Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

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Energie moins chère ensemble : le plein d’économies, ça s’explique !

mardi 18 octobre 2016

 

choisirensemble

Ah, belle surprise que la réception de mon offre personnalisée « Energie moins chère ensemble » pour l’électricité avec ses 150 euros d’économies, participation aux frais incluse ! Il faut dire que le résultat des enchères que nous avons organisées dans le cadre de cette campagne, avec pas moins de 4 fournisseurs participants et combatifs, ont été bluffants : respectivement 23% et 17% sur le tarif réglementé du kWh d’électricité et de gaz de septembre 2016, soit les meilleures offres du marché et de loin ! C’est la fierté de l’UFC-Que Choisir d’avoir créé un pouvoir de marché des consommateurs.

Mais ces économies impressionnantes n’ont pas manqué de susciter des interrogations : comment est-ce possible de pratiquer de tels tarifs? La réponse est simple : le fournisseur lauréat n’a aucun coût d’acquisition, direct ou indirect, pour ces potentiels clients (pas de budget publicitaire, ni de rémunération d’un intermédiaire, etc.) et toutes les économies sont ainsi restituées aux clients.  Mais après ces interrogations au lendemain des enchères, voilà que ma voisine m’interroge maintenant sur la réalité de l’économie de son offre personnalisée car elle ne retrouve pas ses petits en regardant sa facture EDF…. Et elle n’est pas la seule à légitimement s’interroger. Il faut dire que les factures « énergie » ne sont pas des plus limpides ! En effet, dans le domaine de l’énergie, il y a toute une série de taxes et contributions au-delà de la TVA, et celles-ci sont souvent isolées dans les factures, rendant le travail de comparaison très délicat. Par exemple, pour l’électricité, les tarifs TTC comprennent la TVA (5,5% sur l’abonnement mensuel et 20% sur le prix du kWh), la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité de 0,0225€ par kWh), les taxes sur la Consommation Finale d’Electricité (TCFE) et la CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement). Ces taxes valent pour tous les contrats énergie. Par exemple si vous êtes au tarif réglementé, regardez votre facture et tentez de trouver le tarif TTC (incluant toutes les taxes) et comparez avec la grille tarifaire de celui ci. Alors ? Vous étiez parvenus au même résultat ? Bref, j’ai réussi à éclaircir les choses auprès de ma voisine qui a compris qu’il n’y avait pas de loup dans son offre personnalisée. Ce serait quand même un comble de la part d’une association de consommateurs.  Mais il faut décidément faire preuve d’énormément de pédagogie pour expliquer le changement de fournisseur d’énergie… Et l’UFC-Que Choisir ne manquera pas de continuer de battre campagne ! En attendant, plus 1, j’ai souscrit. Et vous ?

Dépassements d’honoraires : quand l’indignation de la CNAM sonne faux

mardi 8 octobre 2013

feuilledesoins

Chiffres contre chiffres, parole contre parole ? Après le communiqué du mois dernier où l’UFC-Que Choisir dénonçait la hausse des dépassements d’honoraires entre juillet 2012 et juin 2013, le patron de l’Assurance maladie a durement critiqué notre méthodologie autant que nos chiffres. Là où nous pointions une hausse des honoraires pour au moins trois catégories de spécialistes (pédiatres, gynécos, ophtalmos), Frédéric Van Roekeghem rétorque et met en avant une baisse des tarifs pour chacune de ces spécialités. Alors qui croire ? Le patron de l’Assurance maladie devrait commencer par comparer… ce qui est comparable ! Là où nos chiffres, basés sur des relevés tarifaires, concernent la période juillet 2012-juin 2013, il ne parle que du premier semestre 2013 ! Pire : l’organisme a communiqué sur le montant total des dépassements facturés aux consommateurs (alors que nos chiffres précisaient le dépassement moyen par acte). Or de l’aveu même de l’Assurance maladie, le nombre total d’actes facturés a baissé ! Ce qui ne dit rien de l’évolution des tarifs à l’acte, or c’est bien cela qui impacte les Français au quotidien.

Dans le contexte actuel d’appel à l’ouverture des données de santé, je déplore que l’UFC-Que Choisir doive sortir une étude avant que l’Assurance maladie ne dévoile ses propres chiffres quelques heures après, en clamant un peu vite que les nôtres sont erronés. Car il ne fait aucun doute qu’elle est la mieux placée pour connaître et traiter les données relatives aux dépassements. Il est grand temps, désormais, que la transparence prévale et que ces informations soient accessibles à la société civile. Au passage, je relève que le syndicat des pédiatres (spécialité pour laquelle nous avons constaté la hausse des dépassements la plus forte : 7 %) n’infirme en rien cette inflation mais au contraire tente de la justifier. Et je formule le vœu que, l’an prochain, notre étude puisse enfin se baser sur les données exhaustives de l’Assurance-maladie.

Cet été encore, itinérance rime avec vigilance !

vendredi 26 juillet 2013

roaming

Enfin, les vacances… Certains d’entre vous vont partir ou sont déjà partis loin de notre douce France. Cette année encore, je leur conseille d’être vigilants quant à l’utilisation de leur téléphone portable ! Certes, si vous partez dans l’Union européenne cet été, les tarifs ont encore baissé au 1er juillet. Comme chaque année, les plafonds des prix en itinérance dans l’UE diminuent… mais cette avancée reste limitée car les plafonds sont décorrélés des coûts réels. Il vous en coûtera encore jusqu’à 45 centimes par mégaoctet téléchargé, 24 centimes par minute d’appel donné, 7 centimes pour les appels reçus et 8 centimes par SMS envoyé (contre 70, 29, 8 et 9 centimes respectivement pour les plafonds 2012). Du mieux, certes… Mais le téléchargement d’un gigaoctet peut encore coûter jusqu’à 450 euros, les opérateurs ayant la fâcheuse tendance d’aligner leurs tarifs sur les plafonds !

