Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

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Prélèvements SEPA : la FBF joue la stratégie de l’autruche

Mardi 28 janvier 2014

surendettement

La semaine dernière, après le dévoilement de notre enquête sur le passage au nouveau système de prélèvement SEPA, les banques ont tenu à répondre via leur syndicat, la Fédération bancaire française (FBF). Alors que l’UFC-Que Choisir dénonçait un passage au SEPA qui risque de porter préjudice aux consommateurs (manque criant d’informations délivrées par les banques, notamment sur les procédures de sécurité –listes « noires » et « blanches »), la FBF semble s’enfouir la tête dans le sable en usant d’arguments… qui sont battus en brèche sur le terrain !

Ainsi donc, pour la FBF « les banques ont largement informé leurs clients entreprises et particuliers sur les changements impliqués par le passage aux moyens de paiement SEPA » ? Mais alors comment se fait-il que nos enquêteurs aient eu tant de mal à s’informer, que ce soit en agence ou sur les sites internet des banques ? Sur les 331 agences visitées dans 40 départements, seules 2,6 % affichaient des informations sur le SEPA, et 8 % plaçaient des brochures en libre-service. Sur internet, 25,6 % des sites bancaires mentionnent le SEPA pour les particuliers !

Quant au problème des fraudes, la FBF se contente de répondre que les listes « noires » et « blanches » (créanciers non-autorisés et autorisés) n’apporteront « pas de protection supplémentaire au client » puisque celui-ci dispose « de délais confortables pour contester les prélèvements non autorisés ». On est bien rassuré : si un prélèvement frauduleux passe, il suffira de le contester! Il est vrai que les délais de contestation sont protecteurs : 13 mois à compter de la détection de la fraude… Mais encore faut-il identifier l’opération en question (tout le monde ne surveille pas ses comptes comme le lait sur le feu…)! Ne mélangeons pas tout : si les actions curatives sont plutôt protectrices des consommateurs, cela ne saurait dispenser les banques d’une action préventive visant à éviter les fraudes.

Quant à la question des frais que nous dénoncions également, la FBF se garde bien d’y répondre ! Faute, sans doute, d’arguments… Le report de 6 mois de l’entrée en vigueur du Règlement SEPA, sera, souhaitons-le, mis à profit par les banques pour sortir la tête du trou. Affaire à suivre…

Contribution climat énergie : gare à l’alibi écologique !

Vendredi 20 septembre 2013

taxecarbone

Alors que le Président de la République vient d’annoncer la mise en place d’une «contribution climat énergie» dès 2014, censée être redistribuée, je refuse, au vu des malheureuses expériences passées, de me contenter du discours d’équilibriste auquel j’ai pu assister (au milieu de 500 personnes quand même) dans le cadre de la conférence environnementale, et m’alarme des éventuels et nombreux biais de ce « verdissement des taxes » qui ne saurait se transformer en « hold-up fiscal »… Si je ne peux que souscrire à l’objectif de réduction ambitieuse de la consommation d’énergie finale française, reste à ce que les modalités de mise en œuvre ne se retournent pas contre les consommateurs… Or les questions sont nombreuses : une taxe redistribuée, vraiment ?  Afin d’éviter que la contribution climat énergie n’ait un impact très néfaste sur le pouvoir d’achat en berne des Fançais, le Président de la République a annoncé que la taxe serait intégralement compensée pour les ménages par le biais de baisses de prélèvements. Le sondage CSA réalisé en 2009 par l’UFC-Que Choisir au moment de la taxe carbone soulignait en effet que si les Français étaient 74 % à être hostiles à une telle taxe, le chiffre tombait à 45 % avec l’instauration d’un chèque vert.

Pour un minimum d’acceptabilité, la contribution climat énergie doit donc être redistribuée et le schéma de redistribution doit être parfaitement transparent, mais aussi et surtout garanti dans le temps. Or ces deux dernières conditions sont loin d’être remplies au vu du caractère très évasif du discours sur les modalités de redistribution de cette « contribution ». L’autre enjeu tient aux modalités de taxation.  En effet, il faut faire attention que l’Etat ne se garde pas un petit pactole, grâce à la grande spécificité fiscale des énergies fossiles qui lui assurent des recettes supplémentaires de TVA, qui, rappelons-le va augmenter… le 1er janvier 2014. La TVA, cheval de Troie fiscal ? Le Président a en effet oublié de préciser un détail de taille: comme toutes les taxes sur les énergies fossiles, le montant de la contribution climat énergie pourrait être assujetti à la TVA et cette «taxe sur la taxe» rapporterait alors des millions d’euros qui, eux, ne devraient pas être restitués aux consommateurs !

Comme si cela ne suffisait pas, le Président est resté bien silencieux sur la contribution des plus gros consommateurs de pétrole : les compagnies pétrolières! Les consommateurs vont-ils être les seuls à qui l’on demande un effort ? Pire, parmi les consommateurs, un traitement privilégié va-t-il être réservé aux ruraux qui, moins garnis en transports en communs, sont captifs de leur véhicule, ce qui explique que le carburant atteignent pour eux près de 8 % du budget là où il représente seulement 2,3 % pour les franciliens (4 % pour les habitants des autres grandes agglomérations) ? Bref, le diable se niche dans les détails, et la plus grande vigilance s’impose pour éviter que le retour de celle dont on a tu le nom aujourd’hui mais qui hante encore les esprits : la taxe carbone !

Timides avancées sur le front de la mobilité bancaire

Lundi 9 novembre 2009

mobilitebancaire

Vous avez remarqué ? Les banquiers détestent se voir délaisser au profit d’un concurrent. Tels Harpagon, jaloux de sa chère cassette, ils agissent souvent comme s’ils étaient propriétaires… de leurs clients ! Du coup, changer d’établissement s’avère souvent un parcours du combattant.

Mais depuis le début du mois, les banques se targuent d’avoir levé tous les obstacles de ce parcours. En effet, répondant à une invitation appuyée de la Commission européenne, les banques françaises se sont engagées, comme leurs homologues européennes, à mettre en place un service d’aide au changement de compte en principe effectif depuis le 1er novembre : la nouvelle banque effectue à la place du client les démarches liées aux prélèvements et virements en cours, et active le nouveau compte en quelques jours.

Ce « progrès » ne doit néanmoins pas faire oublier l’interrogation essentielle : ai-je intérêt à changer de banque ? Or, faute de réelle information sur les coûts, la réponse à cette question n’est pas évidente ! L’impact du nouveau service dépendra donc avant tout de l’amélioration de la transparence tarifaire. D’ailleurs, quelle plus belle illustration de cette opacité que l’absence d’indication quant aux coûts liés au changement de compte ? Un encadrement législatif serait sans doute plus opportun que de belles promesses pour aider Harpagon à relâcher son étreinte…