Consommateur, si tu savais…

Le Blog d'Alain Bazot, Président de l'UFC-Que Choisir

Articles liés au mot clé ‘viande’

Etiquetage de l’origine de la viande dans les aliments transformés : après le vote du Parlement européen, la balle est dans le camp de la Commission !

jeudi 12 février 2015

étiquetage

Hier après-midi, à une écrasante majorité (plus des deux tiers excusez du peu !), le Parlement européen a voté une résolution demandant à la Commission européenne de se remettre à l’ouvrage législatif sur l’étiquetage de l’origine de la viande. Deux ans après le scandale des lasagnes de cheval, un an après l’étude de l’UFC-Que Choisir démontrant le surcoût minime que représenterait l’étiquetage de l’origine (seulement 1,5 centime d’euros pour une boîte de lasagnes), les députés européens ont réaffirmé ce droit fondamental des consommateurs : celui d’être informés.

La Commission va-t-elle encore longtemps rester sourde à cette attente des consommateurs en Europe, appuyée par le BEUC, organisation européenne regroupant plus de 40 organisations de consommateurs, et dorénavant relayée par l’instance démocratique parlementaire de l’Europe ? J’entends bien rappeler à  Vytenis ANDRIUKAITIS, Commissaire à la santé et à la sécurité alimentaire que je rencontre à la fin du mois, qu’en France, depuis la Loi « Hamon », tout est prêt pour la mise en place de cet étiquetage… pour peu que la Commission Européenne ne l’empêche pas.

Alors Messieurs de la Commission, à vous de sortir de votre autisme et d’arrêter de n’avoir une oreille attentive que pour les allégations fantaisistes des industriels plutôt qu’à une attente sociétale majeure se rapportant à la nourriture que ces mêmes industriels mettent sur le marché. Les consommateurs ont le droit de savoir ce qu’on leur propose d’avaler.

Origine de la viande dans les produits transformés : à quand la rentrée de la transparence ?

vendredi 12 septembre 2014

FB-couv

Voilà la rentrée effectuée. A cette occasion, à peine l’UFC-Que Choisir vient-elle de lancer avec les organisations de consommateurs européennes, la campagne pour un étiquetage de l’origine des viandes dans les produits transformés, que déjà se succèdent tweets et re-tweets. Et c’est de tous les horizons que proviennent les soutiens : éleveurs bovins, industriels de la viande, instituts de formation en agro-alimentaire, mais aussi membres de l’Assemblée Nationale tels que Danielle AUROI, Présidente de la Commission des Affaires Européennes, ou encore des Parlementaires Européens tels que Robert ROCHEFORT, Vice-président du Mouvement Démocrate…!

Comme moi, nombreux sont les consommateurs qui s’énervent de l’opacité entretenue par la majorité des industriels à la faveur d’une réglementation européenne laxiste…  Et ce, dans le seul but de diminuer le budget consacré aux ingrédients. Ils  complexifient sans fin leurs recettes à grand renfort d’additifs et lorsque cela ne suffit plus, ils s’ingénient à dénicher les ingrédients les moins chers sur le marché sans nous donner la moindre information sur leur origine ! On comprend ainsi la surprise et la colère de Régis qui, retournant l’emballage d’un banal sandwich ‘jambon-fromage’, trouve dans la liste des ingrédients pas moins de 34 composants et additifs … mais en revanche rien sur l’origine du porc dont est issu le jambon !

Et pourtant, un tel étiquetage de l’origine est possible, les photos que vous avez postées chers internautes le confirment et répondent par avance aux esprits chagrins qui voudraient attribuer cette soif d’information à un chauvinisme frileux. Nos consommateurs n’ont en effet rien contre cette moussaka mitonnée avec du bœuf français ou encore ce jambon d’Aoste transformé en Belgique, pourvu qu’on le leur dise. Encore faut-il que la Commission Européenne entende les 90 % de consommateurs qui réclament la transparence sur l’origine. Pour cela rejoignez notre mobilisation sur #meatorigin  afin qu’un jour je puisse enfin vous souhaiter ‘Bon appétit !’ sans la moindre réserve. En attendant, bonne rentrée à tous.

