Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

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Internet à l’étranger, gare à la facture !

vendredi 18 septembre 2009

roaming

Après avoir laissé pendant un temps les smartphones à une clientèle d’hommes d’affaires et de professionnels, les Français sont en train de s’approprier ces terminaux téléphoniques. Ils connaissent un succès croissant, séduisent de plus en plus d’ados et sont même devenus des accessoires de mode à part entière… Au point qu’on en deviendrait presque honteux de sortir son vieux portable !

Le problème c’est que cette technophilie peut coûter cher. En France, passe encore, les tarifs sont élevés mais connus, et les opérateurs rivalisent de forfaits « illimités » pour convaincre leurs abonnés. C’est à l’étranger que ça se gâte : une fois qu’on a pris goût à la connexion partout et tout le temps, pas question de renoncer à internet en voyage. D’autant que loin de la maison, l’internet mobile est encore plus utile. Malheureusement, se connecter depuis l’étranger s’avère ruineux. Bien plus onéreux encore qu’appeler ou envoyer des SMS : les opérateurs français facturent leurs clients de 5 à 9€ le mégabit (5€ chez Bouygues, 7€ chez SFR et jusqu’à 9€ chez Orange, en dehors des offres spécifiques). Or le simple transfert d’une photo de qualité moyenne nécessite plus de 1 Mo. Envoyer une photo de vacances à sa famille ou à ses amis en guise de carte postale revient donc très, très cher !

Une situation d’autant moins acceptable qu’à l’intérieur de l’Union européenne, l’encadrement des prix de gros permet aux opérateurs de payer au plus 1€ le mégabit. Las : les connexions internet en roaming sont devenues le nouvel eldorado des opérateurs, qui se sucrent d’autant plus largement au passage qu’ils ne peuvent plus le faire sur les communications téléphoniques et SMS. Pourtant, certains opérateurs étrangers jouent le jeu : l’italien 3 facture 2,10€ le mégabit, et le britannique T-Mobile 1,79€. Mais en France ou en Espagne, l’encadrement des prix de gros a eu pour seule conséquence de faire exploser les marges des opérateurs sur ces services. Il y a urgence à encadrer les tarifs au détail, comme pour les appels et SMS échangés à l’intérieur de l’Union européenne, pour lesquels une nouvelle baisse est entrée en vigueur le 1er juillet (voir ma note du 15 juillet). En attendant, mieux vaut privilégier le bon vieux cybercafé !

Téléphoner dans l’Union européenne : nouvelle baisse des prix au bout du fil

mercredi 15 juillet 2009

Voilà une bonne nouvelle pour les millions de vacanciers qui s’apprêtent à quitter l’Hexagone : depuis le 1er juillet, téléphoner ou recevoir un appel depuis un autre pays de l’Union européenne est encore moins cher…

Nous avons tous fait l’expérience, un jour ou l’autre, de la grosse facture de portable consécutive à un séjour à l’étranger : quelques appels courts passés et reçus, quelques SMS, trois fois rien en apparence… mais au moment de recevoir la facture, le coût apparaît alors exorbitant pour avoir simplement donné quelques nouvelles à sa famille restée en France, si exorbitant que les plus économes adoptent une solution radicale en éteignant purement et simplement leur portable à l’étranger (application de l’adage selon lequel la parole est d’argent et le silence est d’or !). Ce coût élevé est une aberration consumériste dès lors que le coût réel d’un appel passé ou reçu depuis l’étranger (0,12€ HT/minute) est quasi équivalent au coût d’un appel national.

L’UFC-Que Choisir, et les 40 autres associations européennes membres du BEUC, ont dénoncé depuis des années cette hérésie et appelé à une baisse drastique des prix de ces appels, premier pas vers la consécration d’une Europe des télécommunications. Un règlement de 2007 avait déjà fait baisser les prix des appels de 40 % en fixant des plafonds tarifaires jusqu’en 2010. Comprenant que les opérateurs se rattrapaient largement avec les envois intracommunautaires de données (SMS, MMS), un nouveau règlement prorogeant et élargissant l’ancien est entré en vigueur le 1er juillet dernier.

Désormais, la minute de communication passée depuis un pays de l’Union européenne ou d’un département d’outre-mer coûtera 0,51€ au maximum (contre 0,55€ auparavant). Ce plafond sera abaissé à 0,47€ au 1er juillet 2010, puis à 0,42€ un an après. A la réception, la partie internationale de la communication est toujours à la charge du destinataire. Il lui en coûte aujourd’hui 0,22€ au plus par minute s’il se trouve dans un Etat de l’UE. Le maximum sera de 0,18€ au 1er juillet 2010, puis de 0,13€ au 1er juillet 2011.

Le nouveau règlement prévoit également le plafonnement du coût des transferts de données (SMS, MMS). L’envoi d’un texto depuis un pays de l’Union européenne revient dorénavant à 0,13€ au maximum contre jusqu’à plus de 0,50€ aujourd’hui. Autre avancée, les opérateurs européens doivent appliquer la tarification à la seconde dès la 31ème seconde et prévenir leurs clients à partir d’un seuil d’alerte de 50€ dépensés en « roaming ».

En revanche, sorti des 27 Etats membres de l’Union et de l’outre-mer, la vigilance s’impose… Les prix continuent de varier entre 1€ et 2,90€ la minute selon le pays et l’opérateur quand on passe un appel, et de 0,47€ à 1,40€ à la réception, toujours selon le pays et l’opérateur.

C’est quand même globalement une bonne nouvelle pour tous les consommateurs européens  qui montre les vertus de l’UE face aux abus tarifaires des opérateurs… A ce sujet, force est de déplorer qu’alors qu’il s’agit de plafonds, les opérateurs français n’aient pas joué le jeu de la concurrence en proposant des tarifs encore plus attractifs et se soient tous alignés sur les plafonds européens… Ils auraient pu imiter leur homologue Vodafone qui a opté pour du roaming gratuit plutôt que de voir ses abonnés éteindre leurs mobiles hors d’Angleterre ! La réalisation d’une véritable Europe des télécommunications n’est donc pas aussi simple qu’un coup de fil !