de nombreuses années que le grammage est passé à moins de 2 grammes en Allemagne, en France et au Royaume-Uni (contre 20g en 2005). C’est donc sur d’autres thématiques que les consommateurs français attendent avant tout ces firmes.

Si je ne peux que me réjouir du ralliement d’Unilever et Nestlé à la campagne de lutte contre les acides gras trans, j’espère donc que ce n’est qu’une étape et qu’ils enfourcheront d’autres combats ambitieux pour la santé des consommateurs : étiquetage nutritionnel simplifié, baisse du sucre et des graisses dans les aliments, etc… Qu’ils soient assurés que je ne manquerai pas de saluer comme il se doit toute initiative positive de leur part en la matière !

Origine de la viande dans les produits transformés : à quand la rentrée de la transparence ?

vendredi 12 septembre 2014

FB-couv

Voilà la rentrée effectuée. A cette occasion, à peine l’UFC-Que Choisir vient-elle de lancer avec les organisations de consommateurs européennes, la campagne pour un étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés, que déjà se succèdent tweets et re-tweets. Et c’est de tous les horizons que proviennent les soutiens : éleveurs bovins, industriels de la viande, instituts de formation en agro-alimentaire, mais aussi membres de l’Assemblée Nationale tels que Danielle AUROI, Présidente de la Commission des Affaires Européennes, ou encore des Parlementaires Européens tels que Robert ROCHEFORT, Vice-président du Mouvement Démocrate…!

Comme moi, nombreux sont les consommateurs qui s’énervent de l’opacité entretenue par la majorité des industriels à la faveur d’une réglementation européenne laxiste…  Et ce, dans le seul but de diminuer le budget consacré aux ingrédients. Ils  complexifient sans fin leurs recettes à grand renfort d’additifs et lorsque cela ne suffit plus, ils s’ingénient à dénicher les ingrédients les moins chers sur le marché sans nous donner la moindre information sur leur origine ! On comprend ainsi la surprise et la colère de Régis qui, retournant l’emballage d’un banal sandwich ‘jambon-fromage’, trouve dans la liste des ingrédients pas moins de 34 composants et additifs … mais en revanche rien sur l’origine du porc dont est issu le jambon !

Et pourtant, un tel étiquetage de l’origine est possible, les photos que vous avez postées chers internautes le confirment et répondent par avance aux esprits chagrins qui voudraient attribuer cette soif d’information à un chauvinisme frileux. Nos consommateurs n’ont en effet rien contre cette moussaka mitonnée avec du bœuf français ou encore ce jambon d’Aoste transformé en Belgique, pourvu qu’on le leur dise. Encore faut-il que la Commission Européenne entende les 90 % de consommateurs qui réclament la transparence sur l’origine. Pour cela rejoignez notre mobilisation sur #meatorigin  afin qu’un jour je puisse enfin vous souhaiter ‘Bon appétit !’ sans la moindre réserve. En attendant, bonne rentrée à tous.

La bouderie des industriels de l’agroalimentaire

mardi 30 octobre 2012

obesiteinfantile

Trop, c’est trop ! Cette fois la puissante Association nationale des industries agroalimentaires (Ania) a décidé que le gouvernement n’allait pas s’en tirer comme ça. Après les déclarations particulièrement inspirées de Guillaume Garot, le ministre délégué à l’agroalimentaire qui entend faire modifier les recettes des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés et rendre l’étiquetage nutritionnel plus lisible, le syndicat de Jean-René Buisson, jugeant la nouvelle trop indigeste, a décidé de quitter la table. En boycottant l’inauguration, dimanche 21 octobre, du Salon international de l’alimentation qui s’ouvrait à Villepinte. Quel affront ministériel…: non seulement les industriels ne seraient plus libres de mettre du gras et du sucre dans les aliments pour bambins, mais en plus il faudrait que cela puisse se voir clairement sur l’étiquette ? Et puis quoi encore ? « Guillaume Garot a fait cette semaine des déclarations extrêmement critiques pour notre industrie, en passant sous silence les actions très positives engagées en matière de nutrition depuis plusieurs années », justifie Jean-René Buisson. Hum hum…

Cette mise en scène des professionnels –qui n’a d’autre objectif que de dissuader une fois de plus le gouvernement de légiférer- ne pèse pas grand-chose face aux réalités statistiques. Selon la dernière enquête Obépi, entre 2009 et 2012, l’augmentation relative de l’obésité est très nette dans la tranche des 18-25 ans qui sont désormais 18 % à être obèses ou en surpoids. Les mesure de prévention de l’obésité proposées, avec sagacité, par le ministre sont non seulement utiles, mais surtout indispensables. L’UFC-Que Choisir alerte les pouvoirs publics depuis des années sur les ravages de certains comportements alimentaires. Jusqu’ici, les gouvernements successifs ont préféré les engagements des professionnels à une vraie régulation réglementaire et législative… Pour un résultat très très light.

