Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘nutrition’

Etiquetage nutrionnel sur les emballages : les professionnels s’emballent enfin !

jeudi 19 mars 2015

code couleur

Inutile, stigmatisant, voire impossible à mettre en place… Jusqu’à une époque récente, les professionnels ne cessaient de vouloir discréditer l’étiquetage nutritionnel simplifié que les sociétés savantes et l’UFC-Que Choisir appelaient de leurs vœux.

La FCD (Fédération des Entreprises du Commerce et de la Distribution) a mis lundi sur la table une proposition, une base de travail qui, si elle ne reprend pas strictement le système coloriel proposé par la Stratégie Nationale de Santé soutenu par l’UFC-Que Choisir, a le mérite de s’en inspirer et surtout de montrer un esprit d’ouverture fort bienvenu, à la veille de la discussion du projet de loi de Santé publique.

Après les autorités qui ont salué l’étude de l’UFC-Que Choisir sur l’étiquetage nutritionnel simplifié, (« super dossier » pour la Ministre de la Santé, « excellente idée » pour le Commissaire européen en charge de la sécurité alimentaire), cette initiative doit permettre d’ouvrir des discussions constructives en vue de faire avancer ce dossier qui s’enlise en France depuis des décennies. Plutôt que s’arc-bouter sur des postures d’opposition de principe, cette ouverture est en effet encourageante.

Il s’agit maintenant pour la Ministre de la Santé de battre le fer tant qu’il est chaud et de réunir sans délai l’ensemble des acteurs concernés pour discuter d’un dispositif consensuel devant permettre l’aboutissement d’un modèle unique, simple et efficace. Cet outil doit en effet permettre tout à la fois d’informer et d’éduquer le consommateur pour une consommation équilibrée, mais aussi de lutter contre le marketing nutritionnel faisant parfois passer des vessies pour des lanternes, ou plutôt des produits trop déséquilibrés pour alliés sanitaires.

Bref, il faut profiter de cet emballement pour aboutir à un dispositif unique rapidement, afin que le projet de loi Santé en discussion au Parlement puisse le consacrer solennellement. En matière de système coloriel, les indicateurs se mettent donc au vert. A la Ministre d’avancer !

Pour des mesures poids lourds contre l’obésité

jeudi 7 février 2013

obesite

Quel est le fléau qui touche deux fois plus de personnes à l’échelle mondiale depuis 1980 (1,4 milliard d’adultes de plus de 20 ans) ? Qui fait 2,8 millions de victimes par an ? Et qui dans 20 ans pourrait bien concerner plus de la moitié de la population mondiale ? Ce fléau, c’est le surpoids. Lors du Forum économique mondial à Davos fin janvier, des experts ont appelé les pouvoirs publics à réagir enfin, estimant que le surpoids devait dorénavant être combattu au même titre que le tabagisme !

Depuis 10 ans, la politique française de lutte contre l’obésité peut se résumer à « beaucoup de bruit pour rien ». Voilà des années que je dénonce le laxisme des pouvoirs publiques qui se contentent des engagements de l’industrie. En France l’obésité concerne désormais 7 millions de nos concitoyens (en hausse de 76 % depuis 15 ans) ! Et cette hausse s’accélère nettement chez les 18-24 ans. L’heure n’est plus aux belles promesses mais à l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments. Il faut aussi désamorcer le marketing promotionnel ciblant les enfants et renforcer l’information sur l’étiquetage. Manger bouger, c’est bien… Légiférer, c’est mieux !

La bouderie des industriels de l’agroalimentaire

mardi 30 octobre 2012

obesiteinfantile

Trop, c’est trop ! Cette fois la puissante Association nationale des industries agroalimentaires (Ania) a décidé que le gouvernement n’allait pas s’en tirer comme ça. Après les déclarations particulièrement inspirées de Guillaume Garot, le ministre délégué à l’agroalimentaire qui entend faire modifier les recettes des produits trop gras, trop sucrés ou trop salés et rendre l’étiquetage nutritionnel plus lisible, le syndicat de Jean-René Buisson, jugeant la nouvelle trop indigeste, a décidé de quitter la table. En boycottant l’inauguration, dimanche 21 octobre, du Salon international de l’alimentation qui s’ouvrait à Villepinte. Quel affront ministériel…: non seulement les industriels ne seraient plus libres de mettre du gras et du sucre dans les aliments pour bambins, mais en plus il faudrait que cela puisse se voir clairement sur l’étiquette ? Et puis quoi encore ? « Guillaume Garot a fait cette semaine des déclarations extrêmement critiques pour notre industrie, en passant sous silence les actions très positives engagées en matière de nutrition depuis plusieurs années », justifie Jean-René Buisson. Hum hum…

Cette mise en scène des professionnels –qui n’a d’autre objectif que de dissuader une fois de plus le gouvernement de légiférer- ne pèse pas grand-chose face aux réalités statistiques. Selon la dernière enquête Obépi, entre 2009 et 2012, l’augmentation relative de l’obésité est très nette dans la tranche des 18-25 ans qui sont désormais 18 % à être obèses ou en surpoids. Les mesure de prévention de l’obésité proposées, avec sagacité, par le ministre sont non seulement utiles, mais surtout indispensables. L’UFC-Que Choisir alerte les pouvoirs publics depuis des années sur les ravages de certains comportements alimentaires. Jusqu’ici, les gouvernements successifs ont préféré les engagements des professionnels à une vraie régulation réglementaire et législative… Pour un résultat très très light.

