Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘consumerisme’

Réforme du consumérisme : les décrets qui … semblent l’enterrer !

jeudi 9 juillet 2009

Dans le cadre de la réforme du mouvement consumériste, un rapport rédigé par la conseillère d’Etat Dominique LAURENT avait été remis courant mai à Luc CHATEL, alors secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation. Ce travail proposait –enfin !– une reconnaissance des vraies associations de défense des consommateurs, au premier rang desquelles l’UFC-Que Choisir.

Hélas, le train du remaniement –le troisième pour Nicolas SARKOZY– est passé, et la réforme promise semble bel et bien ne pas avoir été embarquée! Car il serait utopique d’attendre d’Hervé NOVELLI, successeur de Luc CHATEL au portefeuille de la consommation, qu’il tienne les promesses faites par son prédécesseur alors même que celui-ci semblait revenir dessus…

Le rapport LAURENT, remis le 7 mai à Luc CHATEL, avait recommandé une rationalisation du mouvement consommateur, en réduisant le nombre d’associations présentes au sein du Conseil national de la consommation (CNC), jugé inefficace, et demandait une réforme des conditions d’obtention de l’agrément. Elle proposait une réduction d’impôt pour les cotisations, les associations issues de syndicats étant jusqu’ici les seules à en bénéficier. Malgré un oubli notable (l’action de groupe), les mesures proposées amorçaient un premier pas vers une vraie reconnaissance des associations de consommateurs…

Après un mois de relance de négociations, Luc CHATEL tardait toujours à mettre en œuvre les recommandations du rapport… Quelques jours avant le remaniement, il a tout de même pris deux décrets, les 4 et 6 juin, passés quasiment inaperçus… mais uniquement pour proroger le CNC dans son fonctionnement actuel, semblant ainsi annoncer en catimini l’enterrement d’une vraie réforme du mouvement consumériste! Hervé NOVELLI, par son inaction, n’a plus qu’à clouer le cercueil sans même avoir besoin de prononcer d’éloge funèbre, à moins que…

Consommateur : si tu savais…

mercredi 3 octobre 2007

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Les vacances 2007 furent studieuses ! En effet, invité par une maison d’édition à rédiger un essai sur l’état du consumérisme en France (vaste sujet !), je me suis essayé à l’écriture… Non pas pour obtenir le Goncourt, ni comme beaucoup d’auteur du moment commenter la campagne présidentielle (bien qu’il y aurait beaucoup à dire sur l’absence manifeste d’engagements consuméristes de la part des candidats), mais pour offrir aux consommateurs et aux décideurs un point de vue sur les grands thèmes qui innervent chacun des combats de l’UFC-Que Choisir : la concurrence, l’information, ou encore le libre choix du consommateur… Ces grands thèmes, en raison de leur caractère transversal, ne sont en effet jamais traités en tant que tel par l’association, il me semblait donc important de pouvoir nourrir la réflexion de chacun à travers les anecdotes et quelques confidences du « militant consumériste de 30 ans » que je suis ! Comment les banques ligotent à vie le consommateur ? Comment les opérateurs mobiles organisent une fausse concurrence ? Que valent réellement les biens et services que nous consommons : juste prix ou vaste arnaque ? Au gré des adages de Saint-Augustin, des citations du Président Sarkozy, en passant par les paroles d’Alain Souchon, j’invite le lecteur à entrer dans les coulisses du consumérisme à la française où le consommateur est toujours au centre des discours mais jamais au cœur des actes… On doit le « protéger », le « défendre », telle une espèce en voie d’extinction… Mais, que je sache, il n’est pas un casoar ou un éléphant ! Plutôt que de sans cesse rabaisser les consommateurs au rang d’espèce à protéger, les autorités étatiques devraient se rappeler qu’il n’y a de pouvoir qui ne soit par un renversement dialectique à la merci de ceux sur lesquels il s’exerce et sans lesquels il ne serait rien. Certains diront qu’avec cette note je cède à l’auto promo, je leur répondrai qu’en tous les cas, la publicité pour ce livre, faite par son auteur, n’est pas de nature à induire en erreur !