Réunion ministérielle : stupeur et tremblements

vendredi 4 février 2011

supermarche

J’ai appris avec stupeur la tenue, mercredi matin, d’une réunion conviée par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire et par le secrétaire d’Etat Frédéric Lefèbvre. Les deux ministres y ont appelé les représentants du secteur agricole et agroalimentaire et ceux de la grande distribution à une hausse « juste et contrôlée » des prix alimentaires. Car sur les marchés agricoles, les prix flambent depuis six mois : + 68 % pour le blé, + 56 % pour le maïs, + 35 % pour les tourteaux de soja… Surprise, aucune association de consommateurs n’était présente !  Tremble, consommateur, car lorsque les décideurs débattent entre eux des prix alimentaires, c’est rarement bon pour ton porte-monnaie ! Le comble, c’est que les ministres ont bien insisté sur leur volonté de défendre le pouvoir d’achat des  Français ! « Il faut trouver un juste équilibre entre la nécessaire rémunération des producteurs agricoles et la défense du pouvoir d’achat des consommateurs », a estimé Bruno Le Maire. Mais alors comment expliquer que le consommateur soit le seul protagoniste exclu des discussions ?

De l’aveu même des professionnels, la réunion s’est d’ailleurs avérée décevante. Les appels incantatoires à une augmentation modérée n’ont été suivis d’aucune mesure concrète. A contrario, Bruno Le Maire prépare les esprits en annonçant des hausses inéluctables ! Des hausses, rien que des hausses… Il faut avoir la mémoire courte pour oublier que depuis deux ans, les baisses des prix agricoles ont été captées par les intermédiaires, qui ont profité de l’effet cliquet en ne baissant presque jamais leurs prix. Une astuce qui leur a rapporté par exemple 1,6 milliards d’euros pour le lait de consommation, et 7,7 milliards pour le poulet !

Je refuse catégoriquement que le consommateur supporte les hausses annoncées, alors qu’il n’a pas profité des baisses depuis deux ans ! De plus, il est grand temps que soit mis en place un coefficient multiplicateur sur les produits agricoles peu ou pas transformés, seul outil susceptible d’éviter de nouveaux dérapages !

La vérité sort… du cartable des enfants !

mercredi 15 décembre 2010

obesiteinfantile

Consternants ! Les résultats que vient de dévoiler l’UFC-Que Choisir sur l’alimentation des plus jeunes sont édifiants. Un an et demi après l’échec de la loi de réforme de l’hôpital, au cours de laquelle nous avons demandé –en vain– l’insertion de mesures visant à lutter contre l’obésité infantile, nos associations locales ont cherché à savoir quels goûters se trouvent dans les cartables de nos enfants. Elles n’ont pas été déçues… 76 % des aliments apportés à l’école sont trop gras ou trop sucrés : il s’agit de confiseries pour un tiers d’entre eux, de viennoiseries et de gâteaux (un quart) ou de biscuits gras ou sucrés (16 %).

Alors que l’obésité infantile touche près d’un enfant sur six en France, l’enquête démontre que les produits déséquilibrés ont toujours la cote au petit-déjeuner et au goûter. Logique : dans les placards et les frigos, la proportion de produits gras et sucrés consommés au petit-déj progresse de 17 % par rapport à 2006, pour représenter désormais 55 % de l’ensemble des produits relevés ; c’est pire à l’heure du goûter, où les aliments déséquilibrés bondissent de 25 % pour atteindre 64 % de l’ensemble. Or les enfants dont l’alimentation est la plus déséquilibrée sont, comme par hasard, ceux qui regardent le plus les pubs ! Et les spots pour les aliments gras et sucrés constituent aujourd’hui 80 % des publicités alimentaires diffusées durant les programmes pour enfants… et même 93 % durant les écrans « tous publics », regardés par un nombre d’enfants bien supérieur !

Le cynisme de l’industrie agroalimentaire n’aurait-il plus de limites ? Début 2009 pourtant, afin de s’épargner une réglementation contraignante, la profession avait signé une charte par laquelle elle s’engageait à modérer son impact publicitaire sur les enfants. L’UFC-Que Choisir fait aujourd’hui la preuve que le harcèlement nutritionnel des plus jeunes s’est aggravé. Puisque la parole de l’industrie ne suffit pas, il faudra bien se résoudre à légiférer !