Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘libéralisation’

Energie moins chère ensemble : la dynamique concurrentielle enclenchée !

jeudi 16 mars 2017

Si le résultat des enchères de la campagne « Energie moins chère ensemble » a été historique avec des offres lauréates on ne peut plus compétitives, l’impact de cette campagne sur les marchés aura également été retentissant comme vient de le souligner l’Observatoire de la Commission de Régulation de l’Energie. En effet, la publication des résultats du 4ème trimestre 2016 montre que le taux moyen de changement de fournisseur sur le secteur résidentiel de l’électricité a atteint 1,8%, ce qui peut apparaître faible mais qui constitue néanmoins le record historique sur 10 ans de libéralisation du marché…

Concrètement, sur le 4ème trimestre 2016, 335 000 ménages sont passés à une offre de marché chez des fournisseurs alternatifs contre 206 000 le trimestre précédent, soit une augmentation de 62,5% ! Comme le souligne l’autorité de Régulation dans son communiqué de presse, la campagne « Energie moins chère ensemble » aura donc bien, conformément à son objectif, éveillé les consciences quant à l’intérêt et la simplicité du changement de fournisseur et ainsi participé, en accompagnant et sécurisant la mobilité des consommateurs, à la création d’une dynamique concurrentielle… Reste à savoir si cette dynamique va se poursuivre… Comptez sur l’Association pour y veiller !

Les arguments « béton » de l’Ordre des pharmaciens

vendredi 31 janvier 2014

secu

Le vent du boulet : c’est sans doute ce qui a décidé l’Ordre des pharmaciens à communiquer après l’avis rendu en décembre par l’Autorité de la Concurrence, qui s’est prononcée clairement pour une libéralisation encadrée des médicaments vendus sans ordonnance, en parapharmacies et dans les grandes surfaces, sous le contrôle permanent d’un pharmacien. Face à ce qu’il perçoit comme une menace, l’Ordre s’est fendu d’une communication sur le sujet en « 5 questions franches et une enquête incontestable », qui ont suscité mon intérêt. Quels sont donc ces arguments béton opposés par la profession ?

« L’étude de l’Ordre prouve que les prix sont plus bas en France qu’à l’étranger ». L’étude compare seulement 13 médicaments, qui plus est mineurs : un seul figure parmi les 25 médicaments les plus vendus en automédication en France… à la 21ème place ! Les médicaments comparés représentent seulement 2% du marché de l’automédication en France. Hum-hum… D’ailleurs le niveau des prix en France comparé à l’étranger n’a pas vraiment d’intérêt : la vraie question serait plutôt de savoir si la libéralisation est en mesure ou non de faire baisser les prix en France. La réponse est oui, compte tenu des marges pratiquées sur l’automédication (34,1 %, contre 21,3 % en moyenne sur le médicament remboursable).

« Une pharmacie ferme tous les trois jours ». L’Ordre sait combien, en temps de crise, l’argument économique et de l’emploi émeut les politiques. Sauf qu’en l’occurrence il n’y a pas de quoi s’émouvoir : le taux de défaillance des pharmacies s’établit à 0,5 %, contre 1,07 % en moyenne dans le secteur du commerce. Non, la pharmacie n’est pas une activité qui se porte mal économiquement. Et ce n’est pas la libéralisation encadrée de l’automédication qui changerait la donne, puisqu’elle n’occasionnerait qu’une baisse maximale de 5 % sur le profit des pharmacies, qui resterait ainsi supérieur à 100 000 euros par an.

« La vente en GMS ne permettra pas l’inscription des ventes dans le dossier pharmaceutique ». D’après les chiffres de l’Ordre, entre janvier et octobre 2013 les pharmaciens ont inscrit dans le dossier pharmaceutique (DP) 32 millions de médicaments non remboursés ou non prescrits. Sur la même période, il s’est vendu environ 400 millions de boîtes en automédication. Seules 8 % des boîtes achetées sans ordonnance ont donc été inscrites dans le DP !