Déclaration de politique générale de François Fillon : recherche désespérément projets portant les aspirations des consommateurs

vendredi 6 juillet 2007

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Dans son discours de politique générale prononcé mardi devant les députés tous réunis pour l’occasion, François Fillon s’est posé en réformateur tout azimut au service de la rupture voulue par Nicolas Sarkozy, en proposant aux Français de « réécrire le contrat politique, social et culturel »… Le Premier Ministre a insisté pendant une heure dix sur le fait qu’il n’y avait pas de sujet « tabou » balayant tour à tour la sécurité, l’environnement, les finances publiques, la santé… Il y a pourtant un sujet qui ne semble pas être la priorité du Premier Ministre : c’est la consommation !… En effet, dénonçant la « vieille croissance », c’est-à-dire « la consommation qui ignore les consommateurs avec leurs exigences et leurs droits », le Premier Ministre n’a cependant formulé aucune proposition constructive pour remédier à cette ignorance. La « nécessaire adaptation de la justice aux évolutions de la société » a bien été évoquée, mais peut-on derrière cette phrase considérer que le gouvernement s’engagera à introduire une action de groupe pour répondre au déni de justice actuel dans les contentieux de masse ? Rien est moins sûr…Les Français attendent pourtant bel et bien des réformes consuméristes.

Un sondage CSA publié en mars 2007 a révélé que 83 % des Français estiment que la question du droit des consommateurs n’a pas été suffisamment prise en compte durant les récentes campagnes électorales… Plus particulièrement, sur l’action de groupe, le sondage CSA, a révélé que 84 % des Français sont favorables à l’introduction d’une véritable action de groupe en France et 57 % jugent cette réforme prioritaire… Si la nomination de Luc Chatel comme Secrétaire d’Etat à la Consommationet au Tourisme a été positivement perçue, le gouvernement ne doit pas oublier que c’est sur les actes, et donc les réformes qu’il engagera, que les consommateurs le jugeront !

Luc Chatel: un député sensibilisé à l’intérêt des consommateurs ; un secrétaire d’Etat qui fera avancer leurs droits ?

jeudi 21 juin 2007

L’annonce mardi dernier par Claude Guéant d’un secrétariat d’Etat à la Consommation et au Tourisme est une bonne nouvelle… En effet, trop longtemps, la consommation a été attribuée à un secrétaire d’Etat ou un ministre également en charge des PME, de l’Industrie, de l’artisanat entraînant une inévitable schizophrénie nuisible à une véritable action consumériste… L’alliance de la consommation et du tourisme est indéniablement moins contre-nature… Au-delà de cette satisfaction institutionnelle, il convient de noter que ce portefeuille revient à un homme sensibilisé à l’intérêt des consommateurs : Luc Chatel… A travers son mandat de député, cet élu de la Haute-Marne a toujours cherché à faire avancer les droits des consommateurs (Rapport d’information sur les moyens de restaurer la « consoconfiance », Loi Chatel sur la résiliation des contrats à tacite reconduction, proposition de loi tendant à instaurer une véritable action de groupe, rapport relatif au feu projet de loi sur la consommation)… Sa nomination laisse donc espérer une action gouvernementale tout aussi déterminée… Reste à savoir quelle sera sa véritable marge de manœuvre sachant que Luc Chatel est statutairement rattaché à un autre ministre… Souhaitons que l’action consumériste ne soit pas reléguée au second plan…

Action de groupe : une Europe plus proche des consommateurs que le gouvernement français

vendredi 23 mars 2007

« Il y a un groupe d’acteurs et peut-être le plus important ­ que j’aimerais voir plus actif : les consommateurs » a déclaré la semaine dernière Neelie Kroes, Commissaire en charge de la Concurrence, à l’occasion d’un séminaire d’avocats sur les moyens de rendre effectif le droit de la concurrence. La Commissaire a réclamé l’introduction d’une action de groupe à l’échelle européenne en jugeant celle-ci « nécessaire» autant pour réparer le préjudice subi que par « dissuasion ». Si cet engagement de Mme Kroes n’est pas nouveau (voir mon billet du 16 novembre 2006), l’effet de surprise est venu des déclarations du nouveau Commissaire européen en charge de la Consommation, Mme Kuneva qui dans une interview au Financial Times a fait preuve d’une détermination étonnante, soulignant le caractère « indispensable » d’une action de groupe européenne et sa volonté de toute mettre en œuvre pour l’obtenir. Des positions fortes qui tranchent avec le mépris des pouvoirs publics français sur ce sujet. Affaire à suivre…