Il ne tient qu’à Neelie Kroes de faire de ces calculs d’apothicaire une relique du passé : la commissaire doit en effet formuler, au mois de septembre, des propositions sur le marché unique des télécommunications. Je souhaite qu’elle aille au bout de cette idée et profite des vacances pour mettre en œuvre l’Europe des télécoms. Bonnes vacances à tous… Je vous donne, ainsi qu’à Neelie Kroes,  rendez-vous en septembre !!!

Hausse des prix de l’électricité : on paie d’abord, on voit après !

vendredi 12 juillet 2013

centralenucleaire

Cet été, il n’y a pas que le mercure qui s’emballe : les prix de l’énergie aussi ! Le tout nouveau ministre de l’Ecologie a l’art d’annoncer les nouvelles qui fâchent… Non seulement il a attendu lundi, 23h -soit plusieurs heures après la fin d’une réunion avec les associations de consommateurs- pour annoncer les détails d’une hausse de 5 % (méthode quelque peu maladroite), mais au-delà de la forme c’est le fond de l’annonce qui est le plus choquant : les tarifs de l’électricité vont augmenter de 5 % en 2013, mais aussi en 2014 (au lieu des 14 % suggérés début juin par la Commission de régulation de l’énergie). Et le ministre du Budget n’exclut pas une troisième hausse en 2015 !

Je dénonce cette fuite en avant tarifaire fondée sur… Les seules données d’EDF, qui se retrouve ainsi juge et partie. Au lieu de valider une nouvelle inflation, le gouvernement ferait mieux d’exiger –il n’est que temps !- un audit des coûts d’EDF par la Cour des comptes. Et quid du contrat de service public entre l’Etat et l’électricien, qui doit permettre de veiller à la maîtrise des coûts d’EDF et dont la réactualisation se fait attendre depuis 3 ans ? Philippe Martin a bien « évoqué » avec les associations l’un et l’autre lors de la réunion de lundi, mais en se gardant bien d’acter quoi que ce soit quelques heures plus tard !

Le gouvernement semble donc très pressé d’avaliser un nouveau réchauffement des prix, au lieu d’interroger le thermomètre. Pourtant, les arguments abondent en faveur d’un audit ! L’opérateur a aujourd’hui la totale maîtrise des données qu’il transmet à la Commission de régulation de l’énergie, qui n’a pas les moyens de vérifier. Or la réalité de l’évolution de certains coûts s’avère franchement suspecte d’après les rapports de la Cour des comptes : ainsi les salaires d’EDF ont augmenté en moyenne plus vite que dans le reste de l’économie. Et l’explosion de 30 % des coûts commerciaux depuis 2006 pose question, surtout de la part de l’opérateur historique !

L’exécutif vient donc d’infliger aux consommateurs pas moins de trois hausses successives qu’il est incapable de justifier objectivement. Pire : ces coups de fusil successifs n’exonèrent en rien les consommateurs d’un nouveau recours devant le Conseil d’Etat par les concurrents d’EDF (la précédente hausse de 2 % a déjà été attaquée et la décision se fait attendre). En cas d’invalidation, le rattrapage sera plus violent encore ! Bref : malgré le soleil de juillet, l’avenir est sombre sur le front des factures d’électricité…

Electricité : le mauvais coût d’EDF !

jeudi 6 juin 2013
Hausse EDF

Le printemps froid ne nous avait pas préparés à ce brusque coût de chaud : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) estime que les prix de l’électricité pour les particuliers doivent augmenter de 6,8 % à 9,6 % cet été ! Près de 10 %, c’est un peu raide ! Et ce n’est pas fini : il faudra encore rajouter un rattrapage de 7,6 % (qui pourrait être étalé dans le temps) afin de compenser la hausse insuffisante de l’an dernier !

Pourquoi un tel coup de massue? EDF estime que ses coûts (notamment ceux liés au parc nucléaire) ne sont pas couverts par les tarifs réglementés. Mais l’analyse de la CRE se base sur les coûts transmis par EDF, ce qui pose un problème de transparence. La construction des coûts est aujourd’hui des plus opaques : sous prétexte de complexité, la CRE comme EDF ne fournissent aucune explication sur la réalité de leurs coûts et sur la tarification des consommateurs qui en découle. Le gouvernement, effrayé par ce nouveau coup de cutter dans le pouvoir d’achat, estime qu’il n’est « pas question d’accepter » cette explosion des prix. Mais comme la loi prévoit que les tarifs réglementés doivent couvrir les coûts de l’opérateur, l’attitude du gouvernement expose les consommateurs à des hausses futures, provoquées par des décisions de justice… La triste expérience de l’invalidation du gel tarifaire montre que la politique de l’autruche n’est pas la bonne solution… C’est reculer pour mieux sauter !

J’ai donc réclamé de toute urgence au gouvernement une réunion de crise entre l’exécutif, la CRE, EDF et les associations de consommateurs afin de discuter des motifs et des conditions de cette hausse. Il est indispensable de remettre en place un contrat de service public entre l’Etat et EDF -comme l’oblige normalement la loi !- afin d’encadrer les évolutions tarifaires et, ainsi, de rendre plus progressif l’impact pour les consommateurs… Affaire à suivre !