Eurodéputés cherchent transparence désespérément

vendredi 7 février 2014

viandeNo. Non. Nein ! C’est la réponse claire et nette que les eurodéputés viennent d’opposer à un projet mal ficelé de la Commission européenne sur l’étiquetage du pays d’origine pour les viandes fraîches et congelées, notamment pour le porc et la volaille. Alors que la viande fraîche bovine bénéficie depuis 12 ans déjà d’un étiquetage complet et précis (pays de naissance + pays d’élevage + pays d’abattage), le nouveau texte se bornait à imposer pour les autres viandes l’indication des lieux d’élevage et d’abattage, la Commission ayant décidé que mentionner le pays de naissance serait trop complexe. Plus grave, un porc ayant passé seulement 4 mois dans un pays de l’Union européenne (et même 1 mois pour une dinde !) aurait pu revendiquer l’étiquetage « élevé en UE ».

Un an après le début du scandale de la viande de cheval, la Commission doit donc encore se faire tirer l’oreille pour adopter une réglementation transparente sur le pays d’origine. Les parlementaires lui demandent désormais de retirer son texte et de proposer une copie plus satisfaisante en ajoutant le pays de naissance aux pays d’élevage et d’abattage… Mais il ne faut pas rêver : pour ce qui est des produits transformés, tels que… hum… les lasagnes, l’indication du pays d’origine de la viande n’est toujours pas au menu !

Origine de la viande dans les plats transformés : l’écœurante inaction!

vendredi 13 décembre 2013

cantine

La transparence sur les plats à base de viande, au menu du projet de loi consommation en discussion à l’Assemblée nationale, risque bien de refroidir longtemps avant d’être servie aux consommateurs. Lundi soir, les députés ont longuement ferraillé sur une des dispositions du texte, qui prévoit que l’indication du pays d’origine devienne obligatoire pour toutes les viandes et tous les produits à base de viande (aaaaaahhh !)… à condition que la Commission européenne valide la conformité de cette mesure avec le droit européen (aaaaaaaïïïïe !). Ce qui est loin d’être assuré au vu des récentes prises de position de la Commission. D’où la frustration de certains députés, qui aimeraient bien se passer de la permission bruxelloise. Il est vrai que sur cette question, la France ne peut légiférer seule, sous peine de s’exposer à un recours en manquement.

Dommage… Car, notre enquête de terrain le prouve : les mesures volontaires annoncées par les professionnels sont bel et bien insuffisantes ! Sur les 91 produits à base de viande que nous avons étudiés, seuls 38 % portent effectivement l’indication de l’origine. Vues l’ampleur des scandales de 2013 et la demande unanime des consommateurs, il faudrait que les pouvoir publics changent d’allure pour la mise en œuvre d’une obligation réglementaire…

Farines animales et étiquetage des aliments : que fait le gouvernement ?

mercredi 12 juin 2013

viandecheval

Les problématiques de sécurité sanitaire et de fraude à la viande ont occupé une large place dans les médias ces derniers mois. Elles ont également donné lieu à des initiatives parlementaires : deux propositions de résolution (textes non contraignants) identiques du député Jean-Louis Borloo et du sénateur François Zocchetto se proposaient ainsi d’imposer un étiquetage obligatoire de la provenance des aliments (y compris pour la viande dans les plats préparés), et d’instaurer un moratoire sur les farines animales, dont l’utilisation est autorisée dans l’alimentation des poissons depuis le 1er juin.

Les travaux en commission ont censuré ces deux textes, une issue logique puisque l’étiquetage tout comme les farines animales sont des sujets européens, sur lesquels la France ne peut pas agir seule. Les deux chambres se sont donc contenté de voter, au mois de mai, des textes a minima rappelant la position de la France, qui pousse à une indication de l’origine nationale des aliments et qui s’est opposée au retour des farines animales.

Mais ce n’est pas parce que la France est engagée par des décisions européennes qu’il n’y a plus rien à faire ! Le Président de la République avait eu des propos très fermes lors du Salon de l’Agriculture en février, plaidant pour « un étiquetage obligatoire » sur les viandes utilisées dans les plats cuisinés et déterminé à soutenir les démarches volontaires d’étiquetage. Sur les farines animales, François Hollande avait carrément assuré : « La France n’introduira pas ces protéines animales pour ce qui la concerne »… alors qu’un moratoire est contraire au droit européen ! Trois mois après, où en est l’exécutif sur ces sujets d’une brûlante actualité ? Quid de la mise en place (pour le coup parfaitement licite) de filières « poisson nourri sans farines animales » ? Il est temps d’agir pour rassurer les consommateurs… qui ne veulent pas manger de ce pain-là !