Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘compte’

Portabilité du compte bancaire : le changement de banque… c’est maintenant ?

Jeudi 30 mai 2013
Benoît Hamon a annoncé hier que la question de la mobilité bancaire via la portabilité du numéro de compte devrait s’inviter dans les débats sur le projet de loi consommation. Réclamée depuis longtemps par l’UFC-Que Choisir qui s’est élevée à de maintes reprises contre le fait que le changement de banque constitue encore et toujours un véritable parcours du combattant, soyez assurés que cette annonce n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.
Alors que le dernier bilan réalisé par le Comité consultatif du secteur financier en mars dernier dresse le constat affligeant d’une mobilité bancaire qui tourne autour de 3,5%, il est grand temps qu’à l’instar de ce qui est désormais possible dans le domaine des Télécoms, les consommateurs aient le droit de changer de banque sans changer de numéro de compte.
Alors qu’au niveau européen, la Commission vient justement de proposer un texte visant à faciliter la mobilité bancaire sur le territoire européen, voilà une annonce qui va encore plus loin… Mais plus que les mots, ce que les consommateurs c’est le passage à l’action. Affaire à suivre !

dab

Benoît Hamon a annoncé hier que la question de la mobilité bancaire via la portabilité du numéro de compte devrait s’inviter dans les débats sur le projet de loi consommation. Réclamée depuis longtemps par l’UFC-Que Choisir qui s’est élevée à de maintes reprises contre le fait que le changement de banque constitue encore et toujours un véritable parcours du combattant, soyez assurés que cette annonce n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.

Alors que le dernier bilan réalisé par le Comité consultatif du secteur financier en mars dresse le constat affligeant d’une mobilité bancaire qui tourne autour de 3,5%, il est grand temps qu’à l’instar de ce qui est désormais possible dans le domaine des télécoms, les consommateurs aient le droit de changer de banque sans changer de numéro de compte.

Au niveau européen, la Commission vient justement de proposer un texte visant à faciliter la mobilité bancaire, mais voilà une annonce qui va encore plus loin… Plus que les mots, ce que veulent les consommateurs c’est désormais le passage à l’action. Affaire à suivre !

Une réforme bancaire aux couleurs pastel ?

Mardi 19 mars 2013

fraisbancaires

Aïe ! Après l’adoption, mi-février, d’un projet de loi bancaire auxquels les députés ont redonné des couleurs, il est à craindre que le Sénat, qui débat à partir de demain du texte, revienne sur certaines avancées… et notamment sur le plafonnement des commissions d’intervention, conformément aux déclarations de Richard Yung, rapporteur du projet de loi au Sénat !

Les locataires du Palais Bourbon avaient en effet adopté plusieurs mesures qui ont significativement redonné de l’intérêt à un projet de loi bancaire pâlichon. Les députés ont d’abord élargi à tous le plafonnement des commissions d’intervention (qui initialement ne devait concerner que les consommateurs « fragiles »). Si cette mesure reste en-deçà de ce que réclamait l’UFC-Que Choisir, c’est un réel progrès pour tous les Français qui ont du mal à boucler leurs fins de mois et sont ruinés par les commissions d’intervention ! L’autre apport substantiel concerne les frais : après une discussion épique en séance, les députés ont finalement voté l’information préalable sur les frais bancaires. Les Français sauront donc 15 jours à l’avance quels frais leurs seront facturés.

Ces mesures doivent évidemment être confirmées par les sénateurs. Mais ce n’est pas  garanti, loin de là. Le discours larmoyant des banques qui dénoncent  une baisse de leurs revenus et agitent la bonne vieille menace des destructions d’emplois semble faire son chemin… Le rapporteur au Sénat a annoncé qu’un débat sur celles-ci aurait lieu en séance. Et voilà qu’il propose un « plafond évolutif » des commissions d’intervention. En fonction de quoi ? « Ce pourrait être le nombre d’opérations réalisées sur le compte ou son solde, qui permettent de jauger la situation financière de chacun et de ses comportements financiers. L’objectif est de faire la part entre les clients fragiles et ceux qui ne souscrivent pas officiellement de crédit mais le paient via les commissions d’intervention parce qu’ils gèrent mal leur budget. Ceux-là n’ont pas à être protégés de la même façon», précise-t-il. Voilà des critères qui, en l’état, laissent une belle part d’interprétation aux banques. Sans compter que le montant actuel des commissions d’intervention (8,3 euros par opération en moyenne) est complètement décorrélé du coût réel pour les banques, et qu’elles doivent faire l’objet d’un plafond unique, de principe. Une négociation façon marchand de tapis sur qui paie combien est totalement hors sujet… Pourquoi donc un double plafond qui revient ni plus ni moins à affadir l’avancée ?

Si les fashionistas annoncent que la tendance estivale sera au pastel, j’espère que les sénateurs feront preuve d’indépendance en s’éloignant des canons de la mode pour s’en tenir aux couleurs vives !

Timides avancées sur le front de la mobilité bancaire

Lundi 9 novembre 2009

mobilitebancaire

Vous avez remarqué ? Les banquiers détestent se voir délaisser au profit d’un concurrent. Tels Harpagon, jaloux de sa chère cassette, ils agissent souvent comme s’ils étaient propriétaires… de leurs clients ! Du coup, changer d’établissement s’avère souvent un parcours du combattant.

Mais depuis le début du mois, les banques se targuent d’avoir levé tous les obstacles de ce parcours. En effet, répondant à une invitation appuyée de la Commission européenne, les banques françaises se sont engagées, comme leurs homologues européennes, à mettre en place un service d’aide au changement de compte en principe effectif depuis le 1er novembre : la nouvelle banque effectue à la place du client les démarches liées aux prélèvements et virements en cours, et active le nouveau compte en quelques jours.

Ce « progrès » ne doit néanmoins pas faire oublier l’interrogation essentielle : ai-je intérêt à changer de banque ? Or, faute de réelle information sur les coûts, la réponse à cette question n’est pas évidente ! L’impact du nouveau service dépendra donc avant tout de l’amélioration de la transparence tarifaire. D’ailleurs, quelle plus belle illustration de cette opacité que l’absence d’indication quant aux coûts liés au changement de compte ? Un encadrement législatif serait sans doute plus opportun que de belles promesses pour aider Harpagon à relâcher son étreinte…