Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘Europe’

Viande de cheval : la France mise au pas par l’Europe

mardi 19 février 2013

viandecheval

Alors que le scandale de la viande de cheval continue d’occuper le devant de la scène médiatique avec les retraits opérés aujourd’hui par Nestlé, les déclarations de la présidence de l’Union européenne et de la Commission de la semaine dernière  ont vraiment de quoi laisser sur sa faim ! Après un conseil informel des ministres de l’agriculture, l’exécutif européen et la présidence irlandaise ont fait plusieurs annonces… pour le moins décevantes ! L’Union européenne ne voit dans le scandale des plats préparés qu’une affaire de fraude à l’étiquetage qu’il faut démonter, et pas une faille dans l’information des consommateurs ! Les propositions sont donc loin, très loin d’être à la hauteur de l’enjeu ; le commissaire en charge de la protection des consommateurs, Tonio Borg, a avancé trois axes : coordination des enquêtes pénales par Europol, recommandation de la Commission de contrôles intensifs par les Etats membres (sachant que les recommandations n’ont aucune force contraignante !), et accélération du calendrier de rendu du rapport de la Commission sur l’étiquetage des produits transformés. Bon d’accord, et ?… Et c’est tout ! Pas la plus petite avancée sur l’amélioration de la traçabilité et de l’information du consommateur !

La France réclamait pourtant en amont de la réunion une évolution de la législation européenne (défendue par l’UFC-Que Choisir) afin que l’étiquetage porte mention du pays d’origine de la viande aussi dans le cas des produits transformés, tels que les plats cuisinés. Dans la foulée des annonces européennes, Stéphane Le Foll et Benoît Hamon semblaient se satisfaire des «avancées » obtenues.  Le ministre en charge de la Consommation a tout de même réaffirmé que l’indication du pays d’origine de la viande serait « un progrès» ; et le ministre de l’Agriculture de renchérir que « moins on laisse d’espace aux tricheurs, mieux c’est ». Après cette occasion manquée d’obtenir plus de transparence, les ministres français ont indiqué qu’ils continueraient à faire pression… l’UFC-Que Choisir, conviée à une réunion demain soir sur le sujet, compte bien les y aider !

Concert d’initiatives sur les données personnelles

lundi 22 octobre 2012

neutralite-reseaux

Mais quelle mouche a donc piqué Fleur Pellerin, ministre déléguée en charge de l’économie numérique, qui vient d’annoncer un projet de loi pour garantir la confidentialité sur internet pour le premier semestre 2013 ? Une bonne idée au vu de l’actualité chargée sur ce sujet… Sauf que la ministre oublie un détail : la Commission européenne a déjà deux textes en préparation sur les données personnelles ! Et c’est la garde des Sceaux Christiane Taubira qui est en charge des négociations avec l’UE.

Une loi hexagonale serait une perte de temps : aussitôt votée, il faudrait la modifier afin de la conformer aux avancées européennes. Fleur Pellerin aurait-elle succombé à cette tradition française aussi vieille que la construction européenne : pointer du doigt l’Europe quand ça ne va pas et faire mousser le gouvernement français quand il y a du progrès ? Quoi qu’il en soit, il est crucial que les deux ministres accordent leurs violons sur un sujet aussi important. D’autant que cette fois, c’est l’Europe qui donne le la…

A vos clics sur ensemblenjustice.org !

mardi 12 avril 2011

internet

Souvenez-vous : il y a quatre ans, au cours de la campagne présidentielle, l’UFC-Que Choisir et la CLCV avaient lancé Ensemblenjustice, un site permettant à tous les partisans de l’action de groupe de se mobiliser en faveur de cette réforme majeure. A l’époque, l’action de groupe était l’un des engagements du candidat Sarkozy. Quatre ans et d’innombrables promesses plus tard, on attend toujours ! Le gouvernement renvoie perpétuellement la réforme –pourtant réclamée par 73 % des Français !- aux calendes grecques sous des prétextes divers ! Mais la Commission européenne vient de lancer une vaste consultation, et entend recueillir l’avis des citoyens, associations, entreprises et autorités publiques sur le sujet. L’occasion était trop belle : Ensemblenjustice reprend du service ! Vous aussi, contribuez avant le 30 avril, et pesez dans le débat en demandant à la Commission la mise en place de l’action de groupe. Pour cela, il suffit d’aller sur le site internet ensemblenjustice.org, et de cliquer pour envoyer votre contribution. L’opération ne prend qu’une minute ! En fonction des avis qu’elle aura reçus, la Commission pourra décider ou pas de mettre en place un outil législatif européen de recours collectif.

Si je regrette que la France ne se saisisse pas également de ce dossier crucial, le volontarisme de l’exécutif européen pourrait bien sonner le glas des manœuvres dilatoires du gouvernement. Lors des Assises de la Consommation, en octobre 2009, le secrétaire d’Etat en charge de la consommation, Hervé Novelli, avait encore pris l’Europe pour prétexte de l’immobilisme du gouvernement, disant vouloir attendre un feu vert préalable de Bruxelles. Espérons que la Commission européenne saura entendre la voix des Français, puisque leurs propres dirigeants font la sourde oreille !