« Il existe une vraie concurrence entre les pharmacies françaises ». D’ailleurs, « le patient/consommateur peut toujours, s’il le désire, demander aux pharmaciens la substance active de son choix, au dosage qu’il souhaite et sous la forme galénique qu’il veut, au moindre coût. » Mais oui, d’ailleurs le patient/consommateur n’a qu’à être docteur en pharmacie tant qu’à faire, seule condition pour demander la bonne molécule au bon dosage et sous la forme pertinente ! Et dans ce cas, à quoi sert le conseil pharmaceutique dont l’Ordre se prévaut si bien ? A orienter le consommateur ignorant vers les médicaments les plus chers ? Je n’ose l’imaginer…

Bref, si la pilule de la libéralisation encadrée ne passe pas chez les pharmaciens d’officine, les faux arguments invoqués contre celle-ci ont également de quoi nous rendre malade !

La bonne ordonnance du médecin de la concurrence

mardi 16 juillet 2013

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Alors que l’UFC-Que Choisir rencontre depuis des années une forte opposition des décideurs sur la libéralisation de la vente de médicaments sans ordonnance, voilà que l’Autorité de la concurrence vole au secours de cette proposition. Elle vient de soumettre à consultation publique une première évaluation éloquente : « Les services de l’Autorité ont constaté […] que les prix des médicaments non remboursables sont extrêmement disparates et qu’ils peuvent varier de 1 à 4 d’une officine à l’autre ». Ce diagnostic rejoint celui qu’a établi à plusieurs reprises l’UFC-Que Choisir : la concurrence dans le secteur de la vente de médicaments est malade, très malade !

Le remède proposé par le régulateur est simple : il faut faire une perfusion de concurrence au marché de l’automédication ! « L’ouverture partielle du monopole officinal permettrait aux consommateurs de bénéficier de prix plus attractifs pour leurs achats de médicaments d’automédication et de produits frontières ». Le tout, sous le contrôle impératif et permanent de pharmaciens. Car, n’en déplaise aux mal-pensants, ce n’est pas le monopole des pharmaciens dont je réclame la fin, seulement celui des officines ! Il ne s’agit pas de vendre du Doliprane au milieu des pots de yaourts ! J’appelle donc les sénateurs, qui planchent en ce moment sur le projet de loi consommation, à prescrire enfin la réforme tant attendue.

Pièces autos : cessons d’opposer l’intérêt des consommateurs et celui de l’industrie !

jeudi 6 octobre 2011

liberemonauto

Cruelle désillusion, hier soir à l’Assemblée. Après de longs débats où ont dominé les arguments « tarte à la crème » (délocalisation, sécurité…) des constructeurs automobiles, les députés ont abandonné en rase campagne la libéralisation du marché des pièces de carrosserie. Pour de mauvaises raisons ! L’amendement, qui se proposait de mettre fin au monopole des constructeurs dans le cadre du projet de loi conso, avait pourtant été défendu par des élus de tous les bords. Mais l’opposition du rapporteur et du ministre et le front mené par quelques députés auront eu raison des supporters de la mesure. En ces temps de crise, les faux prétextes (car il s’agit bien de cela) : emploi, désindustrialisation, patriotisme économique… ont eu raison de l’intérêt du consommateur. Les constructeurs, bien sûr, ont eu beau jeu de brandir ces épouvantails devant des députés soucieux de préserver l’emploi dans leur circonscription. C’est oublier un peu vite qu’en l’occurrence, intérêt des consommateurs (la baisse des prix) et des industriels ne sont PAS contradictoires ! La suppression du monopole profitera aux consommateurs comme à la filière automobile française. Au-delà des constructeurs qui délocalisent une part sans cesse croissante de leur production dans des pays à bas coût, la filière auto comprend un grand nombre de sous-traitants français et européens, souvent des PME, dont les activités souffrent du monopole ! Avec la libéralisation, ils pourraient continuer à produire et à vendre pour leur propre compte. Comme quoi, en la matière, intérêt des consommateurs et des professionnels convergent.

Et que dire du fameux exemple allemand, sur lesquels les députés ont tant glosé hier soir ? Certes, en Allemagne, grand pays producteur, le monopole est toujours d’actualité… sauf qu’il n’est pas appliqué dans les faits, les pièces alternatives étant facilement accessibles !

Pour sensibiliser et mobiliser le grand public et les décideurs sur cette question, l’UFC-Que Choisir a lancé le site libere-mon-auto.org. Le texte doit maintenant arriver au Sénat : pourvu que les sénateurs soient plus clairvoyants !