La vérité sort… du cartable des enfants !

mercredi 15 décembre 2010

obesiteinfantile

Consternants ! Les résultats que vient de dévoiler l’UFC-Que Choisir sur l’alimentation des plus jeunes sont édifiants. Un an et demi après l’échec de la loi de réforme de l’hôpital, au cours de laquelle nous avons demandé –en vain– l’insertion de mesures visant à lutter contre l’obésité infantile, nos associations locales ont cherché à savoir quels goûters se trouvent dans les cartables de nos enfants. Elles n’ont pas été déçues… 76 % des aliments apportés à l’école sont trop gras ou trop sucrés : il s’agit de confiseries pour un tiers d’entre eux, de viennoiseries et de gâteaux (un quart) ou de biscuits gras ou sucrés (16 %).

Alors que l’obésité infantile touche près d’un enfant sur six en France, l’enquête démontre que les produits déséquilibrés ont toujours la cote au petit-déjeuner et au goûter. Logique : dans les placards et les frigos, la proportion de produits gras et sucrés consommés au petit-déj progresse de 17 % par rapport à 2006, pour représenter désormais 55 % de l’ensemble des produits relevés ; c’est pire à l’heure du goûter, où les aliments déséquilibrés bondissent de 25 % pour atteindre 64 % de l’ensemble. Or les enfants dont l’alimentation est la plus déséquilibrée sont, comme par hasard, ceux qui regardent le plus les pubs ! Et les spots pour les aliments gras et sucrés constituent aujourd’hui 80 % des publicités alimentaires diffusées durant les programmes pour enfants… et même 93 % durant les écrans « tous publics », regardés par un nombre d’enfants bien supérieur !

Le cynisme de l’industrie agroalimentaire n’aurait-il plus de limites ? Début 2009 pourtant, afin de s’épargner une réglementation contraignante, la profession avait signé une charte par laquelle elle s’engageait à modérer son impact publicitaire sur les enfants. L’UFC-Que Choisir fait aujourd’hui la preuve que le harcèlement nutritionnel des plus jeunes s’est aggravé. Puisque la parole de l’industrie ne suffit pas, il faudra bien se résoudre à légiférer !

Obésité : c’est ceux qui en parlent le plus…

lundi 2 novembre 2009

obesite

… qui en font le moins ? C’est vous qui l’avez dit !

Début octobre, Nicolas Sarkozy a mis en place une commission sur la prévention de l’obésité, présidée par Anne de Danne et composée de 14 membres, mêlant régies publicitaires, professionnels de santé et experts divers. Mais le temps du débat est-il encore d’actualité ? Il est vraiment permis de se poser la question ! La loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST), votée au début de l’été, avait soulevé la question de la prévention de l’obésité, avant de la faire retomber comme un soufflé. Il y a eu aussi la mission de la députée Valérie Boyer sur l’obésité ; les annonces de Roselyne Bachelot ; un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ; j’en passe et des meilleures… La loi HPST constituait LE moment pour agir, après quelques rounds de réflexion. Pourtant, toutes les mesures proposées pour mettre en place une véritable politique de prévention de l’obésité ont été repoussées –parfois à une voix près.

Alors forcément, cette nouvelle instance me laisse songeur. Pourquoi relancer une réflexion alors que le diagnostic et le traitement nécessaire sont connus ? Ce n’est pourtant pas les idées qui manquent ! Le rapport Boyer émettait 80 propositions ; les experts de la nutrition et professionnels de santé viennent de faire 17 suggestions à la commission. Quant à l’UFC-Que Choisir, elle a élaboré plusieurs axes prioritaires : l’amélioration de la qualité nutritionnelle des aliments transformés, l’encadrement de la publicité pendant les programmes télé pour enfants, des efforts sur l’offre alimentaire en rayon, etc.

La commission obésité aura bien peu de temps pour examiner tout cela : sa copie est attendue pour le… 15 décembre ! L’UFC-Que Choisir doit être prochainement auditionnée. Mais attention, une simple audition ne suffira pas. Les représentants des consommateurs devront faire preuve d’une grande vigilance. Espérons  que la montagne n’accouchera pas –encore– d’une souris… En attendant, je vous invite à me donner votre avis via le sondage ci-contre sur l’une des mesures défendues par l’UFC-Que Choisir.