L’étonnante reconversion de Meglena Kuneva

samedi 22 mai 2010

ca

De 2007 à 2009, Meglena Kuneva, commissaire européenne en charge des droits du consommateur, a souvent dénoncé les abus consuméristes dans divers secteurs, particulièrement dans  le domaine bancaire, à travers le tableau de bord européen qu’elle a mis en place au sein de la Commission européenne. D’ailleurs, en septembre dernier, alors même que son mandat tirait à sa fin, ses services avaient présenté un rapport accablant sur les frais bancaires; Mme Kuneva n’avait pas mâché ses mots : « Les banques de détail manquent à leurs obligations envers les consommateurs (…). Les banques doivent mettre de l’ordre chez elles et changer les mentalités en ce qui concerne la manière dont elles traitent les consommateurs. »

Alors, quand j’ai appris que l’ancienne commissaire bulgare était entrée au conseil d’administration de BNP Paribas la semaine dernière, j’ai eu, comment dire ?, une  vraie surprise… Une chose est sûre : voilà une reconversion aussi étonnante que rapide! La Commission européenne aura quand même son mot à dire sur ce virage si rapidement négocié… Certains disent « Quelle pelle à pain ! »  (expression bulgare qui signifie « retourner sa veste »), d’autres que cette arrivée permettra de mieux faire entendre la voix des consommateurs ! L’avenir nous répondra… En attendant, face aux abus bancaires, les consommateurs, eux, sont toujours dans le pétrin !

Téléphoner dans l’Union européenne : nouvelle baisse des prix au bout du fil

mercredi 15 juillet 2009

Voilà une bonne nouvelle pour les millions de vacanciers qui s’apprêtent à quitter l’Hexagone : depuis le 1er juillet, téléphoner ou recevoir un appel depuis un autre pays de l’Union européenne est encore moins cher…

Nous avons tous fait l’expérience, un jour ou l’autre, de la grosse facture de portable consécutive à un séjour à l’étranger : quelques appels courts passés et reçus, quelques SMS, trois fois rien en apparence… mais au moment de recevoir la facture, le coût apparaît alors exorbitant pour avoir simplement donné quelques nouvelles à sa famille restée en France, si exorbitant que les plus économes adoptent une solution radicale en éteignant purement et simplement leur portable à l’étranger (application de l’adage selon lequel la parole est d’argent et le silence est d’or !). Ce coût élevé est une aberration consumériste dès lors que le coût réel d’un appel passé ou reçu depuis l’étranger (0,12€ HT/minute) est quasi équivalent au coût d’un appel national.

L’UFC-Que Choisir, et les 40 autres associations européennes membres du BEUC, ont dénoncé depuis des années cette hérésie et appelé à une baisse drastique des prix de ces appels, premier pas vers la consécration d’une Europe des télécommunications. Un règlement de 2007 avait déjà fait baisser les prix des appels de 40 % en fixant des plafonds tarifaires jusqu’en 2010. Comprenant que les opérateurs se rattrapaient largement avec les envois intracommunautaires de données (SMS, MMS), un nouveau règlement prorogeant et élargissant l’ancien est entré en vigueur le 1er juillet dernier.

Désormais, la minute de communication passée depuis un pays de l’Union européenne ou d’un département d’outre-mer coûtera 0,51€ au maximum (contre 0,55€ auparavant). Ce plafond sera abaissé à 0,47€ au 1er juillet 2010, puis à 0,42€ un an après. A la réception, la partie internationale de la communication est toujours à la charge du destinataire. Il lui en coûte aujourd’hui 0,22€ au plus par minute s’il se trouve dans un Etat de l’UE. Le maximum sera de 0,18€ au 1er juillet 2010, puis de 0,13€ au 1er juillet 2011.

Le nouveau règlement prévoit également le plafonnement du coût des transferts de données (SMS, MMS). L’envoi d’un texto depuis un pays de l’Union européenne revient dorénavant à 0,13€ au maximum contre jusqu’à plus de 0,50€ aujourd’hui. Autre avancée, les opérateurs européens doivent appliquer la tarification à la seconde dès la 31ème seconde et prévenir leurs clients à partir d’un seuil d’alerte de 50€ dépensés en « roaming ».

En revanche, sorti des 27 Etats membres de l’Union et de l’outre-mer, la vigilance s’impose… Les prix continuent de varier entre 1€ et 2,90€ la minute selon le pays et l’opérateur quand on passe un appel, et de 0,47€ à 1,40€ à la réception, toujours selon le pays et l’opérateur.

C’est quand même globalement une bonne nouvelle pour tous les consommateurs européens  qui montre les vertus de l’UE face aux abus tarifaires des opérateurs… A ce sujet, force est de déplorer qu’alors qu’il s’agit de plafonds, les opérateurs français n’aient pas joué le jeu de la concurrence en proposant des tarifs encore plus attractifs et se soient tous alignés sur les plafonds européens… Ils auraient pu imiter leur homologue Vodafone qui a opté pour du roaming gratuit plutôt que de voir ses abonnés éteindre leurs mobiles hors d’Angleterre ! La réalisation d’une véritable Europe des télécommunications n’est donc pas aussi simple qu’un coup de fil !